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DES SUBSTANCES ANAPHYLACTISANTES EN GÉNÉRAL

Il convient d'abord d'éliminer les substances, toxiquesounon, qui parune première injection veineuse ne confèrent pas l’état anaphylactique. J'ai déjà rapporté plus haut l'expérience d’Apucco, qui, en 1894, avait vu gue les chiens sont plus sensibles a l’action de la cocaine quand on leur ena donné une dose antérieure. Mais il est impossible de dire au bout de 3 ou 4 jours qu'il n’y a pas là un phénomène d’accumulation, et l'expérience d’Apucco ne porte que sur l'élévation thermique, un peu plus rapide, pour des doses d’ailleurs très voisines.

J'ai essayé avec la cocaine sur les lapins

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de reprendre l'expérience d’Apucco, et je n'ai pas pu trouver sur eux d’anaphylaxie véritable, non plus que sur les cobayes.

Tout au moins les résultats sont-ils tellement faibles qu’on ne peut rien conclure.

Pour l’apomorphine les résultats ont été un peu moins insignifiants.

En étudiant (par injection intrapéritonéale) sur le chien la dose émétisante, il m'a paru que la sensibilité augmentait quelque peu. Mais, commelasensibilitéindividuelle varie plus que du simple au double chez les différents chiens (soit, en poids de chlorhydrate d’apomorphine, nécessaire pour amener le vomissement après injection péritonéale, de 0,0005 à 0,00019), — il serait téméraire de conclure à une M action anaphylactisante. Dorrr n'a pas vu — davantage d’anaphylaxie après injection ; de strychnine. Rosenau et ANDERSON ont expérimenté aussi sans résultat avec la tyrosine et la leucine.

Peut-être quelque jour trouvera-t-on

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9° r x is e X qu'il y a une légère anaphylaxie après

injection de cristalloides; mais jusqu'à

présent tout semble prouver que les seuls colloides sont capables de la provoquer de même que les colloïdes sont seuls capables de provoquer des réactions d’immunité.Il y a même des albuminoides cristallisés, comme l’édestine, sur laquelle Rosexau et ANDERSON ont expérimenté en employant un produit très pur, et ils n'ont pas pu voir (sur le cobaye) d’anaphylaxie.

Done aucun cristalloide ne provoque l’anaphylaxie ; mais d’autre part tous les colloïdes, à peu près sans exception, sont aptes à la provoquer. Je l’ai vue avec les congestines extraites du corps des actinies (Anemonia sulcata, Anthea cereus) ou des subérites (Swberites domuncula), ou des

moules (Mytilus edulis). Arraus l’a vue avec

le sérum de cheval; et d’innombables auteurs ont pu la constater avec tous les sérums hétérogènes sans exception (sérum de bœuf, d’anguille, de chèvre, etc.).

Le mot de sérum hétérogène veut dire i sérum d’un animal d’une autre espèce. « Mais il n’y a pas seulement les différences spécifiques ; il y a aussi des différences « individuelles, de sorte que le sérum d’un individu est dans une certaine mesure hétérogène pour un autre individu, quoique l'espèce soit la même.

J'ai cherché à éluder cette question. Elle est fort intéressante, car elle introduirait — dans la science ce qui n’a pas été encore (ou à peine) abordé jusqu’à présent, la physiologie individuelle, et je dois dire que les . résultats ont été à peu près nuls. |

A cet effet, j'injectais à des chiens par transfusion directe une certaine quantité de sang ; et un mois après au même chien transfusé je réinjectais le sang du même chien transfuseur. La quantité de sang.

qu'on peut injecter (sans déterminer la mort) par transfusion directe est d'environ — 10 à 12 p. 100 du poids du corps (du transfusé). Or si, un mois après, on transfuse.

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de nouveau, on peut injecter 5, 6, 7, 8 et même 9 p. 100 sans déterminer d’accident, sans qu'il y ait quelque symptôme d’anaphylaxie. Des expériences négatives ne comportent jamais de solution définitive; pourtant il paraît bien que Vinjection d’un sang spécifiquement homogène ne provoque pas l’anaphylaxie.

