CONSEILS D UN AMI
En rentrant à son hôtel, Chérubin fait venir Jasmin et lui dit :
— Si M. Poterne osait encore se présenter ici, je l'ordonne de le faire jeter à la porte; tu pourras même lui faire donner quelques coups de bâton par \e concierge!., mais tu ne les lui donneras pas toi-même, parce que tu es trop vieux et qu'il le les rendrait.
Jasmin pousse un cri de joie, en disant :
^ Quoi ! vraiment, monsieur... et sans prendre le singe?
— Oh! je te défends surtout de prendre de lui ia moindre cil ose.
fit Chérubin raconte à son vieux domestique ce qui vient de Àui arriver.
— Voyez-vous, monsieur, répond Jasmin, ce Poterne est u indigne fripon, j'en étais sûr. Ses soi-disant confitures de l'Inde, j'en ai fait goûter à mademoiselle Turlurotte ; cela lui a donné ircs-mal au ventre, et depuis elle est encore... dérangée. J'ai bien peur, monsieur, que tout ce que vous avez acheté à ce Poterne ne soit comme votre montre !... Et ce M. Daréna dont U est l'homme d'affaires ! hum!
loi L'AMOUREUX THANSI
— Daréna était encore plus furieux que moi contre cet homme... il doit l'assommer. Il a é'.é trompé aussi; ce n'est pat sa faute.
— C'est éga\, mon cher maître, j'aime bien mieux votre autre ami, M. de Monfréville. Ah ! quelle différence : il ne vous emprunte pas votre tailleur, celui-là... il ne vous fait rien acheter, il n'a pas lâché sur vous son intendant.
Chérubin sourit des r. flexions de Jasmin, mais il ne lui vient pas à la pensée que Daréna puisse être complice des méfaits de son homme d'affaires; son cœur est trop franc, trop confiant pour soupçonner la ruse et la perfidie, et il n'aurait pu croire à l'indigne friponnerie de M. Poterne, si elle ne lui avait pas été si positivement prouvée.
Quant à M. Gérondif, qui passe une partie de son temps à dormir, l'autre à table, et qui le soir va lire à mademoiselle Turlurette des vers de Voltaire ou de Racine, en disant qu'il les a composés le malin, lorsqu'il apprend ce que M. Poterne a fait, il s'écrie :
— Cet homme n'avait pas lu le Deutéronome, qui dit : Non furtum faciès!... ou il l'avait mal traduit.
Quelques jours après cette aventure, Monfréville, de retour de la campagne, ne larde pas à venir voir Chérubin; en apercevant la meule, les perroquets, la tortue, les cannes, les vases gothiques et tous les objets soi-disant curieux qui encombrent l'hôtel de son jeune ami, il pousse un cri qui n'est pas d'admiration, et dit à Chérubin :
— Eh! mon Dieu, quelle fantaisie avez-vous eue d*acheter tout cela !
— Ce sont des occasions... On me disait qae c'était superbe.
— Superbe! Tout cela est affreux, de mauvais goût... de nulle valeur... Vos perroquets sont de vieilles perruches, vos chiens sont de misérables bâtards dont je ne voudrais pas pour garder des poules ! Jusqu'à vos cannes qui ne sont que de méchants bâtons; ce rotin esi faux... ceci n'a jamais été un jonc.
— Qu'est-ce que j'avais dit ! s'écrie Jasmin ; ce Poterne étail un misérable filou... il nous a toujours mis dedans... comme pour nos bijoux. Mon cher maître, racontez donc à monsieur l'hiiloire de noire montre.
Chérubin fait à Monfréville le récit de ce qui lui est arrivé.
-;- Du moment que c'est M. Poterne qui vous a vendu tout cela, dit Monfréville, cela ne m'étonne plus! Mais Daréna, le voyez-vous toujours ?
— Toujours, répond Chérubin. Il a été indigné de la conduite de son homme d'affaires, et il m'a même dit depuis qu'il l'avait assommé et chassé de chez lui.
