‹ L'anarchie et les anarchistesChapitre 6 sur 12 · SS5.61 4 51.005.169 50.0S · texte numérisé non relu

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Toutefois il faut remarquer que la comparaison entre l'évaluation de 1851 (tirée du rapport de M. Vandal au ministre des finances) et celles de 1879 et 1880 (faites en vertu de la loi du 9 août 1879) est impossible. Le territoire de la France n'estplusle même (Savoie, Nice, Alsace et Lorraine) et je ne sais si on a pris les mêmes bases. — Mais les évaluations de 1879 et 1880, sont absolument comparables et font ressortir les modifications suivantes :

Terrains de qualité supérieure. Âug. en faveur de 1880 .... S7.414 hect.

Terres labourables et analogues - - .... 7S1.S0& -

Prés et herbages - - .... 193.340 -

Vignes - - .... SU. 288 -

Bois - - .... S5Î.41S -

Landes, terrains incultes. Diminution 1.36t 606 hect.

Cultures diverses non classés 44.6V9 —

paysans ont été stériles, et on surprend une nuance de découragement. Le Congrès de Paris (1876), où ce sujet fut abordé, adopta des conclusions vagues. On se borna à déclarer « qu'il fallait conseiller aux ouvriers des campagnes de se tenir le plus possible en rapport avec leurs députés, leurs conseillers généraux, leurs conseillers municipaux, pour obtenir la reconnaissance de leurs droits. On devra organiser des conseils de prud'hommes agricoles, et inviter la presse, les publicistes, les écrivains inspirés par un sentiment démocratique à faire pénétrer dans la campagne les idées nouvelles. » (1)

Les travailleurs ruraux ne sont donc plus comme leurs ancêtres disposés à la révolte.

On a soutenu que la classe des travailleurs industriels avait remplacé, dans le martyrologe de l'humanité les populations agricoles. Une telle

(1) En 1872, éclata pour la première fois une grève agricole : les ouvriers de ferme, dans le Warwickshire, réclamèrent un salaire plus élevé, et organisèrent une union. L'Association internationale des travailleurs tenait précisément alors ses assises à Nottingham; elle ne laissa pas échapper cette occasion favorable de prendre un rôle dans ce mouvement agricole. Elle chercha à recruter des adhérents parmi les ouvriers du Warwickshire en intervenant à grand bruit pour empêcher les ouvriers irlandais de venir remplacer les grévistes. Mais la grève ne dura pas, et, de part et d'autre, des concessions y mirent fin. Cette grève eut pour principal résultat d'avoir constitué une Union nationale des ouvriers agricoles qui survécut, et qui a pris une assez sérieuse influence. (V. M. le Comte de Paris, Ouvriers en Angleterre, p. 149).

200 IMPXnSSANCE DES DOCTRINES ANARCHISTES

assimilation ne peut énianer que d'imposteurs ou d'ignorants.

Il n'est pas besoin de rechercher dans les anciens mémoires, les détails de la vie quotidienne, pour savoir combien déplorable était la situation du bas peuple, el se rendre compte de la différence des temps. Nous n'avons pas passé deux siècles à piétiner sur place. Et Dunoyer a pu écrire : « L'histoire de la civilisation depuis la chute de l'Empire Romain n'est â proprement parler que l'histoire de l'avancement des classes laborieuses. » Le bien être a augmenté dans toutes les classes , (1) les loge-

(1) Les statistiques qui relèvent le nombre des pauvres à Paris fournissent des renseignements contradictoires quant aux chiffres, mais concordants en ce qui regarde le mouvement de cette population.

En 1800, 1 indigent siu- 15,37 hab.

— 1850, 1 — — 16,38 — (malgré la crise de 1848>.

(Rapport de M. Husson. Journal de la Société de statistique, novembre 1864).

En 1874, 1 indigent sur 15,09 habitant.

{Revue des Deuoe-MondeSf 15 juin 1881. La misère à Paris, par M. D. d'Haussonville;.

En 1829, 1 indigent sur 13,02 habitants.