Les expériences, faites avec les sérums hétérogènes, sont innombrables. On en a fait aussi avec les substances albuminoïdes les plus diverses. Avec l’ovoalbumine (Macrenpie (1839); Vaucuan et WuneeLer), avec le lait (Arraus, Besrepka), avec tous les extraits d’organes, quels qu’ils soient (hématies, spermatozoaires, cristallin), avec les albumines végétales extraites des haricots (Ravsirscuex) ; du Aura crepitans (Ch. Ricuer), avec l'extrait du riz, des haricots, du froment (Karasawa), avec l'huile de lin, l'huile de ricin, le beurre de cacao (UstensutH et HAENDEL); avec les albumotoxines produites par les

microbes (Kraus et Dorrr) ; avec les cellules de la levure (Rosenau et AnDERsON), avec les corps des microbes morts, etc. Toutes les substances albuminoïdes sont dans ce cas.

Aussi, ce qui serait à chercher, ne serait-ce pas les substances albuminoïdes qui déterminent l’anaphylaxie, mais bien celles qui ne la déterminent pas. Car, s’il en existe, ce qui est douteux, elles sont assurément — en petit nombre.

ABELOUS et BarDier ont extrait de l'urine M humaine une substance hypotensive, inso- M luble dans l'alcool, soluble dans l’eau, précipitant par le sulfate d’ammoniaque et non dialysable, laquelle a été mani- :

festement anaphylactisante chez le chien i et le lapin.

Pozerski a constaté aussi l’anaphylaxie — pour la papaine, à la fois l’anaphylaxie — locale et l’anaphylaxie générale.

Duxcer et Hirscarezp ont vu l'injection »

du liquide testiculaire dans l'oreille des lapins, qui provoque une assez notable «

SUBSTANCES ANAPHYLACTISANTES 89 réaction quand c’est l'injection première, provoquer, en injection seconde, une réaction extrêmement forte.

Rosenau et ANDERSON avaient déjà noté que l'injection de l'extrait placentaire est anaphylactisante. Reprenant cette expérience, Gozony et WIEsINGER ont trouvé un fait assez intéressant. Le sérum de deux femmes éclamptiques fut injecté a des cobayes, et, 48 heures après, ces cobayes furent soumis al’injection de liquide amniotique normal, lequel détermina des phénomènes anaphylactiques mortels, alors que le liquide amniotique est sans action sur des cobayes normaux. On peut en inférer (encore que l’expérience doive être assurément répétée) que le sérum des femmes éclamptiques contient des substances anaphylactisantes contre les albuminoides du liquide amniotique. Dela peut-étre quelque rapport pathogénique avec l’éclampsie puerpérale.

J'avais pensé que l’émétine, substance

cristallisable, que l’on peut préparer à l’état de très grande pureté, pourrait donner l’état anaphylactique. Et en effet l’émétine à la dose de 0,004 environ (en injection veineuse chez le chien) provoque des vomissements, de la diarrhée et la mort au bout de deux ou trois jours, avec des hémorrhagies intestinales, et une congestion intense de toute la muqueuse digestive. Pourtant il est presque impossible de constater régulièrement une anaphylaxie quelconque, encore que dans certains cas quelques phénomènes similaires apparaissent (prurit intense) lors de l'injection seconde, déchainante, faite 30 a 50 jours apres la première injection.

Quoique les substances définies cristallisables ne produisent pas d’anaphylaxie, il y a en apparence une exception pour quelques médicaments comme le quinine, l’antipyrine et l’iodoforme, qui, chez certains individus prédisposés, déterminent fatalement Vurticaire et le mal-

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être anaphylactique. Bruck a fait à cet effet ume assez curieuse expérience. Le sang d'un malade (qui avait été reconnu sensible à l’iodoforme) a été injecté à des cobayes. Or ces cobayes ont eu des accidents anaphylactiques quand on leur a injecté de l’iodoforme, à des doses inoffensives pour les cobayes normaux. L’expérience a été répétée par KLausner avec le même résultat. Bruck pense quil s’agit d’une anaphylaxie, indirecte en quelque sorte, produite par des substances protéiques dérivant de l’action de Viode sur les protéiques de l'organisme. Là encore, comme dans beaucoup des problèmes que nous indiquons ici, de nouvelles recherches, probablement fructueuses, sont à entreprendre.

H.-G. Wezss a fait avec une albumine pure, extraite de l’œuf, et cristallisable, de très belles expériences. Il a constaté qu'il suffisait, pour sensibiliser un cobaye, de la quantité, colossalement faible,

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de 0s',000 00005, avec la quantité très faible de 0#,00005 en injection déchainante. Chauffée à 100° pendant 45 minutes, cette albumine perd toute toxicité, mais elle peut encore sensibiliser. WELLs à aussi étudié l'influence de la digestion tryptique sur cette albumine, et il a trouvé qu'au bout dun temps extrémement long le pouvoir sensibilisateur diminue. Mais la diminution est faible, surtout si l’on considère la prolongation de l’expérience. Au bout de 59 jours de digestion l'albumine cristallisable était encore sensibilisante à la dose de 08,1.