Monfréville laisse échapper un léger sourire , puis, prenant la main de Chérubin :
— Mon ami, vous êtes bien jeune encore, et vous ne pouvez pas connaître les hommes; cette connaissance du monde que l'on n'acquiert que par l'expérience et l'habitude, à moins d'être doué tout jeune d'un esprit très-observateur, cette connaissance est plus triste qu'agréable à faire !... Car les hommes sont rarement ce qu'ils veulent paraître; la fVanchise n'est pas estimée dans la société comme une vertu, au contraire : on regarderait comme un sot ou comme un rustre celui qui dirait franchement sa pensée au risque de blesser l'amour-propre des uns et la susceptibilité des autres; on trouve charmants les gens qui n'ont à la bouche que des choses aimables, flatteuses, et l'on ne s'inquiète pas s'ils pensent ce qu'ils disent. Chacun, dans le monde, agit suivant qu'il y est poussé par ses intérêts ou ses passions, et ceux qui font le plus de parade de leurs vertus, de leur honneur, de leur bonne foi, sont ceux auxquels il faut le moins se tîer; car les gens vraiment vertueux et probes trouvent tout naturel de l'être et fort inutile de le proclamer. Je ne vous ai pas dit tout cela plus tôt, car c'est à regret que je vous ai fait perdre ces illusions qui font le charme de la jeunesse, et avec lesquelles on commence la vie, mais je prends trop d'intérêt à vous pour ne pas chercher à vous mettre en garde contre les pièges que l'on pourra vous tendre.
— Comment, mon cher Monfréville, dit Chérubin d'un air attristé, est-ce qu'il ne faut se fier à personne dans le monde ?
— Je ne prétends pas dire cela Je ne veux pas faire de
vous un misanthrope. Dieu m'en garde! mais je vous avertis qu'il faut être fort difficile dans le choix de ses amis.
— M. Gérondif m'avait répété souvent qu'en devenant savant on devenait à craindre, parce qu'un savant ne pouvait jamais être attrapé par personne, vu qu'il en savait plus que les autres.
— Je ne sais pas si votre professeur est très-fort sur ses auteurs, mais il ne Test guère dans la connaissance du cœur humain. Dahord on peut être très-savant sans avoir une étincelle d'esprit, nous en avons la preuve chaque jour; ensuite les gens qui ont le plus d'esprit sont presque toujours ceux qui se laissent attraper le plus facilement : c'est sans doute une indemnité que la Providence a voulu ét.blir en faveur des sots.
— Ainsi vous êtes certain que l'on voudra m'aitrapcr, moi?
— Vous êtes jeune, vous êtes riche, vous avez fort peu d'expérience. Il y a une fuuie de gens qui voudront mettre cela à
;)roril. Tout ce que je vous dis là est alfligeant mais vous
reconnaîtrez plus tard jue j'avais rai^on.
— li^l-ce que vous avez été souvent attrapé, vous, monsieur de Monfréville?
Cette question naïve fait sourire celui auquel elle s'adresse ; cependant il pousse un soupir en répondant :
— Tout comme un autre, mon ami. Tenez, croyez-moi, ne vous liez pas intimement avec Daréna. Je n'aime pas à dire du mal de quelqu'un ; mais plus j'observe le comte, plus je pen!>e que sa connaissance vous convient peu.
— Il est cependant bien aimable, bien amusant, bien spirituel!
— Je le sais bien, et c'est ce qui le rend plus dangereux... Il a dû déjà vous emprunter de l'argent, n'est-ce pas?
— Mais oui... quelquefois.
— II ne vous le rendra jamais.
— \'ous croyez?
— J'en .>uis sûr... Il vous engagera à jouer.
— Oui, il me l'a souvent proposé.
— C'est la passion la plus funeste.... Il est joueur, lui... et il s'est ruiné... Quand on en est venu là, on cherche trop souvent à ruiiicr les autres ; car, pour trouver les moyens de satisfaire sa passion, un joueur malheureux est parfois tort peu ilélicat dans h-s moyens qu'il emploie pour se procurer de l'argent... Et Daréna en est veni* là.
