‹ L'amputation du membre supérieur dans la contiguité du troncChapitre 6 sur 62 · FERGUSSON · texte numérisé non relu

FERGUSSON

sant les attaches du trapèze à l’omoplate. Des veines dilatées et tortueuses apparaissaient à leur surface, et la peau semblait près de devoir s’ulcérer. Dans les mouvements communiqués à la masse pathologique par l’intermédiaire du bras, celui-ci, la clavicule et ce qui restait de l’omoplate semblaient se déplacer tout d’une pièce, mais cette mobilité même (quoique la tumeur eût envahi au loin le muscle trapèze) indiquait que le tissu pathologique n’adhérait pas à la paroi thoracique. Fergusson se décida à pratiquer l’opération suivante qui fut exécutée le 1 1 novembre.

Anesthésie chloroformique, puis ponction exploratrice. Une incision de deux pouces fut pratiquée verticalement au niveau du bord externe du sterno-mastoïdien, la clavicule fut divisée avec la scie et les cisailles et, par l’ouverture ainsi pratiquée, l’artère sous-clavière fut comprimée par le pouce d’un des assistants (M. Wood). L’incision fut alors prolongée le long de la clavicule, on l’arrondit en la faisant passer sur la face dorsale de la tumeur jusqu’au bord postérieur de l’aisselle ; puis on la releva sur la partie externe du grand pectoral et sur la face antérieure de la tumeur et onia conduisit jusqu’à la rencontre de son point de départ vers la partie moyenne de la clavicule. Ainsi furent dessinés autour delà tumeur deux lambeaux semi-lunaires. Les téguments furent alors rapidement détachés de la partie postérieure de la masse, et le lambeau postérieur rétracté en arrière ; on en fit de même ensuite pour le lambeau qui recouvrait les parties antérieures. Saisissant alors le bras, Fergusson put le conduire dans toutes les directions et détacher toutes ses connexions avec les parties voisines. La division des vaisseaux et des nerfs fut faite en dqrnier lieu ; les vaisseaux particulièrement ne furent coupés qu’entre

OBSERVATIONS

deux pinces à pression continue tenues par un assistant. Ainsi purent être sectionnés, presque sans perte de sang, les gros troncs vasculaires qui étaient profondément englobés dans le tissu morbide. Plusieurs fortes ligatures furent ensuite placées sur la sous-clavière juste en dehors des scalènes. Il n’y eut pas d’hémorragie en rapport avec l’étendue de cette vaste opération ; l’hémostase se fit aisément de point en point. Les lambeaux furent maintenus en contact par la suture.

L’examen de la tumeur montra que le plexus brachial et l’artère axillaire étaient pris dans la tumeur de telle sorte qu’il eût été absolument impossible de les en isoler par la dissection. La malade allait bien le 21 novembre, et quoique les lambeaux eussent présenté quelque tendance à la désunion, l’adhésion paraissait se faire régulièrement.

Après avoir rapporté cette observation, Fergusson insiste sur quelques points du manuel opératoire : il préconise tout particulièrement la section de la clavicule qui : 1° rend plus mobile l’épaule et facilite les manœuvres de désarticulation; 2° permet de conserver le cléido-mastoïdien; 3° permet de comprimer très sûrement les vaisseaux. Il rappelle qu’il est important de conserver la peau de l’aisselle ; il insiste sur la forcipressure qu’il a faite de l’artère sous-clavière. Celle-ci était absolument englobée dans le tissu de la tumeur qui s’étendait sur elle jusqu’aux scalènes, mais ces muscles ne paraissaient pas envahis.

( Medical Times and Gazette , 1865, vol. I, p. 62, et vol. II, p. 574.)

VIIe cas. — W. Fergusson. — Removal of the scapula , npper extremity , and part of the clavicle.

Opération pratiquée le 19 octobre 1867 à King’s College

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