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pas un sou en propriété (i). Ils ne peuvent ni vendre, ni acheter, ni construire. Nourris , entretenus , logés , divertis , tous les ordres de l’Etat concourent unanimement à les traiter gratis. Ils entrent chez un marchand de drap , prennent des étoffes et s’en vont. Le marchand met sur son livre : Livré un tel jour au dépositaire des revenus de V Etat , tant. . . L’Etat paye. Il en est ainsi de toutes les autres professions. Vous sentez bien que, pour peu que le contrôleur des finances ait quelque pudeur , il use modérément de ce droit , et quand il en abuseroit , vu la dépense que ces messieurs vous coûtoient , nous y gagnerions encore. On a supprimé les regis-
(î) Les vices intérieurs qui préparent la ruine de l’Etat, sont, cette énorme dissipation des deniers publics , ces dons immodérés versés sur des sujets sans mérite , ces prodigalités fastueuses , méconnues des usurpateurs les plus effrénés. On peut observer dans l’histoire, que les plus subtils tyrans ont précisément été les plus prodigues. J’ai lu quelque part qu’Auguste, maître du monde, avoit quarante légions armées, et les entretenoit pour 12 millions par an. Voilà assurément de quoi réfléchir.
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très , qui ne servoient qu’à voiler les vols faits à la nation , et à les consacrer d’une manière pour ainsi dire légitime.
— Et quel est votre premier ministre?
— Pouvez - vous le demander? Le roi luimême. Est-ce que la royauté se communique (/c)? Le guerrier, le juge, le négociant n’ont donc qu’à agir par leurs représentai. En cas de maladie ou de voyage , ou dans quelques opérations particulières , si le monarque charge quelqu’un de l’accomplissement de ses ordres , ce ne peut être que son ami ( /). Il n’y a que ce sentiment
( k ) L’histoire générale des guerres pourroit être intitulée : Histoire des passiojis particulières des ministres . Tel , par ses négociations insidieuses , soulève un empire éloigné et tranquille, qui n’agit que pour venger un amour-propre légèrement offensé.
( l ) Les rois ont tojours de la répugnance à faire un premier ministre 5 mais , quand la nature forme un de ces rares mortels , nés pour commander , il prend sa place auprès du trône , et Richelieu devient le surintendant de la royauté.
La France dut sa grandeur à cet homme de génie J et depuis il a manqué peut - être à la France une tête de cette force et de cette étendue.
Il n’y a rien peut-être de plus dangereux que ces
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qui puisse obliger un homme à se charger volontairement d’un tel fardeau ; et notre
départemens indépendans -les uns des autres, qui forment autant de souverainetés séparées. Cette administration particulière a son despotisme propre, d’autant plus dangereux, qu’il est sourd , voilé et opiniâtre.
Ces autorités partielles troublent plus ou moins le gouvernement général, et l’on sent qu’on a besoin d’une main puissante qui se charge de l’admi* nistration , et qui réunisse , pour ainsi dire j toutes les pièces du gouvernement sous un premier ressort) un ressort unique.
La multiplicité des affaires , dira-t-on , nuit à ce principe moteur 5 mais l’homme d’Etat sait simplifier les choses que l’esprit vulgaire embrouille. Avec de l’ordre on triple la valeur du temps , et un coup-* d’œil supérieur dénoue les affaires , c’est à- dire les termine. Les grands hommes ne commencent jamais une chose qu’ils n’en aient fini une autre.
On demandoit à un homme de lettres : comment avez-vous fait tant d’ouvrages ? c’est que je sais tirer la barre , répondit-il. Qui ne sait pas finir un ouvrage avant d’en entreprendre un autre, vécût-il mille ans , ne fera rien de grand.
