‹ L'analyse psycho-sensorielle et ses applications a l'education integrale. --Chapitre 44 sur 83 · APRÈS 24 HEURES IMMEDIATEMENT · texte numérisé non relu

APRÈS 24 HEURES IMMEDIATEMENT

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Sauf les fillettes des deux petits cours (6 à 9 ans), tous les élèves ont été plus sensibles à la suggestion d'attention après vingt-quatre heures. Les garçons ont plus profité du délai que les filles. Ils en ont bénéficié toujours et dans une moyenne de i5 %, tandis que les filles n'arrivent, par intermittences, qu'à 12 %. Jusqu'à présent cependant, elles étaient plus suggestibles. Comment expliquer cette anomalie? Les résultats définitifs des épreuves montrent que les filles n'ont pas fait autant de fautes initiales que les garçons (A, 66, en moyenne générale, contre 5,66). Elles ont donc progressé, par répétition d'expérience, dès la première épreuve, beaucoup plus rapidement.

Il faut donc reconnaître que le comportement féminin s'adapte plus facilement à l'attention immédiate ou suggérée que le masculin. En revanche, celui-ci serait modifié plus profondément par l'élaboration subconsciente durable. Ceci pourrait contribuer à expliquer la supériorité masculine déjà constatée pour l'autosuggestion.

Si nous examinons maintenant la courbe des âges, nous voyons, surtout avec l'aide du graphique n° 10 qui montre huit étapes, de 6 à 16 ans, un parallélisme assez marqué, sous réserve de la remarque précédente, entre les deux sexes, jusqu'à la période pubertaire. Celle-ci provoque une réaction tout à fait inverse chez les filles et chez les garçons. Ce renversement des valeurs, au moment de la formation sexuelle, se remarque ailleurs et devrait retenir l'attention des physiologistes. La suggestibilité féminine est considérable vers la treizième année, époque trouble et dangereuse pour les fillettes qui se découvrent jeunes filles, époque redoutée des mamans et décevante pour les maîtresses. Nous en voyons ici une vérification expérimentale. De cette oscillation brusque et d'ailleurs brève, puisqu'elle ne dépasse pas une année, il ne nous paraît guère possible de tirer un enseignement plus précis, pour le moment du moins. Notons simplement cette crise plus particulièrement féminine sur laquelle nous aurons peut-être l'occasion de revenir.

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ix. - ESSAI D'ANALYSE DE L'ATTENTION PAR LE CALCUL MENTAL

Les préoccupations du Cercle de Luchon se fixaient de plus en plus sur l'analyse des facteurs attentionnels. La valeur du calcul mental, au point de vue psychologique, nous avait été révélée, vers 1909, par un éminent inspecteur général de l'Instruction publique, aujourd'hui disparu après une œuvre trop peu connue, M. Félix Martel. Il nous montra, par ses interrogations très habiles, comment il était possible de juger le niveau intellectuel et surtout l'entraînement général d'une classe élémentaire, par le calcul mental. Dans la suite, il nous est apparu souvent que le calcul mental est un moyen éducatif excellent, tout en ayant une valeur pratique indiscutable. Il oblige les maîtres à mieux interroger : plus progressivement, plus exactement et surtout à prendre l'habitude de laisser à l'enfant le temps de réfléchir pour bien répondre. Il oblige l'élève — et tous les élèves d'une classe en même temps — à faire effort, et ceci est bien un effort d'attention. Nous avons constaté des milliers de fois, en effet, que l'enfant qui ne sait pas trouver la réponse, dans un exercice méthodiquement conduit, est presque toujours celui qui n'a pas écouté ou entendu la question. Il suffit de faire répéter celle-ci pour que, presque toujours, dans les bonnes classes, la réponse exacte suive et assez rapidement. Une fois de plus, les observations pédagogiques orientèrent l'expérimentation psychologique. Dès le début de l'année scolaire 1925-1926, nous expliquions, dans une réunion mensuelle du Cercle, l'intérêt qu'il y aurait à tenter une nouvelle analyse de l'attention par le calcul mental.

Comme d'habitude, le mécanisme des tests fut établi, en toute indépendance, par les institutrices et instituteurs de Luchon qui l'appliquèrent tous avec un égal soin, dans leurs

douze classes de garçons ou de filles, avec épreuves graduées par cours, bien entendu.

L'exercice de calcul mental se fit collectivement. Chaque élève avait, devant lui, une feuille de papier à son nom sur laquelle il ne lui était permis d'écrire qu'à un signal donné, pendant le temps strictement nécessaire à la notation de la réponse et sous la surveillance active des maîtres. L'exercice à peine terminé, les feuilles étaient enlevées pour la correction.

Afin de déterminer la durée des phases principales du processus mental en la matière, nous avions demandé aux élèves d'indiquer, par un geste, que la réponse était trouvée dès que c'était fait. Un maître dirigeait l'exercice, dans chaque classe, assisté d'un collègue qui surveillait les élèves et notait, à l'aide d'une montre à secondes, à partir du moment où la question était posée, le temps mis par chaque élève à trouver la réponse. Ce temps était compté assez exactement à une seconde près, puisqu'il ne comprenait pas celui de l'écriture des résultats.

Un premier test, comportant deux questions par élève, ne donna pas de résultat assez sûr pour que nous puissions en faire état. Un second fut préparé en tenant compte, comme toujours, de l'expérience manquée. Il comprenait une série méthodique de cinq questions. Mme et M. Abadie, directeurs des écoles et des cours complémentaires de Luchon, dirigeaient eux-mêmes ces tests, dans des conditions d'uniformité aussi complètes que possible. 11 était recommandé, en plus, de bien observer et noter les attitudes caractéristiques des sujets pendant toutes la durée de l'expérience.

On avait eu soin, en outre, de graduer les cinq questions, dans chaque classe, de manière à faire appel à la mémoire seule par deux questions de cours déjà étudiées: puis à une première forme de jugement analogique par une question d'application, indirecte mais facile, de moyens connus; et, en dernier lieu, à un effort personnel de deux questions absolument nouvelles, à l'aide simplement des principes généraux acquis. Ceci avait pour but de tester les différentes étapes psychogéniques.

Le tableau ci-contre (n° 18) montre les résultats évalués en moyennes-secondes. Il peut servir à l'étude du temps attentionnel de recherche du résultat.

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