G. BUCK
trice ; à l’extrémité de cette incision l’on fait une autre incision curviligne qui permet d’enlever la portion de peau qui était adhérente à la tumeur récidivée. On détache alors et on sépare le scapulum et l’extrémité acromiale de la clavicule, puis on réunit la plaie. Au bout de quelques semaines, l’opéré pouvait quitter l’hôpital, guéri en apparence. La tumeur qui avait été enlevée, partout adhérente au périoste de l’omoplate et à l’articulation acromiale de la clavicule, remplissait les fosses sus et sous-épineuses et une partie de la fosse sous-scapulaire. Elle était constituée par du fîbro-sarcome, sans mélange d’éléments cartilagineux.
Jusqu’à l’automne 1861 le patient resta en bon état; mais il fut pris alors d’accidents pulmonaires et pleuraux, et, quand il eut succombé, on trouva dans les deux poumons des foyers de récidive.
Lücke, Zur Resection des Schidterblattes , in Beitràge zur Lehre von den Resectionen (Langenbeck> s Archiv fïtr klinische Chirurgie , 1862, t. 111, p. 340).
C’est sous ce titre que Lücke rapporte l’histoire du cas précédent. Celui-ci avait déjà été publié, mais d’une façon incomplète par l’auteur ( Vortrag in der Gesellschaft berliner Aerzte : medic. Centralzeitung , mai 1861).
XXXI0 cas. — G. Buck [de New-York).
1864. — Ablation de l’omoplate et d’une partie de la clavicule, pour un ostéo-cancer . L’opéré était un homme adulte ; il se rétablit, mais succomba au bout de peu de mois à une nouvelle récidive. Ce malade avait auparavant perdu le bras par le fait d’une amputation pratiquée pour la meme affection.
OBSERVATIONS
Sydney Jones donne la relation de ce fait comme résultant d’une communication orale de l’auteur ; il ne nous est connu que par cette mention sommaire; il figure également sur les tableaux où Stephen Rogers a réuni les observations qui lui étaient connues.
Au point de vue du nombre des récidives, ce cas doit être rapproché du numéro 14 du même tableau (cas de Mussey).
(. New-York medical Journal , 1869, t. VIII, p. 440, n° 54 et American Journal of the medical Sciences , 1868, N. S., t. LVI, p. 371, n° 48.)
XXXIIe cas. — E. Krakowizer [de New-York).
La seule mention que nous ayons de ce cas est donnée dans les tableaux de Sydney Jones, au n° 64 de sa statistique : elle est ainsi conçue :
1868. — Ablation de l’omoplate cinq ans après la désarticulation de l’épaule, pour un enchondrome; mort, sept jours après l’opération, d’épuisement (i exhaustiori ). Ce cas est intéressant à cause de la récidive de l’enchondrome dans un os qui n’était pas primitivement affecté par la tumeur. Remarque : communication de ce chirurgien qui publiera cette observation en détail dans la suite.
Cette mention a été reproduite par Otis ; l’observation n’a pas été publiée depuis, que je sache.
(. New-York medical Journal , 1869, t. VIII, p. 440, n° 64.)
XXXIIIe cas. — C.-S. Jeaffreson. — Excision of the scapulci and nearly the entire clavicle for malignant disease.
Miss S..., âgée de vingt ans environ, vint consulter Jeaffreson en juillet 1873, pour un gonflement douloureux occupant l’extrémité supérieure de l’humérus. Ce chirurgien,
JEAFFRESON.
reconnaissant une tumeur maligne, proposa la désarticulation de l’épaule, mais la malade ne voulut s’y soumettre qu’au mois d’août, alors que la tumeur, augmentant rapidement de volume, avait atteint 16 pouces de circonférence, et avait déterminé la fracture spontanée de l’humérus. Miss S... guérit et la tumeur, à l’examen, se montra constituée par un encéphaloïde développé aux dépens du périoste de l’extrémité supérieure de cet os.
Au mois de décembre, le chirurgien constatait une récidive sous forme de tumeur dure, de consistance osseuse, occupant la région pectorale , et paraissant intimement unie à l’omoplate et à la partie externe de la clavicule. Cette tumeur déterminait des douleurs excruciantes qui paraissaient s’irradier jusqu’aux doigts du membre amputé.
