‹ L'an deux mille quatre cent quaranteChapitre 7 sur 46 · Tome · texte numérisé non relu

Tome

établi des bains aromatiques pour rétablir les corps séchés par 1 âge , pour renouveler les forces et la substance : car Dieu n’a créé tant de plantes salutaires , et n’a donné à l’homme l’intelligence delesconnoître , que pour confier à son industrie le soin de conserver sa santé , et la trame fragile et précieuse de ses jours.

Nos promenades mêmes , qui chez vous ne sembloient faites que pour l’agrément , nous paient un tribut utile. Ce sont des arbres fruitiers qui réjouissent la vue , qui embaument l’odorat , et qui remplacent le tilleul , le stérile maronier et l’orme rabougri. Nous entons et nous greffons nos arbres sauvages , afin que nos travaux répondent à l’heureuse libéralité de la nature, qui n’attend que la main du maître à qui le Créateur Ta , pour ainsi dire, soumise.

Nous avons de vastes ménageries pour toutes sortes d’animaux. Nous avons rencontré dans le fond des déserts des espèces qui vous étoient absolument inconnues.

Nous mélangeons les races pour en voir les différens résultats. Nous avons fait des découvertes extraordinaires et très- utiles ,

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et l’espèce est devenue plus grosse et plus grande du double : nous avons enfin remarqué que les peines que l’on se donne avec la nature sont rarement infructueuses.

Aussi avons-nous retrouvé plusieurs se* crets qui étoient perdus pour vous, parce que vous ne vous donniez pas même la peine de les chercher ; vous étiez plus amoureux d’entasser des mots dans des livres que de ressusciter, à force de maind’œuvre , des inventions merveilleuses. Nous possédons aujourd’hui, comme les anciens , le verre malléable , les pierres spéculaires , la pourpre tyrienne qui teignoit les vêtemens des empereurs , le miroir d’Archimède , l’art des embaumemens des Egyptiens , les machines qui dressèrent leurs obélisques , la matière du linceuil où les corps se consumoient en cendres sur le bûcher , l’art de fondre les pierres , les lampes inextinguibles , et jusqu’à la sauce appicienne. Nous savons enfin ce qui compose l’eau , et cet élément n’a pu nous échapper, ainsi que le feu ( g ).

( g ) L’eau est un des plus grands dissolvans 5

l’an deux mille

Promenez- vous dans ces jardins, où la botanique a reçu toute la perfection dont

mais lorsqu’elle est pénétrée par le feu et comprimée dans un vaisseau qui empêche son évaporation , elle acquiert une force dont on n’a point encore essayé de déterminer les bornes. Les osâtes plus durs dans la machine de Papin , ainsi que l’ivoire , sont réduits en bouillie, et l’étain et le plomb y fondent.

Le feu est un élément jusqu’ici inconnu , qui a occasionné les recherches des plus habiles physiciens, et qui échappe, pour ainsi dire, à l’esprit de système 5 il réside par-tout \ il pénètre notre propre substance ; principe de vie et de destruction, il s’enveloppe d’un voile si mystérieux , que la cause secrète de ses effets est absolument hors de notre portée. Ces élémens appartiennent sans doute à la matière j mais elle est si subtile, qu’on seroit tenté de la ranger dans une classe à part j elle échappe à la loi de la gravitation.

L’étonnement et l’admiration redoublent quand toutes les analogies conduisent à décider que c’est ce même feu qui brûle, qui éclaire, et que cette lumière douce qui récréoit nos yeux , est la substance modifiée de ce terrible destructeur, qui d’une étincelle forme un incendie, et qui un jour, peut-être, dévorera le globe en entier.

Quand on médite sur les effets prompts et redoutables de ces particules ignées, qui, comme des flèches

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elle étoit susceptible ( h ). Vos aveugles philosophes se plaignoient de ce que la

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de la plus grande dureté et de la plus extrême petitesse , viennent à pénétrer les corps les plus solides et à les dissoudre , on frémit de voir l’ennemi universel de la nature , le destructeur de tous les êtres reposant à nos côtés 5 il est dans l’air, dans la terre, en nous memes.