— Puisque vous avez si mauvaise opinion de Daréna, comment se fait-il qu'il soit de vos amis? Pourquoi esi-11 venu avec vous à Gagny?
— Votre réflexion est fort juste; mais dans le monde on prend de quelqu'un ce qu'il a de bon el on ne s'inquiète pas assez de
ce qu'il a de mauvais. Daréna a un nom honorable, il sait, quand il le veut, se tenir fort birn, il a même des manières qui plaisent, qui séduisent; on n'en demande pas davantage dans la société; mais, je vous le répète, il faut chercher encore autre chose dans un ami.
— El les femmes, mon cher Monfré ville... les femmes... est-ce qu'il faut aussi que je m'en méfie?.... Ah! ce serait bien dommage, c'est si joli une femme!
— Les femmes, c'est différent! En général, les hommes sont trop volages pour être bien difficiles dans le choix de leurs maîtresses, et, du reste, c'est en cela que ces liaisons soni peu dangereuses... Qu'importa que vous soyez épris d'une coquelle, d'une femme dont la réputation soit plus qu'équivoque, d'une actrice qui se moquera de vous! Cet amour sera bientôt remplacé par un auire, qui sera, à son tour, aussi vite oublié!... La réputation d'un homme n'a rien à craindre de tout cela, au contraire, plus vous avez eu de bonnes fortunes, et plus les dames se montreront flattées de faire votre conquête ; cela fait plus d'honneur à leur amour-propre qu'à leur cœur.
— Comment, pour plaire aux femmes, il faut les tromper?
s'écrie Chérubin en regardant Monfréville d'un air incrédule
Cela leur est donc é'^.d qu'on les oublie, qu'on les abandonne?
31onfrévi'Je pâlit, son front devient soucieux, ses yeux restent longtemps baissés, et il ne répond qu'après quelques moments :
— 11 y a des femmes qui ne pardonnent pas l'inconstance... mais ce ne sont pas ordinairement celles-là qui vous aiment le plus ; car le véritable amour rend indulgent. Il pardonne, pourvu que l'on revienne sincèrement à lui. Tenez, Ché.ubin, l'homme le plus habile ne connaît rien au cœur d'une femme... On a beaucoup raisonné là-dessus, et personne n'a été du même avis. Tertulien prétend que le diable n'a pas autant de malice que la femme, et Confucius a dit que l'âme d'une femme était le clicf-d'œuvre de la création. Caton soutient que la sagesse et la raison sont incompatibles avec l'esprit de la femme, et TibuUe dit que leur amour nous ramène à la vertu. Formez- vous donc une opinion là-dessus!... Mais il me semble qu'en ce moment je ressemble à votre professeur qui vous accable de son érudition. Je termine, mon jeune ami, en vous disant que le meilleur moyen d'être heureux, c'est de ne point vous attacher. Aimez toutes les
femmes 1 "Votre vie s'écoulera au sein des plaisirs, de la folie. Mais si vous n'en aimiez qu'une, il faudrait vous attendre à bien des peines contre un peu de bonheur!
— Que j'aime toutes les femmes!... Oh! je ne demande pas mieux !... Je suis amoureux de toutes celles que je vois..... quand elles sont jolies!
— Il me semble cependant que vous n'avez encore formé aucune liaison... Je ne vous connavs pas de maîtresse?
— Non c'est que.... il me semble que je n'oserai jamais
dire à une femme que je l'aime.... Savez-vous qu'il faut. être bien hardi pour dire cela ?
— Ah ! ah!... voilà le résultat d'un séjour de seize ans chez voire nourrice!... Mais il faut cependant perdre cette timidité qui vous serait plus nuisible qu'avantageuse, surtout près du beau sexe. Vous avez plus de dix-huit ans... il faut vous lancer, vous produire dans le monde... Ce n'est pas avec des grisettos ou des figurantes de théâtre qu'il faut faire votre apprentissage en amou !... Vous trouverez mieux que cela; dans la haute société oîi je veux vous conduire, mille femmes se disputeront votre conquête, et du moins celles-là vous feront honneur. Il est temps d'aiileurs que vous connaissiez autre chose que les théâtres, les cafés et les restaurants de Paris: c'est dans les salons que l'on se forme, et je vous mènerai dans ceux où l'on prend les manières de la bonne compagnie. Avec votre nom vous serez bien reçu partout. Nous voici dans la saison des soirées; madame Célival a repris ses réunions, elles sont fort brillantes. On y trouve la meilleure sociétéde Paris; je vous présenterai chez elle.
