‹ L'Anacrouse dans la musique moderneChapitre 5 sur 15 · ES · texte numérisé non relu

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La phrase garde son intégralité, mais perd toute sa beauté expressive, toute sa passion ! Ainsi estropié, le 2' rythme, composé de deux mesures à 2/4, est thétique, féminin masculinisé syncopé; l'ictus final do 'i. cède sa force au fa \ qui est syncopé.

Chaque mesure indiquée par Schumann produit, au soprano, deux mesures à 2 temps.

Reproduisons maintenant l'ensemble, le thème et la variation, tel qu'il résulte de l'analyse que nous venons de faire :

Jl^

J" rythme.

X s* ni//} me. .'^i:

rii-*

ie'' ri/thme.

ictua final.

— 2fî — ■ j

Du premier coup d œil on \oil que Y ictus du ^2' rythme du soprano coïncide avec rictu,> fiiKil, le temps fort final du rythme du thème. On voit que ce sont trois rythmes différents superposés. Le soprano joue deux rythmes composés chacun de 2 mesures à 2,4, pendant que la basse, formant le thème, ne joue qu'un seul rythme composé de deux, mesures à 4/4. L'anacrouse du 2" rythme, au soprano, au-dessus de la 4' noire de la basse, saute aux yeux; elle nous prouve la défectuosité de la mesure indiquée par Schumann, car l'anacrouse, fatalement, doit précéder fictus initial, le i" temps fort, et non Y ictus final, le dernier temps fort d'un rythme. C'est dans l'exécution de Rubinstein que s'est révélée à nous cette anacrouse si intéressante. Comme on le voit, elle contient une note voisine aicjuë, précédée d'une appogiature, qui la rend pathétique. Rubinstein l'exprimait avec une telle passion de sonorité que nous en gardons encore aujourd'hui l'impression profonde ! Il n'est pas douteux que la mesure indiquée par Schumann masque cette anacrouse et rend la phrase obscure à quiconque n'a pas un sentiment délicat du rythme. Le moyen de rendre cette 2° variation claire et facilement compréhensible, ce serait d'indiquer pour le soprano la mesure 12/16 et, pour le thème, celle de 24/16; car il n'y a pas, dans l'accompagnement de celte variation, un seul temps^jone s£ul e noire (J) qui ne reçoive 6 doubles croches, groupées trois par trois /J^ ,"'";, formant des ti-iolets. Or, nous le répétons, un triolet est une exception ; quand il n'y a que des triolets d'un bout à l'autre d'un morceau, ils forment des mesures composées, qui devraient être indiquées par les chiffres 6, 9 ou 12, selon le nombre de temps qu'elles contiennent. Quelle page géniale que cette 2" variation ! Quelle œuvre étonnante que ces études symphoniques ! Quel effort artistique elles ont exigé ! Et dire que c'est l'op. 13 de Schumann La sonate

pathétique de Beethoven, aussi, porte le même numéro d'ordre !

Anacrouses pathétiques. — Ce sont des anacrouses présentant une note ayant un caractère absolument exceptionnel, destructif du ton, du mode, de la réfjiilttrilé du dessin métrique ou du dessin rythmique qui caractérisaient les rythmes précédents. Par exemple, si les anacrouses précédentes étaient composées de notes ayant une petite valeur, et qu'il se présente exceptionnellement une anacrouse composée d'une seule note ayant une grande valeur, cette anacrouse est très forte, puisqu'elle prend un double accent, métrique et rythmique. Si, avec cela, elle est encore accompagnée d'un dièze ou d'un bémol, sa force devient formidable. Le si? de la Marseillaise, 12' mesure, nous en a fourni un exemple remarquable.

Beetuove.v. Op. 27, n» 2. mesure 19. x

Outre une valeur exceptionnelle, une blanche, le "2° si de la 4" mesure prend encore la force d'un accord chromatique. Voyez Sonate pathétique, AllegfO ■molto, 17° mesure, etc.

Anacrouses servant d'ictus initial. — On pourrait aussi les appeler ictiis anticipés. Beethoven et surtout Chopin en font un usage très fréquent; Chopin les emploie même dans ses valses et mazurkas.

Beethovex. Op. 31, n" I .

É^^^^fe^^^^S

Beethoven. Op. ÎQ, variations IV, I, HI.

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Voyez aussi Beethoven, Op. 27, n° 2, trio de l'Allégretto.

Cuopw. Mazurka, op. 6, n" i. Mazurka, op. 6, n" 4.

Chopin. i\'octurne, op. 55, n" I.

i^^^^^^Sz^

Cette dernière anacrouse est des plus remarquables; le do blanche joue le quadruple rôle de note finale du rythme précédent, Ôl anacrouse, de thésis et d'ictus initial a?ilicipé du rythme suivant.

Anacrouses soudées, agglutinées à la note finale d'un rythme

masculin.

Chopin. Nocturne, op. 37, n" i, 8' mesure. tr

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Chopin a écrit ce Nocturne à 4 temps : 4 ictus, dans la même strophe, coïncident fautivement avec le 3° temps. Voyez, page 41, «Anacrouses brodées, fleuries ».

Anacrouses trillées.

Bkethove.x. Op. 31, H" 3, scherzo, 9'= mesure.

Beethove.v. op. 1^1, n" 2, andante, 9» mesure.

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Beethote^. Op. iO, n" 3, allegretto, 3i* mesure. tr ^^ .^ ■*- r- T-

Sg=f^

Chopin. JSocturne, op. 32, n" 2, 2= mesure, 9° mesure.

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Chopin. Mazurka

, o;>. 59, ra' /, 5' mesure.

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IÇ-é^I^^ — L;L

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Le trille sur le /a '■i. joue le rôle de noie finale d'un rythme féminin masculinisé et d'anacrouse trillée.

Anacrouses soudées à la note finale d'un rythme féminin.

Chopi.1I. JSocturne, op. 9, 71" 3, finale.

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pour

Chopi

N. Nocturne, op. 48, n" 2, 11= mesure.

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Ce Nocturne est écrit, dans le texte original, à 4 temps; aussi l'anacroiise tombe à faux sur le 2° et l'ictus, sur le 3' temps. (Voyez p. 23.) A 2 temps, comme nous le donnons, il est correct et facilement compréhensible.

Souvenir du liiirgenstock, valse suisse.

Chopin. Mazurka, op. 2i, «° 'i, 2" strophe, 8" mesure.

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