Qui l’enchaîne ? pourquoi échappe -t-il quelquefois avec fureur? pourquoi domine-t il dans les volcans , où il consume les entrailles de la terre ? En raréfiant les vapeurs sulfureuses , aqueuses , il occasionne les trernblemens de terre 5 sous le nom d’électricité , il produit les phénomènes les plus curieux , et semble montrer la clef de la nature.

Sa propagation est un mystère qui confond la sérifc de nos observations. Comment , d’une cause unique , comment émane-t-il des effets prolongés jusqu’à l’infini ! quelle force expansive dans la poudre à canon , dans l’or fulminant !

( h ) Toi , qui traverses les campagnes en songeant peut-être au vaisseau qui porte tes trésors et sillonne les mers , arrête , imprudent ! tu foules aux pieds une herbe obscure et salutaire , qui feroit germer dans ton cœur la joie et la santé. C’est un plus riche trésor que tous ceux dont ton navire peut être chargé : après avoir poursuivi miile chimères, finis, comme J. J. Rousseau , par herboriser.

terre étoit couverte de poisons : nous avons découvert que c’étoit les remèdes les plus actifs que l’on pût employer : la providence a été justifiée, et elle le seroit en tout point si nos connoissances n’étoient pas si foibles et nous si bornés. On n’entend plus des plaintes sur ce globe. Une voix lamentable ne s’écrie plus : tout est mal ! On dit sous l’œil d’un Dieu : tout est bien / Les effets mêmes des poisons ont été aperçus et décrits , et nous nous jouons avec eux.

Nous avons extrait le suc des plantes avec, tant de succès , que nous en avons formé des liqueurs pénétrantes et non moins douces , qui s’insinuent dans les pores, se mêlent aux fluides , rétablissent les tempéramens , et rendent le corps plus ferme, plus souple et plus robuste.

Nous avons trouvé le secret de dissoudre la pierre dans le corps humain , sans brûler les entrailles. Nous guérissons la phthisie, la pulinonie, toutes ces maladies autrefois jugées mortelles (i). Mais le plus

( i ) Il est honteux à un homme d’annoncer qu’il

beau de nos exploits est d’avoir exterminé cette hydre épouvantable , ce fléau honteux et cruel qui attaquoit les sources de la vie et celles du plaisir : le genre humain touchoit à sa ruine ; nous avons découvert le spécifique heureux qui devoitle rendre à la vie, et au plaisir plus précieux encore (Æ).

Chemin faisant , le Buffon de ce siècle joignoit la démonstration aux paroles , et me montroit les objets physiques , en y joignant ses propres réflexions.

Mais ce qui me surprit davantage, ce fut un cabinet d’optique où l’on avoit su

a un secret utile à l’humanité , et de le conserver pour lui et pour sa famille. Eh ! quelle récompense attend-il? Malheureux / tu peux te promener au milieu de tes frères et te dire à, toi même : ces êtres qui marchent me doivent une partie de leur santé et de leur félicité ! Et tu ne sens point ce noble orgueil , et tu n’es pas ému de cette idée attendrissante ! Prends de l’or , misérable , et ferme ton aine à cette jouissance 5 tu te rends justice , tu te punis toi-même.

( k ) Je suis triste lorsque j’entends plaisanter sur ce fléau douloureux : on ne doit parler de cette horrible maladie que la larme à l’œil , et en cela ne point imiter le bouffon Voltaire.

réunir tous les accidens de la lumière.’ C’étoit une magie perpétuelle. On fit passer sous mes yeux des paysages , des points de vue , des palais , des arcs-en-ciel , des météores , des chiffres lumineux , des mers qui n’existoient point , et qui me firent line illusion plus frappante que la vérité même. C’étoit un séjour d’enchantement. Le spectacle de la création qui naquit dans un clin-d’œil , ne m’auroit pas procuré une sensation plus vive et plus exquise.

