PAUL SWAIN
plèvre droite est le siège d’un épanchement fibrino-purulent : de nombreux infarctus existent dans les poumons, tandis que les branches de l’artère pulmonaire sont occupées par des caillots fétides, au centre desquels on trouve, comme dans les infarctus pulmonaires, de nombreuses grappes de micrococcus. La mort était donc le résultat de l’infection purulente.
L’examen de la plaie permit de constater qu’aucune portion de la tumeur n’avait été laissée. La tumeur originelle et la tumeur récidivée étaient constituées par du myxo-sarcome.
(. Ricerche di patologia e di clinica chirurgica. Naples, 1883; lre partie, p. 1 .)
XXXVIIIe cas. — Paul Swain. — Bemoval of the upper extremity , and later of the scapula and part of the clavicle, for sarcoma. — South Rev on and east Cornwall hospital Plymouth . — ( Observation recueillie par le DT Buchan , médecin résident.)
Louis G., âgé de dix-huit ans, est admis le 7 février 1886 ; il est pâle et amaigri, sa figure exprime l’anxiété ; il porte à l’épaule gauche une tumeur dont il attribue le développement à l’habitude qu’un de ses compagnons d’atelier avait prise de le pincer fréquemment en cet endroit. La douleur et le gonflement de la région deltoïdienne ne se sont révélés qu’il y a deux mois, mais ils firent de rapides progrès depuis cette époque, et lors de son admission l’on trouve une tumeur étendue et très ferme qui englobe toute l’extrémité supérieure de l’humérus gauche et qui recouvre meme un peu l’omoplate et la clavicule. Les veines sous-
OBSERVATIONS
cutanées sont développées, mais il n’existe pas d’engorgement ganglionnaire.
Le 1 1 février, une incision en Y fut faite sur la région scapulaire, comme pour pratiquer la résection de l’omoplate, mais quand on eut ouvert l’articulation scapulo-liumérale, on reconnut qu’elle était saine et que l’humérus seul était malade. L’opération fut donc limitée à la désarticulation de l’épaule. Le 13 mars le malade était guéri et il quittait l’hôpital. L’examen de la tumeur montra qu’il s’agissait d’un sarcome myéloïde, développé aux dépens du périoste et ayant détruit l’humérus lui-même.
Le 22 avril, Louis G. revintà l’hôpital avec une tumeur qui s’était développée sur l’omoplate gauche. Le 24 du même mois, une incision en Y fut pratiquée sur l’omoplate et l’os entier fut extirpé ainsi que l’extrémité externe de la clavicule. La plaie fut pansée à l’iodoforme et à l’acide phénique ; malgré la mortification de la pointe du lambeau, la guérison s’opéra rapidement ; l’opéré quitta l’hôpital le 27 mai.
Dans une courte note qui suit cette observation très pauvre en détails, M. Paul Swain ajoute que l’opéré prit froid après sa sortie de l’hôpital et qu’il succomba aux progrès d’une pneumonie qui envahit le poumon droit. Deux gravures, exécutées d’après des photographies annexées au texte, représentent le malade avant la première opération, et après l’extirpation de la tumeur récidivée de l’omoplate. La région scapulaire est occupée par une cicatrice fortement déprimée; il paraît y avoir un certain degré d’incurvation du tronc vers le côté sain.
( The Lancet , 1887, vol. I, n° 1, p. 20.)
B. AMPUTATIONS TRAUMATIQUES.
XXXIXe cas. — Ralph Guming. — Removal of the arm scapula and clavicle.
A. Copland Hutchinson, dans une lettre adressée au London medical Gazette , à l’occasion d’un cas de résection partielle de l’omoplate publié par Luke, rapporte qu’étant élève à Greenwich Hospital, en 1808, il vit un jeune matelot de vingt et un ans qui venait réclamer une pension. Cet homme avait subi l’amputation du bras, de l’omoplate et de la clavicule, et il fut adressé au College of surgeons ou à un autre hôpital pour la vérification du résultat obtenu. Il est probable que l’opération avait été nécessitée par une plaie d’arme à feu : elle avait été pratiquée par Ralph Cuming, chirurgien de l’hôpital de la marine à Antigua.
Dans la même année de ce recueil (p. 497) l’authenticité de cette observation est révoquée en doute, mais sans aucune espèce de preuve à l’appui, par l’auteur d’une lettre signée des initiales J. M. Le correspondant en question rapporte en même temps l’histoire d’un malade sur lequel Liston enleva un fongus hématode de l’omoplate. La tumeur récidiva ; le chirurgien proposa l’amputation totale du membre supérieur, mais cette détermination fut combattue par les autres chirurgiens consultants. Le malade mourut, laissant à Liston le regret de n’avoir pas suivi son inspiration, car l’autopsie démontra que l’opération eût été praticable.
(. London medical Gazette , 1830, vol. V, p. 273; 28 novembre 1829.)
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OBSERVATIONS
XLe cas. — Gaetani-bey. — Désarticulation scapulohumérale , extraction de F omoplate , résection de la clavicule.
