Tome IL H
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Nous avons éprouvé combien la souveraineté absolue étoit opposée aux véritables intérêts d’une nation. L’art de lever des tributs rafinés , toutes les forces de ce terrible cabestan progressivement multipliées , les lois embrouillées , opposées l’une à l’autre , la chicane dévorant les possessions particulières , les villes remplies de tyrans privilégiés , la vénalité des offices , des ministres et des intendans , traitant les différentes parties du royaume comme des pays de conquête -, une subtile dureté de cœur qui raisonnoit l’inhumanité , des officiers royaux qui ne répondoient de rien au peuple , et qui insultoient plutôt qu’ils ne déféroient à ses plaintes : tel étoit l’effet de ce despotisme vigilant , qui rassembloit toutes les lumières pour en abuser, à - peu - près comme ces verres ardens , qui ne s’échauffent que pour embraser. On parcouroit la France , ce beau royaume que la nature avoit favorisé de ses regards propices ; et qu’y voyoit-
reux ou misérable, si tu peux encore choisir : crains la tyrannie, déteste l’esclavage, arme ton bras, meurs ou vis libre.
quatre cent quarante. 1 15 on P Des cantons désolés par les maltôtiers , les villes devenues bourgs , les bourgs villages , les villages hameaux , leurs habitans hâves , défigurés $ des mendians, enfin, au lieu d’habitans. On connoissoit tous ces maux : on f uyoit des principes évidens pour embrasser le système de la cupidité ( z ) , et les ombres qu’elle faisoit naître autorisoient la déprédation générale.
Le croiriez - vous ? La révolution s’est opérée sans efforts, et par l’héroïsme d’un grand homme. Un roi philosophe, digne du trône puisqu’il le dédaignoit , plus jaloux du bonheur des hommes que de ce fantôme du pouvoir , redoutant la postérité et se redoutant lui-même , offrit de remettre les Etats en possession de leurs anciennes prérogatives : il sentit qu’un royaume étendu avoit besoin de la réunion
(z) Un intendant voulant donner à la * * * * qui passoit à Soissons , une image de l’abondance qui régnoit en France , fit arracher les arbres fruitiers d’alentour, et les fit planter dans les rues de la ville qu’on dépava : les arbres étoient entrelacés de guirlandes de papier doré. Cet intendant étoit , sans le savoir > un très-grand peintre.
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des différentes provinces pour être gonverné sagement. Comme dans le corps humain , outre la circulation générale , chaque partie a sa circulation particulière , ainsi chaque province , en obéissant aux lois générales , modifie ses lois particulières d’après son sol , sa position , son commerce , ses intérêts respectifs. Par-là tout vit , tout fleurit. Les provinces ne sont plus pour servir la cour , et pour orner la capitale (Æ). Un ordre aveugle , émané du
(Æ) L’erreur et l’ignorance sont la source de tous les maux qui accablent l’humanité. L’homme n’est méchant que parce qu’il se trompe sur ses véritables intérêts. Cependant on peut errer en physique spéculative , en astronomie, en mathématiques, sans un inconvénient bien réel : mais la politique ne souffre pas la moindre erreur. Il est des vices d’administration plus désolans que les fléaux physiques. Une faute en ce genre dépeuple et appauvrit un royaume. Si la spéculation la plus sévère , la plus approfondie, est absolument nécessaire , c’est dans ces cas publics et problématiques où des raisons d’une force égale tiennent l’esprit comme en équilibre. Rien de plus dangereux alors que la routine; elle produit des malheurs in< oncf-vables , et l’Etat n’estéclairé qu’au mo- ' inent de sa ruine. On ne sauroit donc trop multiplier
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trône , ne vient point porter le trouble dans les lieux où l’œil du souverain n’a 'jamais pu pénétrer. Chaque province se trouve dépositaire de sa sûreté et de son bonheur : son principe de vie n’est pas éloigné d’elle; il est dans son propre sein, toujours prêt à féconder l’ensemble , à remédier aux maux qui pourroient arriver. Le secours présent est remis à des mains intéressées qui ne pallieront point la cure, ou qui même ne se réjouiront pas des coups qui peuvent affoiblir la patrie.