Le 14 décembre, Jeaffreson enleva l’omoplate et la presque totalité de la clavicule par le procédé suivant. Il pratiqua deux incisions, l’une parallèle à l’épine de l’omoplate, l’autre à son bord axillaire, ei il réunit leurs extrémités externes par une incision verticale qui permit de détacher des parties profondes le lambeau ainsi circonscrit. La malade (qui était anesthésiée) fut replacée sur le dos ; une grande incision permit de découvrir la clavicule, de scier cet os à sa partie moyenne, de réséquer
OBSERVATIONS
un pouce du fragment interne, et de découvrir les vaisseaux sous-claviers qui furent confiés à un aide. La malade fut alors remise sur le côté, on coupa les muscles qui s’inséraient à l’omoplate, on détacha ensuite le scapulum et la tumeur de toutes leurs connexions profondes, de bas en haut, en commençant par l’angle inférieur de l’omoplate, et, réunissant l’incision claviculaire à l’incision axillaire, il fut facile d’enlever clavicule, omoplate et tumeur.
Celle-ci, quoique adhérente au périoste de ces os, ne faisait pas corps avec eux. Elle se composait de deux masses de consistance osseuse , qui paraissaient être des ganglions lymphatiques envahis par le cancer.
Quoique la malade eût perdu relativement fort peu de sang, le shock opératoire fut tel qu’on craignit d’abord la terminaison fatale. Elle se remit bientôt et guérit en moins d’un mois.
La relation de l’opération ne date que de mars 1874, celle-ci ayant été faite en décembre 1873. Nous avons fait reproduire les deux figures qui montrent parfaitement la disposition de la cicatrice sur l’opérée de Jeaffreson.
[The Lancet , 1874, vol. I, p. 759.)
D. STIMSON.
XXXIVe cas. — Daniel Stimson.
Conklin, à la fin de son observation personnelle, mentionne, entre autres cas semblables, une opération analogue qu’il attribuait à Stimson, en 1872. Pour obtenir la relation complète de ce fait, je m’adressai au Dr Lewis A. Stimson de New-York, membre correspondant de la Société de chirurgie de Paris. Notre collègue me répondit que l’observation en question n’était pas de lui, mais qu’elle était due au Dr Daniel Stimson, autrefois assistant du Dr W. Parker, qui avait, en 1872, publié plusieurs cas de la pratique de son chef de service. Avec la plus grande obligeance, il voulut bien me faire parvenir le texte de cette communication avec quelques renseignements complémentaires du Dr Conklin sur le cas qui lui était propre : voici l’observation du malade de Parker.
Homme de quarante-deux ans. Il y a deux ans, il se fractura l’humérus en lançant une pierre. La fracture consolida, mais les fonctions ne se rétablirent qu’imparfaitement. Peu de temps après, une tumeur se forma à la partie supérieure du bras. En janvier 1872, le malade vit le Dr W. Parker qui chargea M. Stimson de l’opérer. Le bras fut amputé dans l’articulation de l’épaule. Il s’agissait d’un sarcome fasciculé développé probablement aux dépens du périoste.
En juillet 1872, la tumeur réapparut dans le moignon et s’accrut rapidement.
Dans une deuxième opération, il fallut enlever l’omoplate et l’extrémité externe de la clavicule. « L’incision fut pratiquée le long de l’épine de l’omoplate, s’arrondissant inférieurement (de manière à ne laisser que la peau saine) vers le bord inférieur de l’aisselle, puis revenant en avant
Berger. 7
OBSERVATIONS
vers le point de division de la clavicule. L’omoplate fut détachée d’arrière en avant, la clavicule divisée avec une scie à chaîne, et, en dernier lieu, les vaisseaux axillaires furent liés. L’écoulement sanguin fut minime ; il n’y eut lieu de mettre de ligatures que sur les vaisseaux axillaires et sur une ou deux artères de faible calibre. La plaie fut réunie comme d’habitude. »
Le malade était encore en traitement quand l’observation fut publiée; M. le Dr Lewis A. StimsonetM. le Dr Conklin ne savent ce qui est advenu par la suite.
Observation communiquée à la Société 'pathologique de New- York, le 23 octobre 1872, par le Dr Stimson, analysée dans the medical Record of New-York, vol. VII, p. 578, 16 décembre 1872.