Le 3 J décembre 1838, un jeune Egyptien âgé de quatorze ans, travaillant dans une fonderie, au Caire, est atteint par la décharge d’un canon chargé à poudre, qu’on mettait au feu pour le faire refondre. Le testicule gauche fut enlevé par le coup, le bras et l’épaule fracturés comminutivement avec d’effroyables désordres des parties molles. « La déplorable situation du malade, dit Gaetani, me décida à enlever le bras avec les chairs meurtries, mais à peine avais-je pris mon parti que, mettant la main sur l’omoplate, je reconnus qu’zY était fracturé en plusieurs endroits. Cette circonstance, jointe à l’état des parties molles, me détermina... à pratiquer l’extirpation de toute l’omoplate et des muscles qui lui sont adhérents. J’effectuai avec promptitude et dextérité cette extirpation, séparant d’abord la clavicule de l’acromion, et disséquant ensuite avec beaucoup de soin la peau qui recouvrait encore l’angle inférieur de l’omoplate. L’omoplate étant enlevée, il me restait à faire la résection de l’extrémité acromiale de la clavicule... Une compresse pliée en quatre doubles fut placée entre les vaisseaux, les nerfs et la clavicule, et ce dernier os fut scié sans toucher aux parties essentielles situées au-dessous. Les téguments qui devaient recouvrir cette vaste plaie étaient déchirés et irréguliers, je retranchai ce qui était trop maltraité, et après les avoir affrontés de mon mieux, je les fixai au moyen de quelques points de suture, soutenus de bandelettes de fil, de compresses et finalement d’un
GAETANI-BEY.
bandage. » Le premier pansement ne fut fait que le 4 janvier ; malgré une suppuration assez longue, il n’y eut pas de complications générales, et le 24 février la cicatrisation était complète.
(. Mémoires de V Académie de médecine , 1841, t. IX, p. 96.)
L’observation ne renferme pas d’autre détail important.
Le rapport à l’Académie, à l’occasion de ce fait, avait été présenté par Renoult, dans la séance du 30 juillet 1840. Aucune discussion ne suivit, aucun autre fait ne fut rapporté; Larrey ne prononça aucune parole à cette occasion.
L’année suivante, Larrey fit un rapport à l’Académie sur un cas de fracture de l’omoplate par un éclat d’obus suivi d’extraction d’une partie de cet os pratiquée par M. Trabers (1840- 41, t. YI, p. 6). C’est probablement pour cela que le cas de Gaetani-bey lui a été attribué. Cette erreur a passé de statistique en statistique; nous la retrouvons dans les tableaux de Stephen Rogers, de Sydney Jones et dans les relevés de Gies. Ce dernier attribue même à Larrey trois faits d’extirpation complète de l’omoplate avec le membre supérieur, dont l’un est le même que celui de Gaetani à côté duquel il est placé dans la même statistique. Inutile d’ajouter que nous n’avons retrouvé aucune trace des deux autres faits dont l’auteur allemand ne donne du reste pas l’indication.
Otis néanmoins a signalé cette erreur qui montre combien peu, dans les travaux de ce genre même les plus sérieux, on se préoccupe de vérifier les faits en remontant à leur source.
Pour nous assurer d’ailleurs que Larrey n’avait pratiqué aucune opération de cette nature qui eût pu être confondue avec celle que fit Gaetani-bey, nous nous sommes adressé à M. le baron Larrey, qui voulut bien confirmer le résultat de nos recherches en nous communiquant en outre quelques indications qui nous ont été fort utiles et sur lesquelles nous aurons l’occasion de revenir dans la suite.
OBSERVATIONS
XLIC CAS. — Winslow Lewis [de Boston). — Removal of the scapula and clavicle and a fragment of the arm.
Ce cas ne nous est connu que par la mention que Stephen Rogers en fait dans ses relevés. Il est inscrit sous le n° 22 au tableau général des ablations de l’omoplate qui accompagne le travail en question. Voici tout ce que cet auteur nous en fait connaître :
N° 22 : Dr Lewis, of Boston, 1845. Ablation de l’omoplate, de la clavicule et d’un reste du bras, pour une fracture comminutive de ces parties broyées par une machine. Mort peu de temps après l’opération. Remarque : le blessé aurait succombé à des lésions concomitantes graves plutôt qu’aux blessures du membre supérieur et de l’omoplate.
Il est également mentionné dans la statistique de Sydney Jones ( New-York med. Journ ., 1869, vol. VIII, p. 436, n° 23) à titre de communication personnelle de l’auteur ( Statement by letter of Dr Winslow Lewis, surgeon, etc.).
{American Journal of the medical Sciences , 1868, N. S., t. LVI, p. 368; n° 22.)
XLII° cas. — Niepce. — Extirpation du bras , delà clavicule gauche et de l’omoplate gauche.
« Il s’agit d’un homme âgé de trente-deux ans, qui avait eu le bras gauche arraché par l’engrenage d’une roue dans la scierie de marbres de Saint-Léger. L’humérus était broyé à sa partie supérieure et l’articulation largement ouverte, la clavicule et l’omoplate brisées en plusieurs fragments. M. Niepce procéda immédiatement, avec l’aide de MM. les docteurs Burdel (de Tramaye) et Bouchard (de Dompierre les Ormes), à l’extirpation complète de l’épaule.