Doerr, résumant judicieusement, comme d'habitude, ces expériences sur l’action chimique des matières albuminoïdes, en tant qu’anaphylactogenes, conclut ainsi :

1° Les substances anaphylactisantes sont des albumines : globulines, pour le sérum ; albumines, pour le blanc d'œuf.

2° Toutes actions chimiques détruisent rapidement ce pouvoir anaphylactisant,

Le

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mais ne le détruisent qu’en partie. Les résidus, qui sont actifs, peuvent, suivant la quantité, agir comme sensibilisants, ou comme toxiques.

3° Nulle substance chimiquement définie ne peut agir comme anaphylactogène.

(ABDERHALDEN et WEICHARDT n'ont eu que des résultats négatifs avec les acides amidés.)

A la limite qui sépare les colloïdes des cristalloides il y a les peptones. Mais il est assez difficile d’expérimenter avec les

peptones ; car les peptones du commerce (peptones de Wirre) constituent un produit très complexe. Artuus, avec la peptone de Wirte, a obtenu une anaphylaxie manifeste, mais légère (sur le lapin).

Rosenau et Anderson n'ont jamais obtenu qu'une tres faible anaphylaxie. Brenz et Kraus ont pensé aussi que l’anaphylaxie était produite par la peptone, et ils pen-

chent même à croire — quoiqwils ne l’aient jamais formellement exprimé —

que tous les phénomènes d’anaphylaxie 4

sont dus uniquement à la peptone. C’estla une opinion qui semble absolument inacceptable, et sur laquelle il n’y a pas lieu d’insister, puisque aussi bien les quantités de peptone contenues dans le sérum sont minimes, d'un millième peut-être; par conséquent, il faudrait admettre que la dose efficace de peptone serait dans certains cas de 0,000000 001, ce qui est bien invraisemblable.

La gélatine est, comme la peptone, à peu près inefficace : Arruus a fait deux expériences qui ne sont pas très probantes.

Pick et Yamanoucui ont essayé de transformer par des actions chimiques les albuminoides, et ils ont vu que la digestion

du sérum par la pepsine chlorhydrique 4

n’empéchait pas l’anaphylaxie de se produire. Après la digestion tryptique du sérum, en milieu alcalin, il y a encore parfois des phénomènes anaphylactiques ; mais le plus souvent ils font défaut (682).

SUBSTANCES ANAPHYLACTISANTES 95 Le précipité nitrique (xanthoprotéine) de l’albumine du sérum, de même que l’ioduration de cette albumine, n’empéchent pas l’'anaphylaxie, encore qu alors elle devienne assez irréguliere. Cela a été vu aussi par Rosenau et ANDERSON.

Harroce et SsirenskiJ ont été un peu plus loin. Ils ont vu qu'en mettant du sérum en contact avec la trypsine pancréatique, on obtient des produits qui, en première injection même, déterminent des symptômes toxiques plus ou moins analogues à ceux de l’anaphylaxie. Ils en arrivent à conclure que l’état anaphylactique est dû non pas à Valbumine elle-même, mais à certains produits de dédoublement de l’albumine (probablement plus ou moins analogues aux peptones).

On a beaucoup étudié cette action des divers agents chimiques sur l’antigène anaphylactisant, non seulement parce que l'intérêt théorique est très grand, mais encore, et surtout, parce qu’au point de

96 L'ANAPHYLAXIE vue pratique, il serait d’énorme importance d’annihiler ou tout au moins d’atténuer les effets anaphylactisants du sérum.

Rosenau et Anderson ont multiplié ces

essais avec les agents chimiques les plus « divers, en particulier avec le permanga- «

nate de soude (que j'ai aussi employé à la dose de 1 p. 100 sans résultat) ; de

toutes leurs recherches, et de celles d’autres “ auteurs, il ressort en toute évidence que “ l’antigène anaphylactisant est extrêmement |

résistant aux actions chimiques. Tant que

la molécule albuminoïde n’estpas complète- | ment détruite, même lorsqu'elle est aussi —

fortement dédoublée que par la digestion

tryptique, elle demeure anaphylactisante. M}

Il me suffira d'indiquer ici les différentes — manutentions qu'on lui a fait subir (d’après M Besrepka), l’acide butyrique, le citrate de chaux, le chloroforme, l’invertine, la « myrosine, l’émulsine, la morphine, law strychnine, l’eau oxygénée, les sels de ma-" gnésium et d’ammonium, la bile de bœuf, M

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le formol, etc. L’antigene anaphylactisant passe par les bougies de porcelaine, diffuse par les sacs de collodion, n’est pas transformé par les rayons Roéntcen, n’est pas absorbé par les cellules cérébrales, résiste à la congélation, et ne se fixe pas sur le noir animal.