XXXV0 cas. — W.-J. Conklin. — Periosteal osteoid sarcoma of humérus ; amputation at shoulder joint ; rapid récurrence; subséquent excision of entire scapula and outer extremity of' clavicule.
Mme H..., âgée de trente-sept ans, a remarqué depuis six ans l’apparition d’une petite tumeur au bras gauche, au niveau des insertions du deltoïde. Cette tumeur s’est mise à croître rapidement, quinze mois avant la première admission de cette malade à l’hôpital , en février 1880, et à déterminer des douleurs assez vives. A cette époque, le produit pathologique entourait la diaphyse humérale ; il était de consistance dure, sauf en quelques points où se remarquait de l’élasticité ; le chirurgien diagnostiqua un sarcome ostéoïde du périoste et proposa la désarticulation de l’épaule qui fut refusée.
W.-J. CONKLIN.
En janvier 1882, la malade se présenta de nouveau : la tumeur avait doublé de volume, et elle dépassait en hauteur le sommet de l’épaule, entourant l’articulation scapulohumérale et l’articulation acromio-claviculaire ; elle avait 17 pouces de circonférence au niveau du bras et 19 à l’épaule, et elle déterminait des douleurs intolérables.
Le 7 février 1882, Conklin pratiqua la désarticulation de l’épaule. Il craignait d’abord de ne pouvoir passer entre la tumeur et l’acromion qu’elle englobait en quelque sorte, mais après avoir taillé et disséqué les lambeaux, cette séparation s’effectua sans difficulté : l’omoplate paraissait être saine dans toutes ses parties. La malade guérit, mais trois mois à peine s’étaient écoulés qu’une récidive à marche galopante se montrait, envahissant non seulement l’angle externe de l’omoplate et l’extrémité externe de la clavicule, mais les fosses sus et sous-épineuses, l’épine de l’omoplate et l’aisselle.
Le 30 août 1882, l’ablation de l’omoplate et de l’extrémité de la clavicule fut mise à exécution. La clavicule fut d’abord divisée à l’aide de la scie; puis une incision en T dont la branche horizontale était parallèle à l’épine de l’omoplate permit de découvrir la tumeur. On sectionna le trapèze, le rhomboïde, l’angulaire, puis, relevant le bord spinal de l’omoplate, on coupa le grand dentelé et le muscle sous-scapulaire fut détaché de ses insertions antérieures. Dans le mouvement que l’on fit pour faire tourner l’omoplate d’arrière en avant, la clavicule (déjà sectionnée) se brisa au point où elle commençait à être malade et il fallut réséquer le fragment qui résulta de cet incident. Malgré le soin que l’on prenait de tourner le tranchant des instruments vers la tumeur, le moignon de l’artère axillaire
OBSERVATIONS
fut atteint, et il fallut le comprimer jusqu’au moment où la tumeur put être enlevée. Ceci fut fait assez rapidement : l’hémorragie avait été assez faible; l’artère sus-scapulaire et une branche musculaire seule réclamèrent l’application de ligatures : quelques petits vaisseaux furent tordus. On enleva toute la cicatrice de l’opération antérieure et quelques ganglions axillaires engorgés et on réunit les lambeaux par la suture.
La chute prématurée du drain fut cause qu’un abcès se produisit et dut être ouvert. La guérison, marcha du reste rapidement et, le 20 novembre, la malade était en excellent état de santé, sans traces de récidive.
[The American Journal of tlie medical Sciences , 1883, N. S., vol. LXXXV, p. 102.)
Il résulte malheureusement d’une lettre de M. Conklin adressée au Dr Lewis A. Stimson, à l’obligeance duquel je dois ce renseignement, que l’opérée de ce chirurgien « succomba vingt-cinq mois après l’extirpation de l’omoplate à une récidive du néoplasme qui se fit dans les poumons. Il n’y avait pas de repullulation du reste, soit à la clavicule, soit au niveau d’aucune autre pièce du squelette. »
XXXVIe cas. — John Wood. — Sarcoma of the scapula,
removal.
Le 9 janvier 1881, Sarah Anna F..., âgée de dix-sept ans, fut admise à King’s College Hosp. Six mois avant son admission , elle ressentit quelque douleur à l’épaule gauche, trois mois après la tuméfaction se montra. Lors de son admission les régions antérieure et externe du quart supérieur de l’humérus gauche étaient occupées par une tumeur arrondie, dure, quoique élastique, sur