les lumières sur l’art compliqué du gouvernement , parce que le moindre écart est une ligne qui s’allonge en fuyant, et cause une erreur immense. Les lois n’ont été jusqu’ici que des palliatifs qu’on a é igés en remèdes généraux; elles sont (comme on l’a fort bien dit) nées du besoin, et non de la philosophie : c’est à cette dernière à corriger ce qu’elles ont de défectueux. Mais quel courage , quel zèle, quel amour de l’humanité faudra- 1- il à celui qui de ce chaos informe fera sortir un édifice régulier? Mais aussi quel génie deviendra plus cher au genre humain ! Qu’il songe que c’est l’objet le plus important , qu’il intéresse particulièrement le bonheur de l’homme , et que par une suite nécessaire il doit influer sur ses vertus !
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La souveraineté absolue fut donc abolie. Le chef conserva le no ai de roi $ mais il n’entreprit pas follement de porter tout le fardeau qui accabloit ses ancêtres. Les états assemblés du royaume eurent seuls la puissance législatrice. L’administration des affaires , tant politiques que civiles , est confiée au sénat ; et le monarque armé du glaive veille à l’exécution des lois. Il propose tous les établissemens utiles. Le sénat est responsable au roi, et le roi et le sénat sont responsables aux états qui s’assemblent tous les deux ans. Tout s’y décide à la pluralité des voix. Lois nouvelles, charges vacantes , griefs à redresser , voilà ce qui est de son ressort. Les cas particuliers ou imprévus sont abandonnés à la sagesse du monarque.
Il est heureux ( l ) , et son trône est
( l ) M. d’Alembert a dit qu’un roi qui faisoit son devoir , étoit le plus misérable de tous les hommes , et que celui qui ne le faisoit pas , étoit le plus à plaindre. Pourquoi le roi qui fait son devoir , seroit-il le plus misérable de tous les hommes ? Seroit - ce à cause de la multiplicité de ses travaux ? Mais un travail heureux est une vraie
quatre cent quarante. 119 affermi -sur une base d’autant plus solide , que la liberté de la nation garantit sa couronne (tfz). Des âmes qui n’auroient été que communes , doivent leurs vertus à ce ressort éternel des grandes choses. Le citoyen n’est point séparé de l’Etat ; il fait corps avec lui (/z) : aussi faut il voir avec
jouissance. Comptera t-il pour rien cette satisfaction intime qui naît de l’idée d’avoir fait le bonheur des hommes ? Croira-t-il que la vertu ne porte pas avec elle sa récompense? Universellement aimé, et seulement haï des méchans , pourquoi son cœur demeureroit-il fermé aux plaisirs? Qui n’a pas éprouvé le contentement d’avoir accompli le bien ? Le roi qui ne remplit pas ses devoirs , est le plus à plaindre. Rien de plus juste , si toutefois il est sensible aux remords et à l’opprobre : s’il ne l’est pas , il est encore plus à plaindre. Rien de mieux vu que cette dernière proposition.
( m ) Il est bon à tout Etat , fût-il républicain , d’avoir un chef , en limitant toutefois son pouvoir.
C’est un simulacre qui en impose à l’ambitieux, qui étouffe tout projet dans son cœur. Alors la royauté est comme cet épouventail qu’on place dans un jardin , il écarte les moineaux qui viendroient pour manger le grain.
( n ) Ceux qui ont dit que dans les monarchies
quel zèle il se porte à tout ce qui peut intéresser sa splendeur.
Chaque arrêt émané du sénat est motivé, et le sénat explique en peu de mots ses motifs et son intention. Nous ne concevons pas comment dans votre siècle ( soi-disant éclairé), vos magistrats osoient, dans leur morgue orgueilleuse , vous proposer des arrêts dogmatiques , semblables aux décrets des théologiens , comme si la loi n^étoit pas la raison publique , comme s’il ne falloit pas que le peuple fût instruit pour se porter plus rapidement à l’obéissance. Ces messieurs à triple mortier, qui se disoient les pères de la patrie, ignoroient donc le grand art de la persuasion , cet art qui agit sans efforts et si puissamment 5 ou plutôt n’ayant ni point de vue fixe , ni marche assurée , tour-à-tour
les rois sont dépositaires des volontés de la nation , ont dit une absurdité. Est-il en effet rien de plus ridicule, que des êtres intelligens comme les hommes, disant à un ou à plusieurs : veuillez pour nous . Les peuples ont toujours dit aux monarques : agissez pour nous , d’après nos volontés clairement con-
nues.
