D’AMBROSIO
de la paroi thoracique jusque tout près du bord spinal : à ce moment l’omoplate se brisa près de son angle inférieur et resta dans la main du chirurgien : une hémorragie artérielle assez vive nécessita la ligature de l’artère scapulaire postérieure qui venait d’être divisée, après quoi l’angle inférieur de l’os fut extirpé. Un écoulement veineux modéré s’était produit pendant tout ce temps de l’opération.
Ici se produisit un incident redoutable et que l’auteur raconte dans les termes suivants :
« II me restait à enlever un gros lobe de la tumeur, celui qui se prolongeait sous les muscles pectoraux et sous la clavicule. Je le saisis avec les doigts et avec des coupes prudentes je procédais à sa séparation, quand je perçus un bruit de glou-glou assez fort pour être entendu à distance et qui annonçait l’entrée de l’air dans la veine axillaire. Je fis tout de suite une pression avec la main sur le fond de la plaie d’où était venu le bruit et où l’on voyait un peu d’écume,, et je crus perdre la malade, qui en ce moment devint roide et pâle comme une morte. Quand je retirai ma main le bruit de glou-glou se répéta plus fort et la malade semblait déjà cadavre. Je refis la compression à la même place avec la main afin d’empêcher une nouvelle introduction et je donnai l’ordre d’envelopper la jeune fille dans des draps de laine bien chauds, pendant qu’un aide lui faisait respirer de l’ammoniaque liquide.
« En même temps la malade fut placée dans l’inversion sans aucun coussin sous la tête pour favoriser l’afflux du sang au cerveau, dans l’idée que la mort par introduction d’air dans les veines arrive , comme dans la syncope, par l’anémie du cerveau. Heureusement la vie ne s’éteignit pas et, en profitant de quelques instants de répit, je passai un
fil phéniqué derrière le pédicule de la tumeur et, en le serrant fortement, je pus cesser la compression et couper la tumeur au-devant du nœud, sans aucun accident. Je saisis le tiers externe de la clavicule et j’enlevai de petits morceaux de tumeur vers la partie externe du triangle susclaviculaire. Finalement, j’appliquai un pansement de Lister après avoir réuni très facilement avec des points de suture au catgut les bords cutanés de cette large solution de continuité. »
Jusqu’à neuf heures du soir on put s’attendre à une fin presque immédiate ; l’état de l’opérée était le suivant : hypothermie, algidité, respiration pénible, pâleur extrême de la face, pouls presque insensible; à neuf heures agitation violente, hoquet, efforts de vomissements, accroissement de la dyspnée : mais à dix heures survint une réaction fébrile qui fit disparaître ces craintes.
Le lendemain l’état était meilleur, les forces étaient revenues; la température, ce jour et les suivants, oscilla entre 37°, 5 et 38°, 8. Le premier pansement fut fait le quatrième jour et montra que la réunion s’était faite dans la plus grande partie de la plaie.
Mais cet état ne devait pas durer : le septième jour, quoique la température fût normale, il existait un grand malaise général, et un iclior fétide sortait de la plaie. Le jour même un frisson se produisit et la température monta à 40°, 7. Le huitième, le neuvième et le dixième jours la température resta élevée et l’état général mauvais, le onzième survint une extrême dépression des forces, un abaissement rapide de la température, et le dix-huitième jour au matin l’opérée succombait.
Voici le résumé de Y autopsie : rate volumineuse ; la