II. — Causes de la distraction
Toutes les distractions passives signalées se sont produites chez des enfants nettement déficients au point de vue physiologique : l'anémie (suite de maladie, alimentation insuffisante ou irrationnelle), la disproportion de la taille et du poids, les troubles dyspeptiques (digestion pénible du repas de midi souvent pris froid ou absorbé en hâte), la fatigue physique (manque de sommeil, jeux ou travaux immédiatement antérieurs trop violents, leçon de gymnastique trop prolongée) avec un certain lymphatisme héréditaire, voilà les principales causes signalées.
Des influences du même ordre paraissent, en outre, être intervenues dans certaines distractions actives. Une nervosité maladive, par exemple, existe toujours chez les instables, les impatients, les impulsifs. La période pubertaire, une fâcheuse hérédité (alcoolisme, tuberculose, syphilis, troubles mentaux des parents) avec des souffrances physiques chroniques ou accidentelles, sont mentionnées fréquemment comme causes probables des distractions observées.
Les procédés pédagogiques employés n'ont provoqué qu'un petit nombre de distractions, car les maîtres se sont attachés à
faire des leçons concrètes, vivantes et bien proportionnées au développement intellectuel comme au niveau des élèves. Plusieurs maîtres ont constaté cependant que des procédés très modernes d'enseignement tels que les croquis, les dessins, l'examen d'objets ou de gravures, les expériences, causent souvent des distractions actives par l'intérêt trop exclusif qu'ils provoquent et des idées particulières qu'ils suggèrent. On ne saurait d'ailleurs combattre sans ménagement de telles distractions qui constituent, en somme, des « idées-forces » à exploiter et diriger plutôt.
Les circonstances extérieures (bruit, phénomènes lumineux, objets en mouvement, état atmosphérique, etc.) sont les causes de distraction le plus fréquemment signalées; mais il faut noter que ce sont là des causes immédiates et accidentelles qui s'allient presque toujours à des influences plus profondes, d'ordre psychologique surtout. Cette dernière remarque explique, du reste, pourquoi les mêmes circonstances extérieures ou cosmiques, communes cependant à tous, les élèves d'une même classe, ne provoquent que des cas isolés de distraction chez un petit nombre d'enfants.