NOR, HEDWIGE
Comte, j'ai vu. La divine lumière Perce comme il lui plaît les poitrines de pierre;
Et le ciel a voulu que le trait rédempteur,
Des yeux de mon enfant vous entrât dans le cœur.
NOR
Il est vrai. Tout mon cœur brûle de la blessure!
H EDWIGE
Eh bien ! je ne veux pas, moi, faible créature,
Par tenace rancune ou téméraire orgueil.
Aux volontés du ciel opposer un écueil.
Ma fille est au Seigneur avant d'être à moi-même.
Puisque, par un décret de la Bonté suprême,
Elle vous doit guider par le nouveau chemin,
Soumise au Tout-Puissant, je vous donne sa main.
NOR Oh! qui que vous soyez, je vous bénis!
HEDWIGE, lentement.
O comte!
Il ne faut pas bénir l'adultère et la honte. Reconnaissez Hedwige ! . . .
{Elle écarte son voile,)
NOR, d^une voix éteinte.
O fantôme lointain ! . . .
Adieu.
{Elle sort lentement, par la partie du chemin de ronde qui se prolonge au delà de la tour du guet.)