(P. Leroy -Beaulieu, Le collectivisme, p. 311. V. la discussion de ces chiffres, et, p. 308 le tableau du paupérisme en Angleterre).

ments s'assainissent (1), ta nourriture est devenue

V. Robert Giffen , On récent accumulation of capital in theUnited Kingdom (Bulletins de statistique du ministère des finances , février , mars et avril 1878) . — Rapport de M. Leone Levi sur la Répartition des richesses. (Bulletin, février 1884.) — Fawcett, Travail et salaires (trad. Raffalovitch), chap. V.

(1) A Paris, le loyer moyen par personne était : en 1817, 90 fr. ; en 1839, 110 fr. ; en 1878, 150 fr. ; en 1876, la statistique officielle l'évaluait à 167 fr. : M. P. Leroy- Beaulieu l'estime à 190 fr. L'augmentation, de 1817 à 1872, est inférieure à l'augmentation des salaires : de 1872 à 1876, elle y est sensiblement égale. Le minimum de loyer annuel des logements non garnis pour ouvrier est actuellement à Paris de 100 à 150 fr. pour une chambre; de 150 à 200 pour une chambre et un cabinet ; de 200 à 250 pour deux pièces et une cuisine. En 1882, sur 684.952 logements servant en moyenne à trois personnes, 468.641 (soit plus des deux tiers) étaient de moins de îIOO francs. Sur 46.815 ménages inscrits au bureau de bienfaisance, 32.120 payaient des loyers inférieurs à 200 francs, — Il est regrettable que les ouvriers français n'imitent pas les Building Societies d'Angleterre, qui en 1869, comptaient environ 200.000 membres. Voici le fonctionnement le plus ordinaire : le capital formé par des cotisations hebdomadaires est employé à acheter des terrains et à bâtir des maisons. (Souvent le prix de la construction ne dépasse pas 5000 francs). Les maisons sont tirées au sort. Le sociétaire favorisé continue de payer sa cotisation, dont le versement est garanti par une hypothèque sur son immeuble ; en même temps il paie un loyer minime de façon à compenser l'avantage que lui a fait le hasard. Lorsque la dernière maison est achevée, elle est donnée au dernier sociétaire qui jusque là n'a rien gagné, et la société se dissout. (G*® de Paris , Ouvriers en Angleterre, p. 170). En France, les ouvriers n'ont pas pris cette initiative ; des sociétés spéciales, ou de grands industriels, — notamment la G*» du charbonnage du Hazard, la Société des cités ouvrières de Mulhouse, la

meilleure, sans que le prix s'en élevât proportionnellement (1); les vêtemenls sont plus confor-

G" d'Anzin, le Greuzot, le familistère de Guize de M. Godin, la cité ouvrière de Noisel de M. Menier, M. le comte de Madré et la Société coopérative immobilière de Paris, les cités ouvrières impériales, la Société de Passy-Auteuil,^ ont cherché à améliorer, au point de vue du prix et de l'hygiène les logements ouvriers : les villes et l'Etat s'en préoccupent actuellement. A Londres, il y a 27 sociétés fondées dans ce but. (V. une communicatipa de M. Gacheux, ingénieur à Paris, au Gongrès de l'association pour l'avancement des sciences, 26 août 1882 et 1883, p. 944. Revue des Deux- Mondes ^ l®"" mai 1883, La vie et les salaires à PariSy par M. 0. d'Hausson ville ; l'ouvrage de MM. Muller et Gacheux, qui a obtenu une médaille d'or à l'exposition de 1878, et P. Leroy-Beaulieu : Le Collectivisme, p. 431 ; une communication de M. Georges Picot, à TAcadémie des Sciences Morales et Politiques du l»"" Mai 1885.)

(1) Un ouvrier dépense à Paris, pour sa nourriture de 550 à 750 francs par an. Depuis quelques années les fourneaux économiques qui datent du commencement du siècle se sont multipliés. Dans ces établissements on peut faire un repas convenable pour fr. 65. La Gompagnie d'Orléans a établi des réfectoires où le repas qu'elle fournit à ses employés et ouvriers leur revient de 0.65 à 0.70. L'hôtel Louise organisé par M. Jules d'Andrimont, directeur du Gharbonnage du Hasard près de Liège, donne pour 1 fr. 50 deux déjeuners, un dîner et un souper. D'autres grands industriels et commerçants ont fait de même. Dans les gargottes, il faut com.pter 1 fr. 25 pour un repas suffisant.

