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A cette époque (juin 192 1), le Cercle de psychologie expérimentale de Luchon s'aperçut de la nécessité absolue de préciser désormais ses observations et analyses par la discrimination sensorielle.
A vouloir étudier toujours en bloc l'intelligence, la mémoire, tous ces processus physio-psychologiques reconnus très complexes par les psychologues modernes, on se condamne fatalement à des erreurs primordiales. On reste, consciemment ou non, prisonnier d'entités métaphysiques souvent dangereuses, surtout quand il s'agit d'étudier l'aube intellectuelle chez l'enfant qui est si loin de toute métaphysique. Le mot célèbre de David Hume : « La substance est un faisceau de sensations », revint à notre esprit avec un sens nouveau. Désormais nos travaux deviendront plus analytiques. Ils s'inspireront du désir toujours vif de débrouiller patiemment, modestement, cet écheveau serré de la vie physiologique et de l'activité psychique auquel se heurta Ribot quand il le baptisa simplement : « Gomplexus »\ Le rôle de la science est de dissocier le composé obscur, de simplifier le complexe énigmatique. Que l'on veuille bien comprendre, excuser même, cette audace de pédagogues psychologues. Le légitime souci d'étudier, dans l'esprit des élèves, les répercussions profondes, les conséquences totales de nos actes éducatifs, nous poussait logiquement vers ce but.
Ce fut alors le premier essai — avant la lettre, dès 192 1 — de ce que nous proposons de nommer aujourd'hui l'analyse psycho-sensorielle. Nous l'exposerons plus loin en détail.
Le premier test de ce genre se bornait prudemment à rechercher les effets particuliers de l'impression auditive d'une part, et de l'impression visuelle de l'autre, sur la mémorisation et l'attention enfantines. Comme sujet, oh avait choisi l'exercice d'application (questionnaire) d'une leçon de géo-