‹ L'amputation du membre supérieur dans la contiguité du troncChapitre 22 sur 62 · PATRICK HERON WATSON · texte numérisé non relu

PATRICK HERON WATSON

pas d’hémorragie notable, bien que le moignon de l’épaule fût entièrement dépouillé des téguments, de telle sorte que toute la région deltoïdienne, celle de l’aisselle, la moitié de la région des pectoraux et de la clavicule, toute la région scapulaire postérieure, présentaient leurs muscles comme disséqués : la peau était décollée au delà de son arrachement à la distance d’un pouce ; celle qui correspondait aux parties dénudées pendait et était dilacérée par les dents de l’engrenage. Le bras était arraché et l’humérus brisé au niveau de l’insertion deltoïdienne, et l’artère humérale ainsi que les nerfs du plexus brachial pendaient à l’extrémité de ce moignon.

Convaincu qu’une plaie semblable n’arriverait pas à cicatrisation, Patrick H. Watson fit l’opération suivante :

Le patient étant endormi, il fit une incision cutanée parallèle à l’épine de l’omoplate; celle-ci permit de découvrir toute la face postérieure du scapulum. Saisissant cet os par son angle inférieur, les insertions du trapèze, du rhomboïde et de l’angulaire furent d’abord coupées : il fallut lier les troncs ou les branches principales des artères scapulaires supérieure et postérieure ; puis le grand dentelé fut divisé près de son insertion au bord spinal de l’omoplate. Le malade, qui jusqu’alors avait été couché sur le côté droit, fut placé sur le dos ; la peau fut coupée le long de la clavicule, celle-ci fut sciée juste en dehors du ligament costo-claviculaire ; les muscles grand et petit pectoral furent divisés, et les vaisseaux axillaires mis à nu furent confiés à un assistant. Un simple coup de couteau suffit alors pour détacher l’omoplate et toutes les parties qui étaient encore en connexion avec elle : l’artère axillaire, les branches acromiales et thoraciques furent liées.

OBSERVATIONS

et le pansement antiseptique appliqué sur la réunion que Ton tenta d’établir entre les lèvres de la plaie cutanée.

Il y eut, bien entendu, désunion complète de toutes les sutures; bien que les premiers jours se fussent passés sans réaction et sans douleur, une suppuration abondante s’établit et parut quelque temps épuiser le malade (12 au 18 avril). Le pansement antiseptique fut abandonné et remplacé par un pansement au sulfate de zinc : bientôt l’amélioration survint, et le malade était complètement guéri le soixante-treizième jour après l’accident (9 juin 1869).

Patrick II. W atson joint à cette observation plusieurs figures intéressantes et bien faites représentant le moignon d’arrachement du membre et le résultat de l’opération ; mais comme le dessinateur a négligé de renverser son dessin, c’est l’épaule droite et non l’épaule gauche qui s’y trouve constamment représentée. Nous aurons l’occasion de revenir à chaque instant sur cet article et principalement sur les considérations dont Patrick H. Watsonfait suivre son observation. Malgré son peu d’étendue, ce travail est l’un des plus importants qui aient été publiés sur la matière, en raison des appréciations judicieuses qu’il renferme.

[Lecture faite à la Société médico-chirurgicale d' Edinhurg le 7 juillet 1869. Edinhurg medical Journal , 1869, vol. XV, p. 124.)

XLVe, XLVP et XLVIP cas. — Parise.

Premier fait. — « Un garçon de seize ans et demi, nommé Branswyck, a le bras droit et l’épaule broyés par un arbre de transmission dans une filature, le 26 août 1856. Les lésions s’étendent assez haut dans le triangle sus-claviculaire. On aperçoit le plexus brachial à nu et disséqué dans une notable étendue. L’extrémité externe de la clavicule fait une forte saillie à travers une ouverture cutanée

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