‹ L'amputation du membre supérieur dans la contiguité du troncChapitre 24 sur 62 · PARISE · texte numérisé non relu

PARISE

(( Tout alla bien pendant une huitaine de jours. Alors les signes ordinaires de l’infection purulente éclatèrent; le malade mourut le douzième jour.

« L’autopsie démontra l’existence d’une phlébite de la veine sous-clavière gauche, qui s’était propagée à travers le tronc veineux brachio-céphalique, jusque dans la veine cave supérieure. Ce qui restait de la veine sous-clavière était rempli de pus. L’inflammation se propageait jusqu’à la veine cave supérieure sous forme d’une fausse membrane dont l’extrémité, terminée en pointe, s’étendait jusqu’à la partie moyenne de la veine cave supérieure.

« Un décollement considérable avec suppuration s’étendait sous le rhomboïde et le trapèze jusqu’aux attaches de ces muscles à la colonne vertébrale. Enfin une lésion qui m’avait échappé pendant la vie, car elle ne se révélait par aucun signe, existait au niveau de la colonne cervicale. Les apophyses épineuses et les lames des cinquième et sixième vertèbres cervicales étaient fracturées, sans déchirure des méninges et sans lésions appréciables de la moelle. »

Troisième fait. — « Un homme de trente-cinq ans, robuste, avait été blessé en 1869 à peu près dans les mêmes conditions que le malade de l’observation précédente. Le bras gauche et le scapulum avaient été broyés dans un engrenage. Je lui enlevai le membre supérieur, plus de la moitié de la clavicule et la plus grande partie de l’omoplate. Je dis la plus grande partie ; en effet, comme d’une part je trouvai le bord postérieur du scapulum intact dans toute sa hauteur, et comme d’autre part j’avais observé, dans le cas précédent, un large décollement suppuré allanf jusqu’à la colonne vertébrale au-dessous des muscles

OBSERVATIONS

trapèze et rhomboïde, j’espérais, en gardant ce bord postérieur de l’omoplate dans une largeur à1 un travers de doigt , et en respectant les attaches du grand dentelé, éviter à l’avenir ces décollements et ces suppurations. L’artère et la veine sous-clavières gauches furent liées.

« Le blessé succomba le huitième jour à une pneumonie traumatique.

« Il avait plusieurs côtes fracturées, dont deux avaient pénétré dans les poumons. On rencontra également à l’autopsie de ce blessé une fracture de la colonne vertébrale portant sur le corps de la cinquième vertèbre cervicale. Cette fracture était sans déplacement et ne s’accompagnait d’aucune lésion médullaire. Aucun décollement, aucune fusée purulente ne furent rencontrés entre l’omoplate et la ligne des apophyses épineuses. »

Voici la lettre dont le professeur de Lille accompagnait la communication qu’il avait bien voulu nous faire de ses observations : celles-ci ont été récemment publiées dans la thèse de M. Trévelot (1), à qui j’ai fait part des documents que j’avais réunis sur cette question de thérapeutique chirurgicale.

Lille, le IG juillet 1883.

cc Mon cher collègue,

« J’apprends que vous venez de pratiquer dans votre service « de la Charité l’amputation du membre supérieur avec abla- « tion simultanée du scapulum et d’une partie de la clavicule, « et que votre opéré est actuellement à peu près guéri. Je vous «: félicite de ce succès et, suivant votre désir, je vais vous rap-

(1) H. Trévelot, Quelques considérations sur l’amputation de l’omoplate avec résection de la clavicule dans les cas d’ arrachement du membre supérieur (Thèse inaug., Paris, 1883, p. 18 et suiv.).

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