‹ L'amulette de Pascal pour servir à l'histoire des hallucinationsChapitre 27 sur 93 · PASCAL HOMME DU MONDE · texte numérisé non relu

PASCAL HOMME DU MONDE

l’entendement. Une vie trop active y produit et y suit tour à tour une trop grande activité de la pensée, et de là dans une union souvent inextricable les douleurs du corps et les peines de l’âme. Pour échapper à cette double torture, les mélancoliques livrés aux labeurs de l’esprit cherchent et finissent par trouver dans un redoublement de travail un allégement à leurs misères. Souffrir parce qu’ils pensent, penser parce qu’ils souffrent, c’est là pour eux toute la vie. Ce fut , hélas ! celle de Pascal.

lx‘ Bientôt, par l’excès même des travaux auxquels

Halte dans le 1 1

Pascal' hmninefdu s’adonnait sans relâche, ses souffrances augmen-

monde. tèreiit , l'affaiblissement de sa santé devint extrême;

on put croire sa vie compromise. Les mêmes médecins qui l’avaient si cruellement purgé lui ordonnèrent de laisser là entièrement toute sérieuse application d’esprit. Mais la nécessité parlait encore plus haut qu’eux. Pascal se résolut donc à abandonner scs grandes études, et, comme le disent sa sœur et sa nièce, à voir le monde et à s’y divertir. Ces divertissements , s’il faut les en croire , n’auraient rien eu que de fort honnête, et Pascal ne s’y serait jamais écarté des règles de la vertu la plus sévère, ni li\ré à aucun dérèglement. On aurait tort de ne pas tenir compte de ce pieux et touchant

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