ACCEPTÉES PAR LA RAISON
volonté , (>| < 1 1 T i Is attribuent à l’adion d une volonté étrangère. Dans le premier cas la transformation auditive de l’idée a pris le chemin de l’organe de l’ouïe, dans le second celui de l'organe de la \ « » i \ ou plus brièvement, dans le premier cas l’idée est devenue un son , dans h* second une parole. Mais c’est toujours une transformation de même ordre , dans laquelle le h (/os , le verbe, d’intérieur est de- \enu extérieur.
Pins ou étudie ces deux genres d'hallucinations auditives, celles de louie, celles de la parole, plus on voit qu’en raison de leur nature elles sont l'expression la plus réelle en meme temps que la transformation la plus appréciable des idées qui, avant dominé les hallucinés durant toute leur vie, forment l'essence même de leur caractère, ou de celles qu’ont pu provoquer accidentellement des circonstances fatales. On obtiendra , du reste , un résultat analogue de l’étude des autres espèces d’hallucinations , celles de la vue, du toucher et même du goût et de l’odorat ; je veux dire qu’on va ira s'établir les mêmes rapports entre ces fausses sensations et les pensées habituelles ou accidentelles des hallucinés. Ainsi, par exemple , les hallucinés du sens de la vue, dans leurs illusions et leurs hallucinations } croient voir des personnes dont la présence
imaginaire, dont les intentions supposées, dont les actes prétendus ne font <jue traduire des idées , le plus souvent de -nature triste, qui les ont occupés depuis un grand nombre d’années , ou qui se sont élevées tout récemment clans leur esprit par l’effet d’une cause violente. Ainsi, pour prendre un autre exemple bien fréquent et relatif à la fois aux fausses perceptions du toucher, du goût, de l’odorat, supposez que les attouchements, les chocs que croit subir l’halluciné, les saveurs qu’il croit percevoir, les odeurs qu’il croit sentir, soient pour lui le signe matériel de persécutions dirigées contre sa personne, d’attentats meme à sa vie; vous constaterez presque toujours que depuis plus ou moins longtemps il avait, à tort ou à raison , le soupçon , la crainte , l’idée enfin de ces persécutions, de ces attentats, idée qui est devenue ou qui a appelé la fausse sensation du toucher, du goût , de l’odorat.
Le cas où il est le plus facile, où il est presque toujours possible, de saisir fi' lieu nécessaire de l'hallucination à l’idée est celui où la fausse sensation constitue à proprement parler le seul (rouble de l’intelligence, où elle est alternativement le seui point de départ et le seul point d’arrivée des faux jugements de l’halluciné. Comme dans les hallucinations île l’état de raison, comme dans certains rêves très
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lucides, pomme diuis 1rs prc'uccuput ions du génie, (|uelques idées dominanles oui revêtu une forme sensitive, et le trouble de l’imagination s’est arrêté là , sans s’étendre, sans s’emhranrlier. (l’est dans ees faits d’iiallueinalions isolées , sans presque aucune influence sur les actes do la raison , qu'on j.eul suivre tous les anneaux de la double chaîne qui dans !«> va-et-vient des idées ramené ces dernières aux sensations après les en avoir amenées. On peut v voir combien les idées les plus réflexives ont encore de points de contact avec les idées purement sensibles, et par cela même avec les impressions et b s mouvements organiques qui en ont été l’occasion.
Il faut l’avouer néanmoins, il y a des hallucinations des divers sens qui semblent n’avoir aucune sorte de rapport à des pensées antérieures , soit anciennes, soit récentes , et qui pourraient sur ce point mettre en défaut toutes les tentatives. Mais cela se remarque principalement lorsque ces fausses perceptions remontent à de longues années , ou lorsqu’elles sont unies à une perturbation plus ou moins générale des autres facultés de l’intelligence. Or, c'e. t dans ces deux conditions qu’il est surtout diflicile de suivre toute la série des transformations ou «les substitutions qu’ont dû subir les idées, en
Hallucinations
lnti-riii's.
verti'i d’associations en partie cérébrales et automatiques, plus puissantes ici que dans l’état normal , associations qui représentent comme un réseau dont on ne voit bien qu’une maille, celle (pii maintenant se trahit par son mouvement, sans qu’on puisse distinguer les mailles qui le lui ont transmis, celle surtout qui a été soulevée la première par des événements de la vie raisonnable.
