INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS
A en croire certains auteurs enthousiastes comme Rehn, Liermann, la voie transvaginale serait, chez la femme, la voie normale pour l’extirpation du cancer rectal, quel que soit son siège. Mais, à notre avis, vouloir lui donner une telle extension est lui rendre un mauvais service et il ne faut pas, croyons-nous, demander à une méthode plus qu’elle ne peut donner. Chez la femme, on n’enlèvera pas plus tous . les cancers rectaux par le vagin qu’on ne le fera chez l’homme par la voie sacrée, la voie périnéale ou la voie coccygienne. C'est-à-dire qu’il y a une question d'indications tirées du siège du néoplasme.
La position élevée du cancer doit-elle contre-indiquer le passage à travers le vagin ? À priori nous pouvons répondre par la négative, car nous avons vu au manuel opératoire avec quelle facilité nous avions accès sur le rectum supérieur ou le côlon sigmoïde.
Pratiquement nous pouvons déclarer qu’il n’y a nul empêchement, car, en parcourant les observations, nous en trouvons un certain nombre qui mentionnent : cancer élevé, cancer très élevé, c'est-à-dire remontant jusqu'à 20 centimètres de l’anus.
L’abaissement par cette voie est même encore plus facile que par les autres méthodes, car, par la large brèche vaginale, la main évolue librement dans la concavité sacrée. Cette brèche, en effet, figure un large entonnoir dont les dimensions sont représentées par les limites mêmes du détroit inférieur. Gersuny, qui a pratiqué ces amputations très
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élevées, cite même un cas dans lequel il put atteindre avec la main « la ligne innominée gauche » sur une étendue d’au moins 43 centimètres et arriver, vers la droite, jusqu’au promontoire : l’incision para-sacrée seule peut lui être opposée. - La position élevée du cancer ne sera donc pas pour nous un obstacle à l’emploi de la voie que nous étudions. À plus forte raison, lui réservons-nous les cancers de l’ampoule.
Quant aux cancers du rectum inférieur et du canal anal, la question change. Quel est, en effet, le principal avantage de la voie transvaginale, sa raison d’être en quelque sorte ? C’est, bien évidemment, la conservation de l'appareil sphinctérien. Or, du moment où le cancer siège au niveau de cet appareil, sans même l’envahir, nous jugeons plus logique, plus facile même, de l’enlever par le chemin le plus court, par la voie périnéale plutôt que par la voie transvaginale
qui l’attaquerait d’arrière en avant. ;
= En résumé, pour nous, seraient justiciables de la voie vaginale tous les cancers du rectum dont la limite inférieure se trouvera au moins à 4 centimètres au-dessus de l’anus et dont la limite supérieure sera quelconque.
Y a-t-il des contre-indications spéciales ? Notre expérience personnelle est un peu courte à ce sujet ; mais, si nous nous en rapportons à la thèse de Rapp, il reconnaît avec Heydenreich deux contre-indications :
1° Le rétrécissement bi-ischiatique dans les bassins rétrécis ;
2 L'existence d’une affection génitale inflammatoire.