On me présenta des microscopes , au moyen desquels j’aperçus de nouveaux êtres échappés à la vue perçante de nos modernes observateurs. L’œil n’étoit point fatigué , tant l’art étoit simple et merveilleux. Chaque pas que l’on faisoit dans ce séjour satisfaisoit la curiosité la plus ardente. Plus elle paroissoit inépuisable , plus elle trouvoit d’alimens à dévorer. Oh ! que l’homme est grand ici , m’écriai- je plusieurs fois , et que ceux qu’on appeloit de mon siècle de grands hommes étoieiit petits en comparaison ( /) î

( / ) On pourvoit faire un ouvrage volumineux cre$

quatre cent quarante. bj L’acoustique n’étoit pas moins miraculeuse. On avoit su imiter tous les sons articulés de la voix humaine , du cri des animaux , du chant varié des oiseaux; on faisoit jouer certains ressorts , et Ton se croyoit tout'à-coup transporté dans une forêt sauvage. On entendoit le rugissement des lions, des tigres et des ours , qui semhloient se dévorer entre eux. L’oreille étoit déchirée : on eût dit que l’écho , plus formidable encore , répétoit au loin ces sons discordans et barbares. Mais , voici que le chant des rossignols succédoit à ces tons discordans. Sous leurs gosiers harrno-

différentes questions , tant physiques , que morales et métaphysiques , qui se présentent en foule à l’esprit et sur lesquelles les hommes de génie sont aussi ignorans que les sots ; et l’on pourroit répondre en un seul mot à toutes ces questions physiques, morales et métaphysiques : mais ce mot est celui du profond logogryphe qui nous environne. Je ne désespère pas qu’on le trouve un jour : j’attends tout de l’esprit humain, quand il connoîtra ses forces, quand il les unira , quand il regardera son intelligence comme devant pénétrer ce qui est , et soumettre ce qu’il touche.

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nieux chaque particule d’air devenoit mélodieuse ; l’oreiile saisissoit jusqu’aux frémisseinens de lents ailes amoureuses, et ces sons flattés et doux que le gosier de l’homme n’a jamais pu imiter qu’imparfaitement. A l’ivresse du plaisir se joignoit la douce surprise ; et la volupté qui naissoit de ce mélange heureux , descendoit dans tous les cœurs.

Ce peuple, qui avoit toujours un but moral dans les prodiges mêmes d’un art curieux , avoit su tirer parti de sa profonde invention. Dès qu’un jeune prince parloit de combats ou incîinoit à quelque passion belliqueuse (m) t on le conduisoit dans

( m ) Puissans potentats , qui vous partagez ce globe , vous avez des canons , des mortiers , des armées nombreuses , qui développent des files éblouissantes de soldats : d’un mot vous les envoyez exterminer un royaume ou conquérir une province. Je ne sais pourquoi , au milieu de vos enseignes flottantes , vous me paroissez misérables et petits. Les Romains , dans leurs jeux , faisoient combattre des pigmées ; ils sourioient des coups qu’ils se portaient j ils ne soupconnoient pas qu’ils étaient eux -mêmes devant l’œil du sage ce que ces nr.las paroi ^soient à leurs yeux.

une salle qu’on avoit justement nommée X enfer : aussi-tôt un machiniste mettoit en jeu les ressorts accoutumés , et l’on produisoit à son oreille toutes les horreurs d’une mêlée , et les cris de la rage , et ceux de la douleur , et les clameurs plaintives des mourans, et les sons de la terreur , et les inugissemens de cet affreux tonnerre , signai de la destruction, voix exécrable de la mort. Si la nature ne se soulevoit pas alors dans son ame , s’il ne jetoit pas un cri d’horreur , si son front demeuroit calme et immobile , on l’enfermoit dans cette salle pour le reste de ses jours ; mais chaque matin on avoit soin de lui répéter ce morceau de musique , afin qu’il se contentât du moins sans que l’humanité en souffrît.