La chaleur à 100°-105° n’empéche pas l'effet anaphylactisant des antigènes. Mais ce n’est là qu’un fait brut, et il importe de l’analyser dans ses détails qui sont multiples.

Il convient d'abord de bien préciser les termes, pour essayer de mettre un peu de clarté dans un sujet très obscur.

Il y a en effet deux phénomènes distincts qu'il faut dissocier. C’est d’abord la préparation de l’état anaphylactique ; c’est-à-dire l'injection de substances anaphylactisantes, que nous appellerons, pour simplifier, substances préparantes ; et en second lieu, par l'injection seconde, le déchainement

Ricuer. — Anaphylaxie. 7

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de l’anaphylaxie, avec production des symptômes foudroyants de l’anaphylaxie même : nous appellerons ces substances, les substances déchainantes.

Il ya donc à envisager quelles sont les substances préparantes (ou anaphylactisantes) et quelles sont les substances déchainantes (amenant le choc anaphylactique).

Dans la majeure partie des cas, la substance préparante est la même que la substance déchainante, et il en serait toujours « ainsi si la spécificité était absolue. Nous verrons tout à l'heure que, si extraordinairement limitée que soit la spécificité (c'est-à-dire l'identité entre la substance préparante et lasubstance déchainante), on ne peut cependant prétendre qu’elle soit absolument complete.

Nous étudierons d’abord l’action de la chaleur sur les albumines en tant que substances préparantes.

BrsrEDKA, dans ses intéressantes études,

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appelle sensibilisines les substances qui déterminent l'état anaphylactique. Mais, comme ces substances sont, en somme, | toutes les matières albuminoïdes, il me paraît plus justifié de leur donner un nom plus général, n’impliquant aucune analogie chimique dans leur structure, et de les appeler substances préparantes.

Tout d’abord un fait est évident, si l’on opère sur des albumines toxiques. C’est que la chaleur diminue énormément l’action toxique de la toxalbumine, même sans qu'il y ait coagulation. Or, malgré cette désintoxication de la toxine, elle n’en reste | pas moins une substance anaphylactisante très efficace. Par exemple la crépitine non chauffée, qui est toxique ala dose de 05,001, après chauffage, est toxique à la dose de 05,030. De même la congestine. Et cependant ces toxines chauffées sont capables d’agir aussi bien lors de l'injection première (anaphylactisante) que lors de l'injection seconde (déchainante). Même il m'a paru

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que, pour développer un état anaphylacti- i que intense, il était avantageux d'employer des toxines chauffées; car alors on peut les M injecter en proportion trés forte. |

Il en est à peu près de même pour le « sérum (de cheval ou de bœuf) dont on * peut diminuer notablement la toxicité en le chauffant à 60°. (RosenNaAU et ANDERson, | BesreDKA, Doerr, etc.)

Toutefois cette action de la chaleur sur “ les toxines est complexe. Car, si, au lieu de : les chauffer à 50-60°, on les chauffe, en | solution diluée et alcaline, à 45°-50° pendant quelques heures, on augmente la toxicité dans une proportion considérable, de 1 à 3 :

ou 4. Je n’oserais dire que le phénomène est M général; mais je l'ai constaté nettement pour les diverses variétés de crépito-congestine et d’actino-congestine. Par conséquent, au-dessus de 60°, l’activité des toxines est — diminuée ; de 40° à 50° elle est augmentée.

Dans aucun cas le pouvoir anaphylacti- | sant n’est alors aboli.

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La limite de température à laquelle ce pouvoir est aboli n’a pas été fixé avec certitude, et il paraît qu'il varie suivant les diverses substances. J'ai vu que l'effet anaphylactisant de l’actino-congestine est diminué quand la substance a été chauffée à 103° pendant trois minutes. Ce n’est pas là une donnée générale ; car avec la crépitine on n’abolit pas le pouvoir préparant par le chauffage à 103° pendant trois minutes, comme l'indique le tableau suivant : (la dose préparante a été de la crépitine chauffée, la dose déchainante a été de la crépitine non chauffée.)

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