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brouillons, séditieux, esclaves rampans, ils encensoient et fatiguoient le trône, tantôt se cabrant pour des minuties , tantôt vendant le peuple à beaux deniers comptans.
Vous pensez bien que nous avons réformé ces magistrats, accoutumés de jeunesse à toute l’insensibilité nécessaire pour disposer froidement de la vie, des biens et de l’honneur des citoyens ; hardis pour la défense de leurs minces privilèges , lâches dès qu’il s’agissoit de Pintérêt public ( o ) : On s’épargnoit dans les derniers temps jus-
( o ) Le duc de Sully disoit , que si la sagesse descendoit sur la terre , elle aimeroit mieux se loger dans une seule tête , que dans celle d’une compagnie.
C’est d’après cette idée que Montesquieu a dit : Quand les têtes humaines s* assemblent , elles s’étrécissent.
Le résultat d’une assemblée est souvent , que chacun a déféré à un motif qu’il n’auroit point eu, s’il eût été seul. L’opinion générale contredit l’opinion particulière que chacun avoit^etla résolution mentale étoit plus sage et mieux fondée que la résolution de tous.
qu’à la peine de les corrompre ; ils étoîent tombés dans une indolence perpétuelle.
Nos magistrats sont bien dilférens : le nom de pères du peuple dont nous les honorons , est un titre qu’ils méritent dans toute l’étendue du terme.
Aujourd’hui les rênes du gouvernement sont confiées à des mains fermes et sages qui suivent un plan. Les lois régnent , et aucun homme n’est au-dessus d’elles; ce qui étoit un inconvénient affreux dans vos gouvernemens gothiques ( p ). Le bonheur
( p ) C’est à la partie qui enseigne et qui stipule clinque jour d’une manière si touchante pour la plaintive humanité , que nous devons les sentimens de tolérance universellement répandus. L’homme d’Etat ne sauroit trop se remplir de ces idées douces et humaines ; elles sont favorables aux lois même , en ce qu’elles donnent à la justice un air non moins auguste et plus fait pour inspirer l’amour , le respect et la confiance.
Et si entraîné par un sentiment que je ne puis ici dompter , il me faut plaider en présence des hommes en place la cause des infortunés , sur lesquels s’appésantit ordinairement toute la rigueur des lois , peut-être, l’oserai je dire, ne se trouve-t-il un si grand nombre de coupables , que parce qu’il y a une
général de la patrie est fondé sur la sûreté de chaque sujet en particulier : il ne craint
foule de malheureux qui ont été dépouillés de leur existence par l’action même des lois de la propriété exclusive.
L’excessive inégalité des fortunes , le fardeau de la misère qui devient plus pesant chaque jour pour celui qui le porte , les malheurs publics qui retombent tou-*» jours sur la partie indigente , tout a pu précipiter quelques infortunés dans le désespoir et dans le crime. Arrivent les lois pénales , entourées de bourreaux ; mais , malgré le glaive qui frappe, les mêmes délits recommencent , parce que la source n’en a pas été fermée. Ainsi l’on voit de ces plaies hideuses , qui versent toujours un sang corrompu , parce qu’on n’a point su attaquer la masse infectée.
Que l’homme d’Etat adopte donc sans crainte cette philosophie généreuse qui adoucit à propos la rigueur de la loi , et qui fait respecter tout être sensible , parce que la manière dont doit agir sur lui la douleur , est une chose absolument inconnue et que la loi elle-même n’a pu calculer.
La justice adoucissant son front sévère , applaudira elle-même à sa sensibilité; car elle veut punir et non déchirer , donner un exemple nécessaire , et non compter les gémissemens plaintifs de la victime : c’est assez qu’elle expire ; le législateur ne devroit pas aller plus loin. Au moment que le crime s’expie,
point les hommes, mais les lois; et le souverain lui-même les aperçoit au-dessus de
l’humanité en pleurs semble restituer à l’infortuné sa place au milieu de ses fières.