L’intendant de ce cabinet me joua un tour; il fit résonner tout-à-coup son infernal opéra , sans m’avoir prévenu. Ciel ! ciel ! grâce ! grâce! m’écriai- je de toutes mes forces , et en me bouchant les oreilles : Epargnez-moi , épargnez-moi ! Il fit cesser. — Comment , me dit il , ceci ne vous plaît point? — Il faut être un démon, lui ré-

pondis - je , pour se plaire à cet horrible tapage. — C’étoit cependant de votre temps un divertissement fort commun , que les rois et les princes prenoient tous comme celui de la chasse ( n ) , laquelle , on l’a fort bien dit , étoit la lidèle image de la guerre ( o ). Ensuite les poëtes venoient

( n ) Dans les calamités actuelles qui désolent l’Europe , ce que je trouve de plus avantageux est la dépopulation. Du moins , puisque les hommes doivent être si malheureux , iL y aura moins d’infortunés. Si cette réflexion est barbare , que le blâme en* retombe sur ses auteurs.

( o ) Singulière et déplorable constitution de, notre monde politique ! Huit à dix tètes couronnées tiennent l’espèce humaine à la chaîne, se correspondent , se prêtent des secours mutuels , pour la maintenir entre leurs mains royales , pour la serrer à leur gré jusqu’à produire des mouvemens convulsifs. La conspiration n’est point cachée dans l’ombre ; elle est publique , elle est ouverte , elle se traite par ambassadeurs. Nos plaintes n’arrivent plus jusqu’à leurs superbes oreilles. Jetons un coup-d’œil sur l’Europe; elle n’est plus qu’un vaste arsenal où des milliers de barils de poudre 11’attendent pour prendre feu qu’une légère étincelle. Souvent c’est la main d’un ministre étourdi qui cause l’explosion. Elle embrase à-la- fois

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les féliciter d’avoir effrayé les oiseaux du ciel à dix lieues à la ronde , et d’avoir

le midi , le nord , les deux bouts de la terre. Combien de pièces de canons , de bombes , de fusils , de boulets , de balles , d’épées , de bayonnettes, etc. de marionettes meurtrières , obéissantes au fouet de la discipline , attendent l’ordre émané d’un cabinet pour jouer leurs parades sanglantes? La géométrie ellemême a profané ses divins attributs 5 elle favorise les fureurs tour- à- tour ambitieuses, tour-à-tour extravagantes des souverains. Avec quelle précision on sait détruire une armée, foudroyer un camp, assiéger une place , incendier une ville ! J’ai vu des académiciens combiner de sang-froid la charge d’un canon. Eh! messieurs , attendez que vous ayez seulement une principauté. Que vous importe quel nom doit régner dans tel pays? Votre patriotisme est une vertu fausse et dangereuse à l’humanité. Car examinons un peu ce que signifie ce mot patriotisme. Pour être attaché à un Etat , il faut être membre de l’Etat. Excepté deux ou trois républiques , il n’y a plus de patrie proprement dite. Pourquoi l’Anglais seroit-il mou ennemi? Je suis lié avec lui par le commerce, par les arts, par tous les nœuds possibles 5 il n’existe entre nous aucune antipathie naturelle. Pourquoi voulezvous donc que passé telle borne je sépare ma cause de celle des autres hommes? Le patriotisme est un fanatisme inventé par les rois , et fu*ie$te à l’univers.

sagement pourvu à la curée des corbeaux : sur-tout ces poètes se plaisoient fort à décrire une bataille. — Ali î je vous prie , ne me parlez plus de cette maladie épidé inique qui attaquoit la pauvre espèce humaine.

Hélas ! elle avoit tous les symptômes de la rage et de la folie. Des rois poltrons, du haut de leur trône , l’envoyoient mourir , et le troupeau obéissant , sous la garde d’un seul chien , alloit joyeusement à la boucherie. Comment la guérir dans ces

Car si ma nation étoit trois fois plus petite , j’aurois à haïr trois fois plus de gens 5 mes affections dépendaient des limites changeantes des États ï dans la même année, il faudroit aller porter lp. flamme chez mon voisin , et me réconcilier avec celui que j’aurois égorgé la veille. Je ne soutiendrois donc, au fond , que les droits capricieux d’un maître qui voudroit commander à mon ame* Non , l’Europe ne doit plus former à mes yeux qu’un vaste Etat ; et le souhait que j’ose faire , c’est qu’elle se réunisse sous une seule et même domination. Tout vu , tout considéré , ce seroit - là un grand avantage : alors je pourrois être patriote. Mais aujourd’hui , qu’est-ce que la liberté moderne ? Elle n’est autre chose , dit un écrivain , que l’héroïsme de l’esclavage.

