LES PROVINCIALES. UEDOEBLEM. DE MALADIE
nemis. Mais Pascal , comme il l’a aussi déclaré, vérifia sur les textes mêmes, et sans en excepter aucun , tous les extraits des casuistes qui lui avaient été donnés par ses amis. Souvent même il étendit sa lecture à ce qui précédait ou suivait de plus ou moins près ces passages , a lin de ne point commettre d’erreur sur le vrai sens de chacun d’eux. Enfin, et pour prendre une idée complète de l’œuvre et du caractère d’un casuistc , et du plus célèbre de tous, il lut deux lois tout entier Escobar et ses sept volumes; et nue telle lecture, on en conviendra, était bien capable de fatiguer outre mesure une organisation beaucoup plus forte que celle de Pascal.
Mais ce qui , bien plus encore que ces nécessités matérielles de son travail , dut rendre funeste à sa santé la composition des Petites Lettres , c’est cette composition elle-même, son but et scs résultats. Pieux emploi de son génie , triomphe de ses convictions les plus profondes et les plus chères, acquittement de ses promesses à Dieu dans la nuit du ^3 novembre, enivrement même delà gloire, mais d’une gloire ici épurée par la sainteté des moyens, Pascal trouvait tout cela réuni dans cette œuvre d’éloquence et de salut. Les émotions que dut en ressentir un esprit tel que le sien furent sans nul doute très violentes, et elles étaient de nature à
MAI. DE DENTS. PIlOltl.ÈMES DE LA HOULETTE . I ~ 5
imprimer une dangereuse secousse à des nerls déjà bien ébranlés.
Aussi la publication îles Provinciales était a peine terminée , et Pascal n’avait peut-être pas encore fourni toute sa part à la composition des factum qui les suivirent , qu'il se lit dans sa santé une altération nouvelle et plus considérable, à la suite de laquelle les quatre années qui lui restaient à vivre ne furent, suivant les expressions de madame Périer, qu’une continuelle longueur (i).
Cet accroissement de ses infirmités commença, dit-elle, par un mal de dents qui lui ôta absolument Problèmes de là
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le sommeil (2). Que ce mal fût toute autre chose que I affection purement locale que désigne le nom qui lui est ici donné, que ce fut quelque affection nerveuse de la tète , un des symptômes variables de la plus invariable maladie, c’est là ce qu’il est très permis de croire d’après l’intensité des douleurs, et aussi d'après leur durée, qui fut environ de plusieurs semaines. Mais ce qu’il y eut de plus bizarre , et, qu’on me permette de le dire, le mot n’est pas déplacé ici, ce qu’il 5 eut de plus anomal dans ces nouvelles souffrances, c’est le résultat extraordinaire qu elles eurent pour l’avancement des sciences
(1) .Madame Périer, Vie de Pascal , pag. 30.
(2) Ibid. , pag. 36.