Mais après avoir livré son cœur aux douces émotions de la pitié, que l’homme en place, s’il connoît ses véritables devoirs , les devoirs du courage généreux, sache frapper les grands coupables; qu’il corçoive une indignation plus profonde contre les auteurs de ces grandes calamités qui affligent des provinces ; qu’il arrête ceux que les lois peuvent si rarement atteindre , c’est le moment de les dénoncer à la patrie , d’appeler la vengeance publique sur leur tête , de conduire aux pieds des tribunaux les ennemis de l’ordre et de leurs concitoyens.
Que leurs richesses coupables , repoussées comme des vols sacrilèges , ne les sauvent point du châtiment qu’ils méritent : qu’un courroux magnanime tombe sur leurs forfaits : et fasse triompher l’intérêt
La patrie applaudira à cette force courageuse qui ne reculera pas devant le criminel puissant ou protégé , et qui lui faisant sentir le frein des lois qu’il a si long temps méconnues, par ce grand et unique exemple , fera plus d’effet que tous ces châtimens renouvelés qui frappent la multitude obscure. La patrie montrera dans un jour éclatant une vérité importante et féconde , une vérité nécessaire à l’ordre
sa tête ( q ). Sa vigilance rend les sénateurs plus attentifs à leur charge et à leur devoir;
des choses , que la loi est égale quand on l’implore 9 et qu’elle atteint l’homme le plus superbe , qui osoit croire à l’impunité des crimes qui n’offensent que le peuple.
Si l’intérêt général est la base de toute justice 9 l’objet le plus sacré est donc le maintien assidu des lois qui établissent l’ordre et l’harmonie. Leur porter atteinte , c’est offenser chaque membre du corps politique 5 c’est préparer ses infortunes et ses revers. La société qui nous a protégés dès notre enfance 9 qui nous a faits ce que nous sommes , sans laquelle nous n’existerions pas , doit avoir ses droits avant nos obligations personnelles qui ne regardent que nous 9 foibles et petits , portion qui doit disparoître au milieu du grand tout.
( q) Tout gouvernement où un seul homme est au-dessus de la loi et peut la violer impunément, est un gouvernement malheureux et inique. En vain un homme de génie a-t-il employé tous ses talens pour nous faire goûter les principes des gouvernemens asiatiques 5 ils sont trop outrageans à la nature humaine. Voyez ce superbe vaisseau qui maîtrise les élémens 5 il ne faut qu’une fente imperceptible pour y faire entrer l’onde amère et causer sa destruction. Ainsi un seul homme au-dessus des lois fera entrer dans le corps politique toutes les injustices , les iniquités.
sa confiance en eux soulage leurs peines , et son autorité donne la force et la vigueur nécessaires à leurs décisions. Ainsi le sceptre, dont la pesanteur opprimoit vos rois, est léger dans les mains de notre monarque. Ce n’est plus une victime pompeusement parée , incessamment sacrifiée aux besoins de l’Etat : il ne porte que le fardeau que lui permet la force limitée qu’il a reçue de la nature.
Nous possédons un prince craignant
qui par un effet inévitable hâteront sa ruine. Qu’importe de périr par plusieurs ou par un seul ? Le malheur est égal. Qu’importe que la tyrannie ait cent bras , si un seul se porte d’un bout de l’empire à l’autre , s’il pèse sur tous les individus , s’il se régénère à l’instant même où il est coupé? D’ailleurs, ce n’est pas le despotisme qui effraie , qui épouvante ; c’est sa propagation. Les visirs , les pachas , etc. imitent le maître , ils égorgent en attendant qu’ils soient égorgés. Dans les gouvernemens d’Europe , la réaction simultanée de tous les corps, leurs chocs entretiennent des inomens d’équilibre pendant lesquels le peuple respire : les limites de leur pouvoir respectif, perpétuellement dérangées , tiennent lieu de liberté , et le fantôme console au moins de ne pouvoir atteindre à la réalité.
quatre cent quarante. 127 Dieu, pieux et juste , qui porte dans son cœur l’Eternel et la patrie, qui redoute la vengeance divine et le blâme de la postérité, et qui regarde une bonne conscience et une gloire sans tache comme le plus haut de^ré de félicité. Ce sont moins dë grands talens du côté de l’esprit, des connoissances étendues, qui font le bien, que le désir sincère d’un cœur droit qui le chérit et qui aime à l’accomplir. Souvent le génie vanté d’un monarque , loin d’avancer le bonheur du royaume , se tourne contre la liberté du pays.
