‹ L'amulette de Pascal pour servir à l'histoire des hallucinationsChapitre 80 sur 93 · I. A VISION · texte numérisé non relu

I. A VISION

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une maison de correction et un hôpital de Tous. I n des hôtes de cette maison était l'abbé Cassague, à (jui un vers de Jioileau avait fait tourner la cervelle (i).

JM. dehrienne, pendant le séjour qu’il lit à Saint- Lazare , composa , entre autres écrits, un poème burlesque sur les fous de cet hospice. Mais Pou- \ rage qui l'occupa presque exclusivement est une prétendue histoire du jansénisme, dont Cassague revit les trois jiremières parties, et qui doit être digne à la lois et de cette collaboration et de iYxlravagance de son titre : Le Roman véritable , ou l’ Histoire secrète du Jansénisme : dialogues de la composition de M . de Mélonie Loménie ) , sire de j\ ébrine (lîrienne), baron de Menleresse et autres lieux, bachelier en théologie dans l'Université Mayence , agrégé-docteur en médecine dans celle de ’ Padoue , et licencié en droit-canon de la Fa -

(1) Jacques Cassague, toui à la fuis prêtre, littérateur et même académicien, avait prêché avec quelque succès à la \ ille. il était sur le point de piêclier à la cour quand parut la mc satire de Despréaux, celle où le bilieux convive dit qu’il

Ne compte rien, ni le vin, ni la chère, si l’on n’est plus à l’aise assis en un festin Qu’aux sermons de Cassagne ou de l’abbé Colin.

Le pauvre Cassague, abasourdi de l'hémistiche, n’osa pas monter dans la chaire du Louvre, et il fallut à quelque temps de là lui donner une place à Saint- Lazare.

^94 LA VISION. - l’aube DF, BKIE.NNE.

culte de Salamanque , maintenant abbé de Saint- Léger, habitué à Saint- Lazare depuis 1 1 ans , en 1 685 . Cet ouvrage, <jui n’a pas été imprimé et donlje n’ai pu trouver le manuscrit nulle part , m’eut fourni, je n’en doute pas, les moyens de démontrer sans réplique le dérangement d’esprit de son auteur. Ce dérangement , du reste , a été véritablement avoué par M. de Brienne lui-mème. Il raconte que dès son enfance ses étourderies et ses témérités l’avaient fait surnommer la folie, et que ce sobriquet, qui lui resta, présageait d’une manière fâcheuse ce qui devait lui arriver plus tard. Il ajoute qu’à l’Oratoire même sa tète s’ échauffa h force de jeunes, de veilles, de pénitences, qu’enlin elle se cassa, ce sont ses expressions, et qu’il devint tout-à-fait inhabile à toutes sortes d’exercices réguliers, et fort à charge à lui-même et aux autres. Aussi aucun des écrivains qui ont eu à s’occuper de M. de Brienne n’a-t-il lait difficulté de le traiter comme il se traitait lui-mème. Saint-Simon , suivant ses habitudes de franchise brutale, parle sans se gêner de la folie du pauvre confrère de l’Oratoire (i), et tout récemment INI. Cousin ne s’est pas fait scrupule de dire qu’il était à moitié fou (-2).

(1) Mémoires, édit, de 18â2, t. III, pag. 160, 161.

(2) Des Pensées de Pascal, rapport à V Académie française, etc.... pag. 85.

LA VISION

C’est pourtant cet extravagant personnage qu’on vit prendre , à la première édition des Pensées, une part au moins fort active. Cette édition eut lieu de 1 6f>8 à i G~o par les soins d Vrnauld , de Nicole , du duc de Eoannez, de Dubois de Lacour et d’Etienne Périer. AI. de llrienne était alors à l’Oratoire, et c’est à l’occasion de cette publication qu’il écrivit, parmi plusieurs lettres à madame Périer, celle dont j’ai donné un extrait. D’après ce que je viens de dire du désordre de sa vie et de l’état de sa raison , on ni' s’étonnera pas qu’il y manifeste une foi si robuste aux histoires de sorciers et d’apparitions, et qu’il les regarde, lorsqu’elles sont véritables, comme une grande preuve de la vérité de la religion. On ne s’étonnera pas davantage que ce soit à propos de ces histoires qu’il ait demandé une copie de l’amulette.

.le reviens à la vision dont cette pièce est si évidemment le signe.

Le premier témoignage imprimé sur cette particularité de la vie de Pascal est postérieur de près de quatre-vingts ans à sa mort. C’est celui que contient le Recueil d’Utrecht dans le mémoire sur ce grand homme et sa famille , et ce témoignage est irréfragable. Il résulte , je le répète a dessein, du dépouillement des manuscrits originaux relatifs à

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