Consommation du pain. — A Paris, la consommation individuelle moyenne est actuellement de 157 kilos par an. En province et dans les campagnes elle est bien supérieure : mais à Paris, on ne consomme que du pain blanc. Dans les chefs-lieux, la consommation annuelle moyenne a été en 1875 de 203 kilos 42, et en 1877, 219 kilos 47. Le pain est une des dépenses principales de l'alimentation pour les Français ; à Mulhouse, où pourtant les habitudes allemandes

tables, plus élégants et pourtant, ils sont, non

se font déjà sentir, il entre encore pour 3^ Vo dans la nourriture des ouvriers. Or, le pain de 1" qualité coûtait,, dans la première moitié du siècle, environ fr. 34 le kil.: en 1865 , 0,39 ; en 1867, 0,43 ; en 1875, 0,33 ; en 1884, 0,35 à Paris, et 0,30 en province.

La production du blé a monté de 1 million d'hectol. par an, en moyenne, de 1820 à 1870; depuis 1870, elle a baissé. ^V. Congrès de l'Association pour l'avancement des Sciences 26 août 1882, communication de M. Dubost, directeur de l'école de Grignon.) Le prix moyen du blé augmente peu à peu, mais très lentement, et il n'y a plus de variations brusques dans les prix : le prix est moins variable d'une année à l'autre et d'un lieu à un autre. Il oscille actuellement entre 20 et 23 fr., mais le blé américain (qui apparut sur le marché français en 1828) se maintient presque toujours légèrement au dessous du prix du blé Français : il s'est vendu en 1843, 12,75 : c'a été le minimum.

Consommation de la viande. — La France consommait en viande de boucherie, sans compter les abats et les issues : en 1847, 52 millions de kilog.

A Paris, la consommation de la viande a absorbé : en 1872, 2.266.996 tètes de bétail 1880, 2.965.220 —

Et on vendait à la criée des halles :

en 1872 18.150.660 kilos dé viande 1880 29.643.945 La consommation moyenne annuelle était à Paris :

en 1780 de 65 kilos de viande par habitant Sous le premier empire 71 —

en 1850 79 —

Dans les chefs-lieux : 1875 ' 78 —

La consommation de la viande augmente d'une façon constante. Le prix de la viande a beaucoup monté depuis soixante ans ; mais dans ces dernières années, il y aurait plutôt une tendance à la baisse : un bœuf Valait moyen-

pas même d'une façon relative, mais absolument moins chers (1) ; la moyenne de la vie humaine

nement en 1826, 200 fr. ; en 1847, 320 fr. ; en 1860, 490 fr. ; en 1870, 520 fr. ; en 1877, 480. Le prix moyen du kilog. de de viande vendue à la criée à Paris a été :

Viande de bœuf en 1872 1,43 en 1880 1.35

veau — 1,56 — 1,48

mouton — 1,58 — 1,41

porc — 1,48 — 1,50

Consommation du vin, — Moyenne annuelle par tête

dans les chefs-lieux :

en 1875, 189 litres 03 Prix : 39.85 l'hect.

Consommation dU sucre. En 1820, 48.096.497 k.

1830, 63.133.553 1840, 107.971.986 1845, 117.295.544 Prix 71,25 1855, 160.852.612 — 69,20 1865, 237.402.000 - 60,40 1870, 243.920.000 - 61,10 1875, 264.248.000 - 53,60 Antérieurement à 1870 les sucres importés étaient seuls frappés d'un droit de 42 fr. les '/ao. Depuis tous les sucres ont été imposés de 54 fr. 60 à 65 fr. 52 les %•

D'une façon générale, en France la production agricole était en 1700 de 15 cents millions de francs, (environ 77 fr. par habitant) ; en 1813, 3 milliards 356 millions (118 fr. par habitant) ; en 1840, de 6 milliards 22 millions (225 fr. par hab.) en 1862, de 10 miUiards 568 millions.