Pour donner une idée plus claire de l’hallucination , la caractériser dans sa forme la plus palpable et la plus commune , je l’ai considérée d’abord ei exclusivement dans ce qu’elle a de relatif aux sensations externes, et comme une conversion de l’idée en une ouplusieursde leurs espèces. Mais l'hallucination a les mêmes rapports avec les sens internes, ou , si l’on aime mieux, avec les centres nerveux intérieurs et les principaux organes auxquels ils donnent l'excitation qui les fait vivre, j /idée, à défaut d’une transformation directe et relative aux sens externes, peut aussi donner lieu ou s’appliquera une sensation intérieure, à une de ces émotions qui ont pour point de départ un des grands foyers de l’action végétative, (ie fait n’aura rien qui étonne si l’on réfléchit à tout ce que la \ie intelleApdle puise, dès ses premiers temps, d’éléments et d’occasions dans les impressions des viscères, en vertu de la liaison naturelle
ACCEPTÉES PAH LA RAISON. ()y
(|ui existe entre leurs centres nen eux et ceux du simitiment et de la pensée.
L’hnllunnation interne ou, pour ne pas changer de formule, la transformation des idées en sensations internes, peut avoir lieu de deux laçons, c’està-dire dans deux conditions physiologiques dont la différence en entraîne une dans la manière dont doit être conçu le phénomène.
Quelquefois sur de \ ives émotions morbides dues à une altération organique des appareils do la vie intérieure il se fait comme une juxtaposition d’idées presque déjà sensitives qui ne demandaient qu’à se lixer. Dans ce cas, la sensation fausse est plutôt une illusion qu’une hallucination. Sur une impression réelle s’applique , comme dans les illusions et même comme dans certaines hallucinations externes provoquées par l’état maladif du sens, une wtëe , une pensée, qui, par suite de quelque rapport avec celte impression , a été appelée par (die. Ainsi, à l’occasion d'une maladie des voies digestives et des sensations douloureuses qu’elle détermine , un halluciné croit aux phénomènes internes les plus extraordinaires, aux machinations les plus bizarres, opérées dans l’intérieur de son corps, à des empoisonnements sans exemple, à des mélanges volcaniques d’eau ('I de feu , à des décharges électriques, à des insufllat ions
C)8 HALLUCINATIONS
île gaz délétères, parcourant dans tous les sens les canaux les plus déliés de son organisation.
Dans d’autres circonstances , qui du reste sont de beaucoup les plus rares, on peut croire que l’imagination opère relativement aux centres nerveux viscéraux ce qu elle produit presque constamment à l’égard des sens externes, qu’elle y renvoie des idées, des images , des sensations , sans être provoquée à cela par leur état morbide ou par celui des organes soumis à leur intluence. Ainsi le bilieux ministre Jurieu , l’esprit fatigué par l’excès des controverses religieuses et par ses études sur l’Apocalypse, croyait que dans l’intérieur de son corps sept cavaliers apocalyptiques se livraient des combats à outrance, et il entendait le bruit de. leurs coups. Ainsi un jeune avocat que j’ai eu longtemps sous les yeux, et qui , à une époque récente, s’était beaucoup préoccupé des probabilités de la guerre, s’imaginait avoir dans le ventre des armées tout entières, mais des armées en miniature. 11 percevait le fracas de leurs batailles, il entendait les décharges de mousqueteric et d’artillerie; et pour être délivré de ce supplice, pour qu’on débarrassât ses entrailles des légions qui s’y entrechoquaient, il se serait prêté, disait-il , aux opérations les plus douloureuses.
je n’ai pas à m’occuper ici du rapport des halluci-