RIGAUD
Cases and Observations ( the American Journal of the medical Sciences , 1837, vol. XXI, p. 390. Case vu).
XXIVe cas. — Rigaud. — Extirpation du scapulum et d’une partie de la clavicule sur un homme âgé de cinquante et un ans .
Un ancien grenadier de la garde impériale à cheval portait depuis 1 835 une tumeur de la partie supérieure du bras gauche, pour laquelle M. Rigaud dut faire, en 1841, l’amputation de l’articulation scapulo-humérale. La cavité glénoïde était indemne, néanmoins huit mois après nouvelles douleurs, nouvelle tumeur au-dessous de la cicatrice. Celte tumeur occupait bientôt toute l’omoplate, était libre sous la peau et sur le thorax, la clavicule ne semblait pas envahie.
« L’opération fut décidée : deux incisions semi-elliptiques, commençant à 3 centimètres au-dessous de l’angle saillant de l’acromion et dirigées dans le sens vertical, circonscrivirent l’ancienne cicatrice et furent prolongées jusqu’à 30 centimètres au-dessous de ce point.
« La tumeur fut isolée à son côté antéro-interne, une scie à chaîne fut glissée au-dessous de la clavicule, en dedans de l’insertion du trapèze, et sa section fut promptement exécutée. La peau qui recouvrait la partie postérieure de la tumeur et du scapulum fut disséquée à grands coups jusqu’à la base de cet os, que nous venons saisir ensuite en dehors et en arrière, et qui se trouva bientôt isolé de la paroi thoracique jusqu’à son bord spinal. Nous fîmes exercer des tractions modérées sur la pièce osseuse, et nous coupâmes l’attache du muscle trapèze à l’épine et à l’a-
OBSERVATIONS
pophyse acromion; la masse à enlever ne restait plus alors fixée au rachis et à la poitrine que par les muscles angulaire et rhomboïde, d’une part, et le grand dentelé de l’autre.
« Nous détachâmes alors, mais sans les couper, les adhérences de ces trois muscles à la hase du scapulum, conservant ainsi leur continuité normalement établie au moyen de leur mode spécial d’insertion et en partie aussi par fintermédiaire du périoste. Ce fut une véritable énucléation que nous exécutâmes exactement et facilement, ainsi que nous l’avions conçue à l’avance et exécutée la veille sur le cadavre.
« Le muscle rhomboïde continua donc ainsi le grand dentelé jusqu’aux apophyses épineuses de la colonne vertébrale, où ce muscle trouve son insertion fixe et nécessaire pour l’élévation des côtes. Cette large lame musculaire fut soutenue par l’angulaire qui la suspendait en quelque sorte aux apophyses transverses cervicales.
« Seize ligatures furent jetées sur des artères de troisième et de quatrième ordre seulement. La ligature de l’axillaire, faite lors de la désarticulation, avait déterminé l’oblitération de la sous-clavière jusque tout près de son origine à la crosse de l’aorte. Les lèvres de la plaie furent rapprochées, toutefois nous ne les mîmes pas en contact immédiat et des bandelettes agglutinatives les retinrent dans cette position.
« Deux mois après la guérison était parfaite. La marche de la cicatrisation n’a été entravée par aucun accident. Le vaste lambeau cutané postérieur adhéra promptement aux parties sous-jacentes. »
La tumeur primitive était probablement un encépha-