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Les mi, dans les 2' et 4" mesures, marqués d'une croix, sont-ce des notes qui terminent des rythmes féminins, des soudures rythmiques ou des anacrouses ? Le mi, à la fin de la 2' mesure, étant suivi à peu près par les mêmes
noies qui formeiU la i'' mesure, qui n'est pas prêcèilée d'une anacrousc, et h rythme suivant ne contenant ni dessin ascendant, ni modulation, nous le traiterons comme so«f^«rc /-^////««(/z^e sans force, et cela d'autant plus qu'il ne peut être regardé comme note finale d'un rythme féminin, ne faisant pas partie de l'accord fa-la-do qui l'accompagne. Le ini de la A" mesure étant suivi d'un rythme à dessi7i ascendant et contenant une modulation en rè 'i, nous le regarderons conmie anacrousc et le ferons précéder d'un petit silence; il imprimera force et élan au rythme suivant.
Oserions-nous le dire ? La première fois que nous avons entendu jouer ce Nocturne, c'était par une élève de Leschetizki; elle faisait des soudures partout. iVous sentions, nous pressentions que le mi de la 4' mesure était une anacrouse! JNotre sentiment ne nous a pas trompé; car, 1"2 mesures plus loin, Chopin sanctionne notre impression en faisant précéder ce mi d'un silence, qui lui imprime le rôle d'anacrouse ':
(Ciir.ow) CuAMEn. Etude h" 50.
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3Ioduhit. en ut — niiu. mo'liilat. en rê raaj.
Bûlow regarde les notes rè ^ et fa ■i., croches delà 2' mesure, comme soudure; selon nous ces deux notes forment une anacrouse. Combien nous regrettons que cet excellent et illustre ami ne vive plus ! Comme il serait heureux de voir achevée notre œuvre, à laquelle il s'intéressait si vivement ! Lui, qui regardait le rythme comme la troisième personne de la Trinité musicale; lui, si terrible, quand il s'agissait de combattre les erreurs rythmiques, « cause de toutes les difformités et défectuosités de l'exécution musicale », au lieu de se froisser, nous témoignait la plus vive reconnaissance, quand nous lui signalions ce que nous croyions être des fautes dans les éditions des ceuvres qu'il avait revisées, lui, le maître des maîtres. Fait des plus curieux : dans son édition des Études de Cramer, il numérote les mesures de 5 en 5 : 5, iO, 15, etc., sans s'occuper si ces chiffres coïncident avec la fin des périodes !....
1. Chose curieuse, en dehors de la logique musicale qui fait désirer au musicien le moins bien doué une suite de notes comme pendant à une suite de notes ente/ulues. une antithèse à une thèse, il existe chez les artistes une faculté qui leur (ait pressen'ir et prévoir de loin certains faits d'une délicatesse, d'une subtilité incroyables. Hélas! les compositeurs modernes font tout au monde pour ne pas satisfaire ces désirs harmoniques et mélodiques, qu'ils remplacent par des imprévus, des soubresauts sans tète ni queue. C'est fort, c'est malin, c'est riche et surtout pas commun!... Ils traitent leurs auditeurs comme les marâtres traitent leurs enfants; ils ont faim et demandent du pain : une claque! Ils dé.siient, ces chers auditeurs, une note qui satisfasse leur aUente et procure un repos à leur sentiment : un accord d'une fausseté, d'une dureté endiablée qui déroute leur désir et leur logique, est appli(|ué à leur oreille! C'est beau et surtout pasb.inalj
Voici deux exemples auxquels Rubinstein et Bûlow, les deux plus grands pianistes que nous ayons eu le bonheur d'entendre et de connaître personnellement, ont donné une interprétation toute différente, l'une dictée par le sentiment, l'autre par le raisonnement, l'une subjective, l'autre objective. Qui l'aurait cru? Rùlow, l'apôtre du rythme, jouait comme suit :
Chopis. Mazurka u" ifj. op. 24, n" 3.
La phrase commence par une anacrouse qui persiste jusqu'à la fin. Dès le 2' rythme, Bûlow abandonnait l'anacrouse et regardait le do qui termine la 2' mesure comme note finale d'un rythme féminin. Les trois rythmes suivants,
il les regardait comme ihétiques et y laissait dominer Vaccent métrique
Rubinstein, subjectif, fantaisiste s'il en fut, conservait l'anacrouse initiale et interprétait comme suit :
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Biilow terminait les rythmes sur un accord parfait, Rubinstein, sur un accord de 7° de dominante.
Dans la charmante phrase en ré \> de la Mazurka, op. 50, de Chopin, Bûlow, au contraire, traitait et accentuait la dernière note de chaque mesure comme aiiacroiisi} et faisait des rythmes d'une mesure, des monopodies. Rubinstein faisait des rythmes féminins et laissait dominer r«rce«/ métrique.