‹ L'amulette de Pascal pour servir à l'histoire des hallucinationsChapitre 49 sur 93 · ET DANS LES VIIUACLES · texte numérisé non relu

ET DANS LES VIIUACLES

festalion théologique de son génie, il n’était en réalité question que du dogme de la grâce efficace et de sa défense contre la ligue de ses ennemis. A peine ces premières Provinciales étaient - elles publiées qu’eut lieu à Porl-Koval le miracle dit de la sainte Epine, la guérison subite d’une grave maladie de l’œil, effectuée par l’attouchement d’un éclat de la Couronne du Sauveur, en la personne de la nièce de Pascal, la petite Marguerite Périer. Pascal, qui avait été le sujet d'un bien autre miracle, et qui naguère , en réponse à quelques objections d’un libertin, avait appelé de tous ses vœux, était même allé jusqu’à prédire quelque semblable manifestation de Dieu, Pascal rie douta pas un instant du miracle opéré sur sa nièce (i), et sa croyance silice point peut passer tout à la fois pour une conséquence et une preuve de sa foi à la divinité de sa vision. Celte foi se manifeste encore dans ce passage d’une lettre qu’il écrivit a celte occasion à mademoiselle de Pvoannez : « Il me semble que vous prenez assez de part au miracle pour vous mander en particulier que la vérification en est achevée par l’Eglise, comme vous le verrez par cette sentence de M. le grand-vicaire. Il y a si peu de personnes à

1) Note XVll

a oo

DE J'OISI-liUV AL.

(jui Dieu sc lasse paraître (i partes coups extraordinaires, qu’on doit bien profiler de ces occasions , puisqu’il ne sort du secret de la nature qui le couvre que pour excite r notre foi à le senir avec d’autant plus d’ardeur que nous le connaissons avec plus de certitude. Si Dieu se découvrait aux hommes continuellement , il n’\ aurait point de mérite à le croire ; et s’il ne se découvrait jamais, il y aurait peu de foi. Mais il se cache ordinairement et se décoince rarement à ceux qu’il veut engager dans son service (oA »

Pascal croyait donc, cela est clair, que Dieu peut maintenant encore se faire paraître , se montrer aux hommes par des coups extraordinaires , dans les—

(1) Au lieu de paraître le iîecueil d’U tiédit a mis connaître, et M. Cousin dit (a) que cette expression atténué te style de Pascal. Elle fait plus, elle atténue sa pensée ou plutôt elle la dénature. Paraître était ici nécessaire, et Pascal ne pouvait manquer d’employer ce mot. Dieu ne s’était pas seulement fait connaître; il était apparu.

(!2) Pensées , etc. , édit, de M. Faugère, t. I. pag. 37, 38. Le Hecueil d’Utreclit , pag. 30‘2, 303, au lieu de ces coups extraordinaires, dit des coups extraordinaires. La leçon authentique est, comme on le voit, bien meilleure. Pascal, ici comme partout , dit tout ce qu'il voulait dire : ces coups extraordinaires , c’est-à-dire des coups semblables au miracle même qui venait d’avoir lieu à Port Loyal, et dont il est question dans la phrase précédente.

a) Oun uye cité, pag. 338.

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