Nous avons concilié ce qui paroissoit presque impraticable à accorder , le bien de l’Etat avec le bien des particuliers (r).
( t ) Les hommes avoient trouvé sans les économistes que les trois pivots du gouvernement sont la propriété 9 la sûreté , la liberté. Ils ont su féconder la terre par le travail , et la reconnoitre pour la première source des richesses. Ils savoient très -bien que l’industrie donne les formes , mais n’ajoute rien , ne produit rien ; mais quel bien de la teiae ne demande pas à être travaillé ? On avoit senti avant les économistes , on savoit que l’impôt devoit être établi sur les propriétaires : on connoissoit les avances de la
On prétendent meme que le bonheur public d'un Etat étoit nécessairement distinctif du
culture ; chacun demandent à être libre 5 mais comment accorder une liberté partielle , au milieu de tant de prohibitions , de taxes , de privilèges exclusifs , d’arbitraires? La science économique ne nous a donc rien appris. Ce n’étoit pas la peine d’envelopper des idées aussi simples dans une mystérieuse obscurité , d’adopter un langage barbare , de prendre un style enthousiaste , d’affecter le ton des oracles qui sortoient jadis de l’antre de Trophonius.
Que signifioient ces énigipes multipliées ? et si ce fantôme de V évidence devoit être le despote universel, comment l’ évidence n’a-t-elle pas subjugué l’univers? Comment les sectateurs de la science n’ont-ils pas été des pontifes de la vérité ? qui auroit pu résister à son pouvoir ? Le fameux tableau économique devoit renverser toutes les objections.
Je le demande ; pourquoi ce tableau économique n’a-t il pas été entendu ? pourquoi ne s’est-on pas servi d’expressions claires ?
Qui compte sans son hâte , compte deux fois ; on peut appliquer ce proverbe à la foi mule arithmétique du tableau économique. Il faut que Vévidence soumette, toutes les lois politiques ; il faut que V évidence réforme les mécomptes 5 il faut que le despotisme légal change tout-à-coup une administration viciée 5 mais cette belle spéculation ne dérange pas
bonheur
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bonheur de quelques-uns de ses membres.
Nous n'avons point épousé cette politique
les faits , et ce calcul rigoureux n’en éloigne pas les erreur
Ce système n’est qu’un syllogisme perpétuel d’où découlent de mauvais raisonnemens , parce qu’on a voulu appliquer ce syllogisme à tout.
Les économistes ont paru vouloir éloigner l’ordre moral qui est la base de l’ordre physique, comme si celui-ci pouvoit exister sans l’autre 5 comme s’il n’appartenoit pas essentiellement à l’ordre moral de régler le cœur de l’homme , et de purifier les vertus jusque dans leur source.
Ils ont crié , liberté , qui est un excellent principe ; mais ils l’ont appliqué fort mal 5 mais jeter une liberté particulière dans le désordre où sont les gouvernemens, c’étoit donner des armes à l’inégalité. Cette liberté illimitée, indéfinie, étoit l’extravagance. Si les correspondances avoient été établies par terre? et par eau , si la culture avoit été établie à son point de perfection , alors la liberté eut été raisonnable j mais sans avoir daigné examiner si tel pays produisoit chaque année assez de bled pour nourrir ses habitans , les économistes ont crié : défaites -vous de vos subsistances • troquez-les pour avoir de l’argent. Le numéraire de nos voisins a pompé tout- à-coup les alimens de première nécessité : le vide a été prompt , et le remplacement lent.
La science économique, fauta d’avoir tenu un saga