X X / XX
Le premier est établi d'après le pourcentage des bonnes réponses. Il montre la supériorité presque constante des filles, dans les deux épreuves. On y voit encore, sauf une exception pour les filles, le fléchissement régulier de l'attention à mesure que le test se développe, et les heureux effets de l'impression visuelle dans tous les cas.
Le deuxième graphique donne quelques aperçus nouveaux. L'écart maximum des sexes et des épreuves se voit au CE. Passé 9 ans, les enfants se rapprochent davantage au point de vue du comportement. Les groupements, d'allure générale progressive, sont très symptomatiques dès le CM. Le fléchissement féminin qui se manifeste pour la mémorisation audi-
tive, ne dure pas après le O.S. Un fléchissement analogue doit être relevé chez les garçons; mais il a lieu pour la mémorisation visuelle également et un an plus tôt. Existe-t-il, ici et là. une influence pubertaire? Le plus curieux c'est que ce fléchissement se manifeste surtout pour l'attention visuelle chez les garçons, et auditive chez les filles. Ce fait prouve encore que celles-ci sont vraiment mieux douées pour la modalité visuelle de l'attention, après le CE.
On voit bien la nécessité d'une discrimination et d'une analyse de l'attention sensorielle que Binet opposait, non san* raison, à l'attention psychique ou conceptuelle.
Un fait constant et nouveau avait frappé tous les collaborateurs pendant ces expériences de deux années. Quelles que fussent les circonstances, l'attention ne se manifestait jamais brusquement. Un certain temps précédait toujours ses première apparitions. Ce temps d'accommodation ou d'adaptation variait, selon les circonstances, de plusieurs secondes à quelques minutes. Nos remarques personnelles depuis, basées sur des milliers d'interrogations d'inspection presque journalières, nous permettent de fixer les minima de ?.o à 80 secondes, selon l'âge et la matière en question.
De plus, les maîtres avaient constaté que l'acte d'attention, une fois déclenché, ne se développait pas selon une courbe régulière. Ils remarquaient une alternance rythmique de temps forts et faibles, comme dans la musique. Ces oscillations, mesurées assez mal par nos moyens insuffisants, paraissaient avoir une amplitude de cinq minutes au maximum. Au cours moyen, elles semblaient s'atténuer au point de devenir insensibles. Cette constatation venait confirmer nos précédentes qui, par trois fois, avaient décelé un état d'équilibre remarquable dans la période prépubertaire et un peu plus hâtive chez les garçons que chez les filles. Dans un compte rendu à la Société Binet, la même année 1921, nous appelions l'attention sur ce phénomène intéressant que nous proposions de nommer status pubertaire. C'est l'achèvement de l'enfance et l'avènement de la conscience psychologique.
m. - L'INVESTIGATION PAR LES REVES
Au début de l'année scolaire 1921-1922, d'un commun accord, il fut décidé de tenter une analyse du subconscient normal1 par l'étude des rêves2.
Afin d'élargir la base de nos recherches, un questionnaire fut adressé aux deux cents institutrices et instituteurs de la deuxième circonscription de Saint-Gaudens, qui y participèrent volontiers. Sous cette forme nouvelle, les recherches de psychologie expérimentale n'effrayaient plus les débutants. Les instructions suivantes furent envoyées dans toutes les classes de la circonscription :
« Faites raconter très sincèrement, et par écrit, aux élèves de votre classe, leur rêve le plus récent. Classez les récits suivant les indications du tableau ci-après.
— Les maîtres signaleront, en outre, leurs observations re-
1. Les études de quelques psychologues (notamment Pierre Janet) et de psychiatres sur les anomalies du subconscient, nous ont incité à penser que le rôle normal du subconscient doit être analysé dans une psychogénie complète.
2. Quelle que soit l'opinion du lecteur sur le subconscient, le rêve et leur interprétation possible, voici l'opinion des docteurs Jean Philippe et G. Paul-Boncour qui prouve qu'une telle investigation est indispensable dans une étude psychogénique complète :
« Pour beaucoup d'écoliers mentalement anormaux, la trame des souvenirs puisés dans le réel est si faiblement tissée, que les rêves y entrent facilement, et de là vient qu'ils mêlent si volontiers dans leurs récite, leurs rêves au réel. »
{Les anomalies mentales des écoliers, 139.)
Dans les pages qui précèdent, ces auteurs montrent que cette remarque peut valoir pour d'autres écoliers.
Enfin, le sommeil étant une distraction qui libère un facteur kinesthésique attentionnel, à cause du repos musculaire, reste un état intéressant à sonder aux fins de recoupement.
latives aux causes (anciennes ou récentes) qui ont provoqué les rêves, aux influences psychiques ou physiologiques qui pourront intervenir dans certains cas soumis à leur examen, aux particularités intéressantes qu'ils pourraient relever dans leur enquête, etc.
— Dans les C.P. et les écoles maternelles, on pourra procéder par interrogations, dans le but de déterminer notamment le caractère spécial des rêves chez les jeunes enfants, et de préciser l'âge auquel le souvenir du rêve commence à se manifester nettement.
— Signaler aussi, le cas échéant, les faits d'introspection personnelle au même point de vue. »
Le tableau dont il est question ci-dessus demandait :
i° L'objet des rêves :
— travail scolaire;
— jeux ou distractions;
— préoccupations personnelles;
— sujets chimériques.
?° L'origine des rêves :
— impressions visuelles;
— impressions auditives;
— autres impressions sensorielles;
— faits affectifs (sentiments, émotions, passions).
3° Le caractère des rêves :
— logiques?
— précis?
— Invraisemblable?
On notait enfin, dans une colonne spéciale, l'absence de souvenir.
Attachons-nous d'abord à l'étude de la deuxième partie du tableau suivant (n° io).
Les manifestations subconscientes du rêve peuvent, en effet, nous apporter d'utiles renseignements sur la nature et la prédominance de certaines formes de sensibilité, selon le sexe et
1J A âge.