‹ L'an deux mille quatre cent quaranteChapitre 34 sur 46 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

Terres incultes .

Par une loi toujours subsistante et toujours respectée , toute terre inculte appartenoit de droit au premier occupant , qui y enfonçoit la bêche ou la charrue , qui y piantoit un arbre , ou qui la défrichoit selon la nature ou la valeur du terrain.

Plus de ces landes que l’ignorance et la paresse condamnoient à une éternelle stérilité (û) : il n’est point de rocher que le

( a ) La propriété du champ , c’est sa culture ; l’esprit de la loi qui établit la propriété des terres , n’a pu être autre qpe de payer le travail du cultivateur. Il est évident que la loi n’a jamais pu avoir en vue de donner à des citoyens le droit de rendre inutiles , s’ils le veulent , les terres de l’Etat, en ne les cultivant pas. Il paroît par-là qu’on doit perdre le droit de propriété qu’on a sur une terre, quand on la laisse tomber en friche 5 et le propriétaire devroit être tenu d’abandonner au premier occupant les terres qu’il auroit de trop 5 car comment ose-t-on posséder plus de champs qu’on n’en peut cultiver?

travail

travail de l’homme ne puisse fertiliser. Les anciens ont représenté l’agriculture sous l’emblème d’une femme robuste , qui plante un arbrisseau qu’elle considère avec la tendresse d’une mère pour ses enfans. Ainsi toute récolte dépend du degré d’amour que l’on porte à l’objet de la culture.

Un peuple , qui n’a point d’alimens , est sans puissance 5 s’il ne s’attache pas à la terre , qui contient les germes de toutes les productions , s’il ne lui demande pas la nourriture et les fruits , abondât-il en or et en argent , il est toujours pauvre.

Les manufactures ne doivent passer qu’a» près l’agriculture. Les denrées sont une richesse supérieure à celle des métaux.

Qu’on ouvre les annales du monde , on trouvera que les nations agricoles sont à la longue victorieuses. C’est à l’administration à corriger ce qu’il y a de défectueux dans le climat (6).

(b) Un genre de luxe pernicieux aux campagnes , préjudiciable à l’agriculture , c’est l’abus des parcs. Le propriétaire d’une belle terre veut avoir un châ-

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