‹ L'amulette de Pascal pour servir à l'histoire des hallucinationsChapitre 46 sur 93 · OU LA GRACE · texte numérisé non relu

OU LA GRACE

de son frère, pour voir jusqu’à quel point Pascal, désirant attirer sur lui la miséricorde de Dieu et sa grâce, s’appliquait à s’en rendre digne par la conduite la plus austère. A dater surtout de l’époque de sa dernière conversion , l’exercice le jdus sévère de toutes les vertus chrétiennes ne lui paraît encore ni assez sévère ni assez méritoire. Dans un siècle de grandeur et de magnificence , entouré de tous les exemples du luxe et de la mollesse , il se soumet, autant qu’il est en lui, et que le lui permet le l liste état de sa santé, à toutes les macérations d’un anachorète. A mesure que l’accroissement de ses souffrances lui rend plus présente et plus continuelle l’idée de cette mort qui l’effraie parce qu’il la redoute pour son âme, on le voit mettre une exagération croissante dans les pratiques de sa vertu. Pour réprimer des passions désormais bien calmes, il couvre du fer d’un cilice un corps usé et presque mourant. Il ne permet pas à des sens fatigués par la maladie de préférer la saveur de quelques aliments agréables au mauvais goût d’une médecine jj. Il pousse la pureté des mœurs jusqu'à ne pas vouloir que madame Périer parle en passant de la beauté d’une femme, et môme jusqu’à la blâmer de répondre par ses caresses aux caresses doses enfants (2). Dans son amour exclu-

(1) Madame Périer, Y ie de Pascal, pag. 119, 40, 41.

(2) Ibid., pag. 4H.

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