‹ L'amputation du membre supérieur dans la contiguité du troncChapitre 8 sur 62 · HAMILTON · texte numérisé non relu

HAMILTON

l’air. Du reste la tumeur n’avait pas de limites précises et elle se prolongeait en se perdant dans les tissus environnants. L’examen du produit pathologique, fait parle Dr Colles au Medical College Muséum , montra qu’il s’agissait d’un cancer alvéolaire à stroma fibreux.

L’auteur insiste sur l’origine congénitale de la tumeur : II pense qu’elle était dérivée des restes du tissu embryonnaire aux dépens duquel s’était formé le membre. Il discute ensuite l’opportunité de l’opération, et pense que, malgré son résultat fatal et les chances de mort qu’une entreprise semblable entraîne à cet âge, l’intervention est plus justifiée encore que chez l’adulte puisqu’il n’y a pas les mêmes raisons que chez ce dernier pour chercher à prolonger une existence absolument condamnée et que seul peut sauver l’acte opératoire. Enfin M’ Leod pense que dans l’extirpation de l’omoplate avec le bras il serait préférable de faire la ligature préalable de l’axillaire, afin d’éviter l’hémorragie, ou d’avoir recours, avant toute incision, à un artifice analogue à celui qui lui permit d’arrêter la perte de sang (ligature médiate par le passagehl’un fil sous le paquet vasculo-nerveux, au travers de la peau).

( Indian medical Gazette , septembre 1867. Cet article, que nous n’avons pu nous procurer, est analysé en détail dans Y Edinburgh medical Journal , 1869, vol. XV, lre partie, p.567.)

[Xe cas. — Hamilton. — Amputation of a?‘m und scapula for colloïd.

Le Dr Hamiton présente à la Société pathologique de New- York l’omoplate qu’il a enlevée avec le bras : voici l’observation de ce cas :

En septembre 1864, George Hanna subit, à quelques semaines d’intervalle, deux chocs très violents dans la région de l’omoplate droite : après le second accident, il

OBSERVATIONS

note dès le lendemain une tuméfaction du volume d’un œuf de poule au niveau du point contus. La tumeur continue à augmenter de volume jusqu’au 15 février 1805, époque à laquelle on l’enlève avec le bord antérieur de l’omoplate auquel elle adhère : la guérison est obtenue en vingt-huit jours, et l’état général reste aussi bon que par le passé.

En janvier 1868, après l’exposition à quelques intempéries la tumeur réapparaît ; le 1 2 février, on l’enlève de nouveau avec une petite portion de l’omoplate. Mais avant que la plaie ne fût guérie, survient un gonflement de la partie supérieure du bras dont l’ouverture donne issue à une grande quantité de matière gélatineuse ; en même temps la tumeur scapulaire recommence à se manifester. De septembre 1868 à juillet 1869, on la traita au moyen de sétons et de caustiques comme l’acide nitrique, le chlorure de zinc, l’acide phénique. En juillet 1869, l’on fît une tentative d’exérèse, mais l’hémorragie fut telle que l’on craignit de voir succomber le malade au cours de l’opération et qu’il fallut suspendre cette dernière sans avoir enlevé aucune portion de la tumeur. A partir de ce moment celleci ne cessa de s’accroître, elle s’étendit à la fois du côté du dos et vers le bras ; de temps en temps quelques points plus saillants s’ouvrirent et donnèrent écoulement soit à de la matière gélatineuse, quelquefois à un liquide séreux; vers les bords de la tumeur cet écoulement était assez semblable à du pus.

J’opérai, dit Hamilton, M. Hanna chez lui, à Barton (New-York), le 12 décembre 1870, avec l’aide des Drs Damainville, Johnson (de Waverley) et de quelques autres.

11 ne pouvait être question d’une simple résection de

PÀRISE.

l’omoplate ; il fallait enlever en même temps le membre supérieur, qui était tout envahi par le mal. Cette opération ne fut marquée par aucune difficulté exceptionnelle, et je fus surpris de voir combien la circulation artérielle était réglée à volonté par la pression exercée par le doigt sur la sous-clavière. On enleva d’abord une grosse masse du tissu morbide qui était située au niveau de la portion supérieure et postérieure du bras : puis, faisant remonter l’incision et la conduisant le long de la base de l’omoplate, il fut nécessaire d’enlever tous les téguments recouvrant cette base. Il fut aisé d’atteindre les parties sous-jacentes à l’omoplate ; un prolongement de la tumeur avait envahi le muscle sousscapulaire ; on l’isola et on l’enleva. L’énorme plaie du dos fut recouverte par un grand lambeau emprunté aux régions antérieure et interne du bras, jusque vers sa partie moyenne.

Hamilton a reçu récemment (février 1871) des nouvelles du malade : la plaie est fermée sauf en un point très limité; le patient se lève et sort. La tumeur était, de l’avis du présentateur, une tumeur colloïde.

[New York path. Soc., 22 février 1871; et New York medical Record, 1871-1872, t. VI, p. 141.)

Xe cas. — Parise. — Ostéosarcome de ï extrémité supérieure de r humérus et du scapulum ; ablation du bras , de l'omoplate et de la moitié externe de la clavicule.

Un homme de trente ans, ouvrier dans une filature, se présente en 1873 avec une tumeur deux fois grosse comme le poing, tumeur très dure occupant la saillie de l’épaule droite. Un examen attentif fait reconnaître que cette tumeur siège à la fois sur la tête humérale et sur la partie

OBSERVATIONS

avoisinante du scapulum, englobant en un mot toute l’articulation scapulo-humérale. Différentes raisons tirées de l’examen et de la marche de la tumeur nous font admettre l’existence d’un ostéosarcome. Je propose, dit Parise, l’ablation qui est acceptée.

Je pratiquai la ligature isolée de l’artère et de la veine sous-clavière droites. Cela fait j’enlevai le bras, l’omoplate, sauf une bande de 2 centimètres de largeur le long du bord postérieur de cet os, enfin la moitié externe de la clavicule.

La guérison survint sans accident et se maintint pendant dix-sept mois. L’opéré mourut dix-huit mois après l’opération, d’un cancer du poumon.

Cette observation m’avait été communiquée par le regretté professeur de Lille avec trois autres cas dont on trouvera plus loin la relation : elle a depuis lors été publiée dans la thèse de M. le Dr de Langenhagen ( Contribution à l’étude clinique des tumeurs du scapulum , Paris, 1883, p. 102).

XIe cas. — C. Macnamara.

Macnamara, chirurgien de Westminster hospital, prend occasion du fait suivant pour faire une leçon sur l’ostéo-sarcome :

Une jeune femme, mère de quatre enfants, âgée de vingtquatre ans, entre à l’hôpital pour une tumeur de l’épaule droite dont le premier début remonte à quatre ans environ. Cette tumeur, du volume d’une tête d’enfant à terme, s’est développée au niveau de l’omoplate et, remplissant l’aisselle, elle arrive jusqu’à l’extrémité externe de la clavicule. On ne peut sentir à sa surface les pulsations de l’artère axillaire et l’affaiblissement du pouls radial fait craindre que ce vaisseau ne soit compris dans la tumeur. Il n’y

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