(1) Au xviir siècle on produisait, en France, par an, 40 millions de francs de tissus do laine. En 1812, 238 millions , en 1878 plus de 1.200 millions. En 1828, on filait en France 30 millions de kil. de coton ; en 1846, 64 millions. En 1877 on a produit en France 584 993 kil. de chanvre ; 408.060 de lin ; 42.737.197 de laine. En 1877 nous avions en

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s'est accrue; (1) tandis que le prix des choses de première nécessité tendait à diminuer, ou augmentait médiocrement, les salaires montaient d'un mouvement très-rapide. (2) Le

activité 4.383.140 broches pour le coton ; 2.749.952 pour la laine ; 683.345 pour le lin, chanvre et jute. — Indépendamment de la production nationale, presque toute manufacturée en France, la France consommait en 1865, 261 millions de kil. de matières textiles importées (contre 113 millions en 1851). Voici les prix moyens des diverses étoffes par kil. :

Toile de lin ou chanvre écrue . . IV 11,60 V,75 k,9ù 6,30 Etoffes de sole pure unies (excepté

les foulards) 110 100 Ikk lt6 97

Etoffes de soie mêlées à d'autres

matières 70 70 8t 8t 7t

Draps de laine f7 t* t8 18,75 18

Etoffes diverses de laine 16 fl S4,55 16 H

Bonneterie de laine 16 18 10 14,60 14,60

Etoffes de laine mélangée .... 11 10 84,16 10,60 11.40

Toiles de coton écru 15 4 8,80 4,66 8,61

Laine en masse 4 4 8,10 1,80 1,60

(1) En 1789, la moyenne de la vie était de 28 ans environ ; elle dépasse aujourd'hui 37 ans. (Levasseur, Histoire des classes ouvrières, t. 1, p. 82). — Un fait a donné une preuve singulière de cette prolongation. La caisse des retraites, fondée par l'Etat le 18 juin 1850, s'est, en 1864, trouvée de 500.000 francs en déficit sur ses évaluations, simplement parce que les tarifs avaient été évalués d'après la table de Deparcieux, qui a été calculée sur la mortalité au xvin» siècle.

(2) La grande commission d'enquête, chargée par l'Assemblée nationale d'étudier les conditions actuelles du travail en France a constaté que de 1853 à 1871, le salaire des hommes non nourris a augmenté de 41 0/0 ; celui des femmes de 38 0/0. Dans l'industrie parisienne, le salaire des hommes et celui des femmes a augmenté de 31 0/0. Dans

travail est libre, et, sous le poids des raisons économiques, la répartition des produits du tra-

l'industrie des textiles, de 81 0/0. Dans les mines et hautsfourneaux, de 1855 à 1875, l'augmentation a été de 62 0/0. (V.le rapport de M. Ducarre). — D'après un rapport de la Chambre de Commerce de Paris, les salaires, de 1850 à 1870, se sont élevés à Paris : pour le peinture et la vitrerie de 38 0/0 ; pour la menuiserie et pour la marbrerie de 40 0/0 ; pour la maçonnerie, la charpente et l'industrie du bronze de 30 p/0 ; pour la typographie de 35 0/0 ; pour les mécaniciens, chaudronniers, fondeurs 45 0/0. — Voici d'après l'annuaire de statistique publié par le ministère de l'Agriculture et du Commerce le salaire moyen des ouvriers non nourris :

