‹ L'amputation du membre supérieur dans la contiguité du troncChapitre 18 sur 62 · D’AMBROSIO · texte numérisé non relu

D’AMBROSIO

envoyait des prolongements vers l’acromion, le tiers externe de la clavicule et la fosse sous-épineuse ; sa consistance était plutôt molle ; considérée comme un sarcome périostique fasciculé de l’humérus, elle fut enlevée par d’Ambrosio en même temps que le membre supérieur fut désarticulé dans l’articulation scapulo-humérale, L’auteur, forcé de sacrifier les téguments de la région deltoïdienne auxquels adhérait la tumeur, eut recours à un procédé auquel il donne le nom de désarticulation de l’humérus à lambeau tubulaire et sur lequel il est superflu d’insister. Les parties de la tumeur adhérentes à l’acromion et à la fosse sous-épineuse durent être enlevées à part.

L’opération avait été faite sans le secours de la méthode antiseptique ; la plaie mit longtemps à guérir, et la malade allait seulement quiter l’hôpital, neuf mois après, dans la première quinzaine de septembre 1879, quand on s’aperçut d’une tuméfaction qui était apparue au niveau de la cicatrice, vers l’acromion. Vers le milieu d’octobre tout le moignon était envahi : quelques noyaux rougeâtres occupaient l’ancienne cicatrice ; un lobe de la tumeur gros comme une orange dépassait l’acromion et envahissait le triangle sus-claviculaire ; un autre soulevait les pectoraux et s’avançait jusqu’à la clavicule ; un troisième lobe, gros comme un œuf de poule, était placé sous la peau de l’aisselle à la partie supérieure de la région thoracique latérale ; toul le moignon avait acquis le double de son volume et était complètement infiltré par la récidive. Enfin toute la région postérieure de l’omoplate était recouverte par une tumeur volumineuse. La tumeur récidivée était d’ailleurs légèrement mobile sur le thorax.

D’Ambrosio, cédant aux instances de la malade, se décida

OBSERVATIONS

à faire l’extirpation de la tumeur avec l’omoplate et la partie externe de la clavicule. Le souvenir du cas de Macnamara lui suggéra l’idée de pratiquer la ligature de l’artère sousclavière ; mais l’examen du creux sus-claviculaire ne permettait pas de sentir les pulsations de ce vaisseau.

Le 14 novembre 1879, l’opération fut pratiquée de la façon suivante : la malade étant assise sur le lit et à moitié anesthésiée, une incision transversale fut faite dans le triangle sus-claviculaire, et comme la tumeur occupait son côté externe, prolongée un peu plus que d’habitude vers l’articulation sterno-claviculaire : après avoir déchiré l’aponévrose profonde, on put voir la veine sous-clavière, trouver le tubercule du scalène antérieur, et sentir en dehors de ce dernier une légère pulsation. En faisant écarter les bords de la plaie, d’Ambrosio vit alors au-dessous des nerfs du plexus brachial l’artère, grosse comme l’artère humérale seulement ; il la chargea sur un fil et il put la lier : la tumeur pâlit aussitôt d’une manière sensible : le premier temps de l’opération avait duré vingt-cinq minutes et avait été très pénible.

La cicatrice et la partie adhérente de la récidive furent alors comprises entre deux incisions qui, partant de l’acromion, se réunissaient en arrière et en bas, et sur lesquelles on fît tomber une incision adjuvante parallèle à la fosse sous-épineuse. Les lambeaux circonscrits par ces incisions furent rapidement disséqués ; d’Ambrosio reconnut alors non sans peine l’acromion, ouvrit l’articulation acromioclaviculaire, coupa les moyens d’union de l’apophyse coracoïde à la clavicule, et portant alors la main gauche entre l’omoplate et le thorax, put séparer rapidement de dehors en dedans la fosse sous-scapulaire, envahie par la tumeur,

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