I.ES AMIS MONDAINS DE PASCAL
ment parce qu’il la connaissait fort bien , et qu’il appelle tout crûment une brute qui avait renoncé à sa raison (i). Je veux parler de Desbarreaux. Non moins fameux alors par son omelette qu’il le fut plus tard par son sonnet , Desbarreaux était, en effet, un digne compagnon de Méré et de Miton. Il se montrait fort tiède observateur de certaines prescriptions de l’Église, et, au dire de Tallemant des Réaux, qui était aussi d’un naturel assez peu canonique , c’est avec Miton et quelques autres bons convives qu’une année il s’en alla à Saint-Cloud faire carnaval pendant la semaine sainte (2).
C’est cette société fort mêlée que Pascal vit pendant quelques années. Dire qu’elle fut alors sa société principale, et qu’il prit part à tous ses plaisirs, ce serait à coup sûr le calomnier. De telles relations ne pouvaient que distraire un esprit et un cœur comme le sien. Mais prétendre qu'il ne s’j engagea
(1) « Les uns ont voulu renoncer aux passions et devenir dieux (a) ; les autres ont voulu renoncer à la raison et devenir bête brute: -- Desbarreaux. » ( Pensées , etc., édit, de M. Faugère , t. U , pag. 91. )
(2) Les Historiettes de Tallcmanl îles Réaii.c , édit. U011-
ïnerqué , t. III , pag. 1 3Z|.
(a) Pascal répond ainsi à l’avance aux écrivains qui ont voulu faire de lui un homme sans passions.