Chérubin tremble à l'idée d'aller dans le monde; il craint d'être gauche, emprunté, de ne savoir pas parler ; mais Monfréville le rassure, lui promet d'être son guide, de rester près de lui, et le jeune marquis consent à se laisser conduire à la soirée de madame Célival.
Ce jour arrive très-vite pour Chérubin, qui, n'ayant pas encore été en soirée, est tout ému rien qu'à la pensée de se trouver au milieu d'une grande société, exposé aux regards, aux observations de chacun.
— Qu'est-ce que je dirai? Voilà quel est toujours le résultat des réflexions de Chérubin, et, en attendant l'arrivée de Itfoiirrcvillc il va trouver M. Gérondif Dour le consulter sur ce
que peut dire un jeune homme qui fait son entrée dans le monde.
M. Gérondif est en train d'apprendre par cœur des vers de La Fontaine, qu'il récitera ensuite à mademoiselle Turlurette, en lui disant qu'ils sont de lui.
Le professeur n'est point amoureux de la femme de confiance, illa trouve trop développée pour lui, et d'ailleurs il porte ses vues ailleurs; mais mademoiselle Turlurette a dans ses attributions le département des confitures, des liqueurs, des sucreries, et M. Gérondif est très-friand de loiftes ces douceurs.
En voyant son élève entrer dans sa chambre, le professeur reste tout saisi; depuis qu'ils sont à Paris, c'est la première fois que Chérubin vient le trouver ; il s'imagine qu'il veut reprendre le cours de ses études, et lui dit :
— Mon noble élève, tout est prêt... Je vous attends toujours... Je vous ai préparé des extraits de l'histoire, de la mythologie, de la géologie Je travaille constamment pour vous. En ce moment, comme vous prenez des leçons de savate, je cherche l'origine de cet exercice dans les hommes illustres de Plutarque... Je trouve bien le ceste, le pugilat, la lutte, mais je n'ai pas encore trouvé la savate.
— Je vousremercie,monsieur Gérondif,reprend Chérubin, mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Ce soir M. deMonfréville me mène dans le grand monde... il prétend qu'il est nécessaire que j'y aille, que j'y prendrai le ton de la bonne compagnie ; i! doit avoir raison, ei j'ai promis de me laisser conduire. Mais que
dit-on dans une belle réunion?... Comment doit-on se tenir?
Va-t-on causer avec des personnes que l'on ne connaît pas?... J'ai pensé que vous pourriez m'apprendre cela, vous qui savez tant de choses... car je n'ai encore été qu'au spectacle, aux concerts, dans des cafés... el,, je dois vous l'avouer, j'ai très-peur d'avoir l'air bêle en société.
— Bête! sVcrie Gérondif, c'est impossible!.,. Vous oubliez donc que vous êtes mon élève; vous n'êles pas de ma force sur Horace et Virgile^ mais vous en savez quelques passages... vous les direz quand vous causerez avec les hommes. Avec les dames, c'est autre chose ; employez dans votre langage ces figures, ces métaphores qui en.bellissentle discours... comparezles à Vénus, à Diane, à Junon, à Hébé, et vous devez assurément dvoir un succès surprenant. Ensuite, si vous voulez que je vous
accompagne, je me tiendrai derrière vous, et je vous soufflerai.
Chérubin ne juge pas nécessaire de se faire accompagner dans le monde par son professeur; il pense que Monfréville tiendra sa promesse, et ne le quittera pas. Celui-ci arrive à l'heure indiquée pour chercher son jeune ami.
