RÊVES DU SOMNAMBULISME
mémoire retrace au somnambule , dans toute leur force et leur enchaînement, ses préoccupations, scs affections, ses idées, l’imagination lui représente avec une clarté non moins vive les objets avec lesquels il est le plus familier, dans des rapports qui lui sont parfaitement connus, et qu’il a pu vérifier avant son sommeil. C’est ce qui explique, mais n’explique qu’en partie, la précision et le succès des mouvements qu’il exécute pour se mettre en relation avec ces objets, les rechercher , les saisir, souvent aussi les éviter.
Il ne faut pas croire, en effet , que chez le somnambule l’exercice de la sensibilité ne donne lieu qu’à des perceptions fausses, et que ses sens restent hermétiquement fermés à toute action du monde extérieur. Cela n’a pas plus lieu complètement chez lui que chez le songeur ordinaire 1).
Que les yeux restent à demi voilés par les paupières, ou bien que largement découverts ils aient ce regard fixe et profond qui semble plutôt se ré-
(1) « Les sens <i demi endormis, dit Walter Scott, conservent assez d'intelligence pour faire sentir au somnambule où il est, mais trop peu pour le mettre en étal de bien juger les objets qui sont devant lui. » ( Histoire de ta demoiwlogie et de la sorcellerie , pag. 12 du t. XXXH des OEuvres complètes. édition Furne, Paris, 1832. }