I. — Préparation de la malade
Il est peu d’opérations qui exigent plus de soins préparatoires que celle qui nous occupe, et, de l’avis de la majorité des chirurgiens, ils sont aussi importants que l'opération elle-même. Ce traitement préparatoire consiste dans le nettoyage et la désinfection du rectum ; désinfection un peu illusoire bien entendu lorsqu'il s’agit d'un pareil organe, mais désinfection relative et qui à sa valeur. On connaît en effet la septicité particulièrement intense du segment intestinal sus-cancéreux et il est bon d’essayer de l’atténuer afin que les sécrétions qui en découlent contaminent le moins possible les sutures.
Comment pratiquer cette désinfection? On est un peu désorienté actuellement lorsqu'on parcourt les différentes publications sur ce sujet, car deux tendances opposées s'élèvent l’une en face de l’autre : nous voulons parler des défenseurs et des adversaires de l'anus contre nature.
Les matières étant le véhicule de la septicité rectale et venant contaminer les sutures ou les plaies, il était tout naturel de songer à les détourner de leur cours par un anus contre nature. Ce principe fut formulé pour la première fois par Maurice Pollosson à la Société de Médecine de Lyon, le 5 mai 1884. Il fut adopté, dans la suite, par la grande majorité des chirurgiens du monde entier; mais actuellement et surtout sous l'influence de certains chirurgiens allemands
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(Kraske, Czerny, Kocher) la dérivation préalable des matières est fortement discutée.
Les reproches que lui font ses adversaires sont de divers ordres : opération inutile tout d’abord, car les chirurgiens cités plus haut qui l’ont employée au début, ont des résultats tout aussi bons depuis qu'ils ne l’emploient plus. Elle expose ensuite la malade à subir 3 opérations successives dont la dernière, la fermeture de l’anus, n’est pas dépourvue de dangers. D’autre part, il est indéniable que son établissement est la source de multiples avantages pour la malade, parmi lesquels il faut noter surtout la plus grande facilité de nettoyage du segment sus-cancéreux et le relèvement de l’état général lorsqu'il a été compromis par l'intoxication lente partie de ce niveau.
Les avantages sont-ils supérieurs aux on En réalité, il ne faut pas d’intransigeance et la réponse est surtout question d’indications. Ces indications elles-mêmes sont tirées de la forme clinique du cancer et aussi de la technique opératoire que l’on désire employer. Nous dirons même tout de suite, qu’à nos yeux, une des grandes supériorités de la voie transvaginale est la possibilité de se passer d’anus contre nature en raison du rejet de la plaie opératoire sur la partie latérale de l’anus. Elle n’est plus, comme dans les autres méthodes, exposée aux souillures des matières qui peuvent s’écouler d’un anus incontinent.
Cependant on n’hésitera pas à l’employer, même dans le cas d’une transvaginale, dans les deux circonstances suivantes qui sont d'ailleurs les indications FRS de son établissement :
1° Toutes les fois que la malade sera en état d'obstruction chronique ou d’occlusion;
2° Chez les sujets âgés, chez les sujets très amaigris, chez les cachectiques; en un mot, chez tous ceux dont l’état général laissera à désirer (Chalier).
Chaque fois qu’il sera possible, on substituera à l’anus iliaque en canon de fusil, qui le plus souvent est établi en
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vue d'une fonction définitive, une simple soupape de sécurité sur le cœcum, d’exécution rapide, et de fermeture relativement facile. C’est cette « cœcostomie » qui sera le plus souvent indiquée dans la voie transvaginale. Une opération encore plus simple pourrait-elle suffire? Nous voulons parler de l’appendicostomie, à en croire l’observation suivante que nous devons à l’obligeance du docteur Iselin.