En 187t. A Paris, 4,6S En province dans les chefs-lieux 170

4Q.« i a9 f hommes 5 « aa ( hommes 3.12

1876 4.63 ç fe^jnes j ^q *•»« ( femmes 1.68

.___ .«f hommes 5.18 •«7 ( hommes 8.14

1877 4 78 ( femmes t.80 '' ( femmes 1.61

On peut consulter les tables de l'annuaire qui donnent les salaires moyens d'un très grand nombre de professions. Toutefois, il fau*^ se défier de la moyenne en pareille matière, et surtout de la moyenne générale telle que nous l'avons reproduite ci-dessus : car elle est faussée par les salaires de quelques ouvriers exceptionnels, ou de quelques industries privilégiées, et surtout, on ne fait pas entrer en ligne de compte les chômages, même réguliers. -- M. d'Haussonville a publié dans le n° du 15 avril 1883 de la Revue des Deux-Mondes un remarquable article sur la vie et les salaires à Paris. M. d'Haussonville divise les métiers (d'hommes ou de femmes) en 3 catégories. Métiers d'hommes : l" catégorie. Métiers intellectuels ou artistiques (orfèvre, bijoutier, graveur, typographe) : salaire habituel de 7 à 10 fr. ; salaire élevé de 10 à 15; salaire exceptionnel de 15' à 30. — 2«« catégorie. Métier demandant de la force et une certaine instruction professionnelle (tous les cruvriers du bâtiment, do l'ameublement, de la construction, de

vail se modifie conformément aux aspirations

machines, des wagons,de voitures) : salaire minimum 5 fr. maximum 12 fr. Cette catégorie, de beaucoup la plus nombreuse, est celle qui a le plus profité de la hausse des salaires. (En général l'augmentation a été plus sensible pour les salaires élevés que pour les salaires moindres.) Dans le bâtiment, la journée des ouvriers à fort salaire a depuis sept ans (de 1875 à 1888) monté de 60 0/0 ; pour les ouvriers à petit salaire, l'augmentation n'a été que de 25 0/0. Dans la construction des machines, l'augmentation moyenne a été de 33 0/0 ; dans la construction de wagons et voitures 300/0.

— 3"o, catégorie. Métiers ne demandant que de la force physique : Salaire de 3 à 4 fr. 5(). — Métiers de femmes. l"*» catégorie. (Peintres en porcelaine, compositrices de dessins pour châles et tentures, monteuses xie guirlandes de fleurs, typographes, etc.) 6 à 8 fr. — 2»« catégorie. (Fleuristes, brodeuses, modistes, couturières, lingères, brunisseuses, monteuses d'ombrelles, cartonnières, repasseuses, savonneuses, etc.) Certaines de ces professions donnent des salaires de 5 à 6 fr. par jour, mais subissent des chômages qui vont jusqu'à 7 ou 8 mois par an. La majeure partie gagne de 2 à 3 fr. Certaines professions ne donnent que 1 fr. 25 (lingerie courante pour confection), 0,90 et même 0,60 pour n ne journée d'environ 12 heures de travail (couseuses de sacs).

— S"» catégorie (Employées dans les fabriques d'allumettes, chandelles, caoutchouc, couvertures, effilochages de laine triage de chiffons, etc.) de 1 à 1,75. Cette dernière catégorie employait, à Paris, selon M. P Leroy-Beaulieu , 15.000 ouvrières en 1873.

M. d'Haussonville a, avec la marge nécessaire, selon le sexe, rage, le tempérament, évalué le budget minimum de dépenses d'un ouvrier :

Logement - 100 à 150 fr.

Nourriture 550 à 750

Vêtement 100 à 150

Chauffage, éclairage, blanchissage, menues dépenses 100 à 150

Total 850àl200

ouvrières : tandis que les salaires montent, Tin-

II faut donc que l'ouvrier gagne au minimum de 2.35 à 3.35parjour.— Chez les hommes les salaires sont suffisants: les ouvriers les moins favorisés dépassent le minimum, et beaucoup gagnent assez pour subvenir très largement aux besoinsde leur ménage. En 1876 on comptait 248.992 ouvriers à Paris et 74.128 hommes de peine :

74 0/0 gagnaient au minimum 4 fr. (de 4 à 30 fr.) 22 0/0 — — de 3 à 4 fr.

4 0/0 — — moins de 3 fr.

Chez les femmes les salaires trop faibles sont la règle. La statistique oificielle indiquait comme moyenne du salaire des femmes : en 1864, 2 fr. 14 et en 1882, 2 fr. 78. En réalité, la grande majorité ne gagne en 1882 que 1 fr. 50 ou 2 fr. Aussi les bureaux de bienfaisance ne secourent que 25.092 hommes contre 41.291 femmes ainsi réparties : 5.i68 femmes de journée.

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