‹ L'an mille; drame en cinq actes, en versChapitre 22 sur 58 · NOR, HEDWIGE · texte numérisé non relu

NOR, HEDWIGE

Comte, j'ai vu. La divine lumière Perce comme il lui plaît les poitrines de pierre;

Et le ciel a voulu que le trait rédempteur,

Des yeux de mon enfant vous entrât dans le cœur.

NOR

Il est vrai. Tout mon cœur brûle de la blessure!

H EDWIGE

Eh bien ! je ne veux pas, moi, faible créature,

Par tenace rancune ou téméraire orgueil.

Aux volontés du ciel opposer un écueil.

Ma fille est au Seigneur avant d'être à moi-même.

Puisque, par un décret de la Bonté suprême,

Elle vous doit guider par le nouveau chemin,

Soumise au Tout-Puissant, je vous donne sa main.

NOR Oh! qui que vous soyez, je vous bénis!

HEDWIGE, lentement.

O comte!

Il ne faut pas bénir l'adultère et la honte. Reconnaissez Hedwige ! . . .

{Elle écarte son voile,)

NOR, d^une voix éteinte.

O fantôme lointain ! . . .

Adieu.

{Elle sort lentement, par la partie du chemin de ronde qui se prolonge au delà de la tour du guet.)

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