En élevant ses idées à une certaine hauteur , l’homme en place apercevra sous un jour véritable la société et ses rapports ; il s’éloignera avec indignation de l’esprit du siècle qui tend malheureusement plus que jamais à l’égoïsme, à cet égoïsme dessé-
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estime lui donne seule cette puissance momentanée. Récompensé, animé par l’amitié , il sait , comme les Sully et les d’Amboise, dire la vérité à son maître j et pour mieux le servir, l’irriter quelquefois. Il combat ses passions. Il chérit en lui l’homme autant qu’il a à cœur la gloire du monarque ( m ) : en partageant ses travaux , il
chant qui fait mourir les projets les plus salutaires et éteint la flamme sacrée du patriotisme , mot qui ne porte presque plus d’idée à l’imagination de ces hommes corrompus , de ces hommes qui ne voient dans les fonctions du gouvernement que le salaire et jamais la gloire.
Il faut ressusciter dans nos écrits le tableau des grands hommes voués constamment à la patrie, et les environner 4e nos hommages pour inspirer à nos ministres la même émulation. Malheur à l’homme en place, qui dans le silence de la réflexion , n’aura point travaillé l’intérieur de son être , pour en faire une espèce de sanctuaire où doivent résider les images et les pensées utiles à son siècle 5 malheur à lui , si la morale ne lui paroît pas aussi précieuse que la, science politique , s’il les sépare et s’il les désunit.
C’est la morale qui nous rapproche de nos semblables , qui nous identifie avec eux.
( m. ) La fidélité n’est pas cet attachement servile $ux volontés d’un autre. On lui donne pour syna*
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partage la vénération de la patrie, l’héritage le plus honorable , sans doute , qu’il puisse laisser à ses descendans, et le seul dont il soit jaloux.
En vous parlant des impôts , j’ai
oublié de vous demander si vous avez toujours parmi vous de ces loteries périodiques , où , de mon temps , le pauvre peuple mettoit tout son argent f — Non , certes, nous n’abusons point ainsi de l’espérance crédule des hommes. Nous ne levons pas sur la partie indigente des citoyens un impôt aussi cruellement ingénieux. Le misérable qui , fatigué du présent, ne pou voit vivre que dans l’avenir , portoit le prix de ses sueurs et de ses veilles dans cette roue fatale d’où il attendoit toujours que la fortune devoit sortir. La main de cette cruelle déesse trompoit
bole un chien qui suit par-tout, flatte à chaque instant , et court aveuglément à tous les ordres d’un maître injuste ou barbare. Je crois que la vraie, fidélité est une exacte observance des luis de la raison et de la justice, plutôt qu’un servile esclavage. Que Sully paroît fidèle quand il déchire la promesse de mariage qu’avoit faite Henri IV !
quatre cent quarante. 199 chaque fois sa misère. Le désir vif du bienêtre l’empêchoit de raisonner 5 et quoique la friponnerie fût palpable, comme le cœur est mort à la vie avant que de mourir à l'espérance, chacun imaginoit devoir être à la fin traité en favori. (Tétoit l'épargne du peuple indigent qui avoit bâti ces superbes édifices où il venoit mendier sa vie. Le luxe des autels étoit son ouvrage : à peine y étoit- .il admis. Toujours étranger , toujours repoussé , le pauvre ne pouvoit s’asseoir sur cette même pierre qu’il avoit fait tailler: des prêtres richement gagés habitoient l’ar* che qui devoit , du moins dans l’équité , lui appartenir et lui servir d’asile ( 71 ).
( n ) Les nations commencent et finissent par l'indigence : elle accompagne leur berceau, elle les attend à leur décadence.
La foule des nécessiteux amène imperceptiblement la plupart des désordres que l’on attribue à d’autres causes. La source des révolutions est cachée dans cet ulcère presqu’incurable qu’on appelle la mendicité , et qui afflige aujourd’hui plus ou moins les plus beaux empires de l’Europe. La France est peutêtre le pays de la terre , où le plus grand nombre d’hommes manquent des objets de première néces*»
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