temps d’illusion ? Comment briser le talisman magique ? un petit bâton , un cordonnet rouge ou bleu , une petite croix; d’émail répandoit par-tout l’esprit de vertige et de fureur. D’autres devenoient enragés seulement à l’aspect d’une cocarde ou de quelques oboles. La guérison a dû être longue : mais j’avois presque deviné que , tôt ou tard , le baume calmant de la philosophie cicatriseroit ces plaies honteuses (/?).

On me fit entrer dans le cabinet de mathématiques : il me parut très-riche , et on ne peut pas mieux ordonné. On avoit banni de cette science tout ce qui ressembloit à des jeux d’enfans , tout ce qui n’étoit que

( p ) Quel spectacle ! deux cents mille hommes répandus dans de vastes campagnes , et qui n’attendent que le signal pour s’égorger ! Ils se massacrent à la face du soleil, sur les fleurs du printemps. Ce n’est point la haine qui les anime : ce sont des rois qui leur ordonnent de mourir. Si ce cruel événement arrivoit pour la première fois, ceux qui n’en ont pas été témoins, ne seroient-ils pas en droit de le révoquer en doute? cette pensée appartient d Air. Gaillard.

spéculation sèche , oisive , ou qui passoit les bornes de notre pouvoir. Je vis des machines de toute espèce laites pour soulager les bras de l'homme , douées de puissances beaucoup plus fortes que celles que nous connoissions. Elles produisoient toutes sortes de mouvemens. On se jouoit ainsi des plus pesans fardeaux. — * Vous voyez, me dit-on , ces obélisques , ces arcs de triomphe , ces palais , ces hardis monumens dont l’œil est étonné : ils ne sont point l’ouvrage de la force , du nombre et de la dextérité \ les instrurnens , les leviers plus perfectionnés , voilà ce qui a tout fait. Je trouvai en effet et dans le plus grand détail , les instrurnens les plus exacts , soit pour la géométrie , soit pour l’astronomie, soit pour la géographie (q ).

( q ) Jadis les colonnes d’Hercule étoient nos limites vers l’occident , et l’on savoit à peine le nom des régions situées par-delà l’Indus et le Gange. Aujourd’hui un nouvel hémisphère est ajouté à l’ancien 5 la mer du Sud a été parcourue en tout sens 5 l’infatigable Cook, tâtant de tout côté le pôle austral, a prouvé qu’il étoit entouré de glaces éternelles , et non pas un vaste continent , comme on l’avoit

Tous

quatre cent quarante. 65 Tous ceux qui avoient tenté des expériences d’un genre neuf, hardi, étonnant, eussent ils même échoué ( car on ne s’instruit pas moins en ne réussissant pas), avoient leurs bustes en marbre , environnés des attributs convenables.

Mais l’on me dit tout bas à l’oreille, que plusieurs secrets singuliers, merveilleux, n’étoient remis qu’entre les mains d’un petit nombre de sages ; qu’il étoit des choses bonnes par elles -mêmes, mais dont on pourroit abuser par la suite (r) : l’esprit humain, selon eux, n’étoit pas encore au terme où il de voit monter , pour faire

cru jusqu’à lui. Je suis fâché de me voir détrompé. Il ne reste presque plus de découvertes à faire sur le globe 5 et du fond de son cabinet , sans peine, sans risque et sans dépense , on peut en un in tant , au moyen des cartes géographiques, acquérir une idée presqu’ausd juste des pays éloignés, que si l’on avoit consumé une partie de sa vie à les parcourir soi-même.

( r ) Le roi Ezéchias , dit la bible , fit supprimer un livre qui traitoit de la vertu des plantes, crainte qu’on n'en fit usage mal- à- propos et que cela même n’engendrât des maladies. Ce fait est curieux et donne beaucoup à penser.

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