Monfréville aune toilette du meilleur goût; sa taille mince cl bien prise est parfiuiement enfermée dans un habit qu'il porte avec une extrême élégance ; en voyant sa tournure jeune, ses i.eaux cheveux bruns et s& figure encore séduisante, c'est à ••■•ine si l'on donnerait trente ans à cet homme qui approche de l.i quarantaine.
Chérubin, qui est mis à la dernière mode, a dans la tournure encore un peu de cette lourdeur que l'on conserve au village; cependant, comme il est bien fait et d'une charmante figure, la gaucherie de sa démarche ressemble quelquefois à la naïve coquetterie d'un écolier.
On monte en voilure, et Monfréville dit à son jeune ami :
— Je vous mène dans le grand monde, mais pour chasser une timidité qui pourrait vous nuire, diies-vous d'abord que vous êtes d'aussi bonne maison que tous ceux que vous allez trouver là; dites-vous ensuite que par votre fortune et votre position vous n'avez besoin de personne. Quand on peut se dire cela, mon cher Chérubin, on a beaucoup d'aplomb dans le monde; il y a même alors des gens qui en ont trop. A défaui des avantages que vous avez et que tout le monde ne peut pas posséder, un philosophe se dirait : Pourquoi donc me laisseraisje intimider par le tiire de celui-ci ?... la fortune de celui-là?... Ne sont-ce pas après tout des hommes comme moi? Figuronsnoi s tous ces gens si vains, si fiers, dans le costume de nos [.remiers parents au jardin d'Eden ; dépouillons- les de ces décorations, de ces diamants, de ces riches habits qui font quelquefois tout leur mérite, est-ce qu'ils m'imposeront alors? Non vraiment; il est probable qu'ils me feront rire et voilà tout Mon cher ami. il suffit de quelques réflexions de ce g-^nre pour se trouver fort à son aise dans la plus haut*' société.
— Vous me rassurez, dit Chérubin, ensuite; avec les hommes je parlerai latin, avec les dames je citerai Vénus, Diane, Phœbé M. Gérondit m'a conseillé cela.
•=« Si vous voulez '«jus faire moq inr do vous, ce serait la
meilleur moyen Je me doutais déjà que volro professeur était
un sot, maintenant j'en suis persuadé.
— Mais, mon Dieu ! que dirai-je, moi, si l'on me parle?
— Vous répondrez à ce que l'on vous dira.
— Mais si je ne sais pas bien répondre... si je ne trouve rien à dire?
— Alors gardez le silence. On n'est jamais bête dans le monde quand on sait se taire ; il y a même des gens qui doivent à leur silence leur réputation d'esprit.
— Mais avec les dames, si j'en vois de jolies, qui me plaisent?
— Vous leur direz cela avec vos yeux, elles vous compren- •dronl très-bien.
— Mais si je \eux faire connaissance faire ma cour?
— Dites tout ce qui vous viendra à la tète, surtout ne cherchez pas à faire de l'esprit, car vous deviendriez fort ennuyeux.
— Mais s'il ne me vient rien dans la tête?
— Vous avez toujours la ressource du silence et des œillades : il y a beaucoup de gens qui s'en tiennent là.
— Mais cette dame chez qui vous me conduisez?,..
— Ah ! c'est juste, je dois vous la faire connaître.' Madame €élival doit avoir trente-six aw environ, mais elle est fort bien; c'est une brune piquante, dont les yeux sont remplis d'expression ; sa taille est charmante, ses formes gracieuses : il y a dans sa personne quelque chose de séduisant, de voluptueux qui charme tous les hommes. Ensuite madame Gélival est coquette et ne passe point pour être d'une excessive cruauté avec ceux qui soupirent pour elle. Ceci cependant se dit tout bas; celte dame est, du reste, maîtresse d'elle-même; elle est veuve
d'un général Oh! mais d'un vrai général qui a existé et li.i
a laissé une belle fortune et point d'enfants. Vous jugez que la belle veuve ne manque pas d'adorateurs... Mais attention, no js sommes arrivés.