‹ L'anarchie et les anarchistesChapitre 7 sur 12 · couturières · texte numérisé non relu

couturières

V. le recueil intitulé Série des prix de la ville de Paris* V. V Economiste Français des 16 et 30 décembre 1882.

Le délégué des ouvriers couvreurs à l'Exposition de Paris en 1867 faisait ainsi le budget d'un ménage ouvrier avec deux enfants. (V. Revue des Veux-Mondes 1*' oct. 1868. Opinion des ouvriers sur l'industrie, par M. E. Saveney. Logement .... 250 - 300 Vêtements.... 400 Blanchissage . 36

Nourriture... ? (déjeuner de l'homme hors du logi.s)

àlfr.25,290fr.

D'après un récent travail de M. Leone Levi le revenu moyen par famille d'ouvriers aurait monté, de 1300 fr. en 1851, à 2075 fr. en 1881 : soit 59 0/0 d'augmentation. Une autre statisticien anglais, M. Robert Giffen fixe a 70 0/0 en moyenne l'augmentation du salaire du 1830 à 1880. (Progress ofthe Working class in the last half century) (V. P. Leroy-Beaulieu , Le Collectivisme ^ p. 50; Bulletin du

IMPUISSANCE DES 'doctrines ANARCHISTES 209

térêt du capital diminue. (1) Les gouvernements enfin ne demeurent plus impassibles et muets parmi les sommets inaccessibles d'une classe privilégiée. (2) Si, selon la belle pensée de L. Reybaud, si l'esclavage antique ej; la servitude du moyen-âge ont été féconds au point d'enfanter la civilisation moderne, que ne faut-il attendre de la liberté même, et ne serait-ce pas impie de désespérer de l'avenir, en comparant le présent au passé ?

A. côté de ce progrès général de la civilisation , certaines améliorations , qui touchent

ministère des finances, février, p. 201, mars, p. 359, spécialement les tableaux des revenus et des salaires en Angleterre, Fawcett, Travail et Salaires, chap. I.)

(1) V. sur cette tendance au nivellement des fortunes, l'ouvrage de M. P. Leroy ^Beaulieu sur la Répartition des richesses.

(2) Le gouvernement français et le gouvernement allemand se préoccupentparticulièrementdes questions de cette nature. Le gouvernement allemand a créé un Conseil économique (Volkswirthschaftsrath) : cette assemblée, composée de négociants, d'industriels, de propriétaires, d'agriculteurs, etc., choisis par le gouvernement qui les dédommage pécuniairement, doit prêter à l'élaboration des réformes qui sont à Tordre du jour, le concours de son expérience : elle s'est réunie pour la première fois, le 27 février 1881. Il est très intéressant de voir l'empire d'Allemagne remonter la pente économique que nous avons suivie depuis cent ans ; M. de Bismarck rêve le rétablissement des corporations fermées, et l'ingérance de TEtat dans toutes les questions du travail. Les économistes sont unanimes à le blâmer : reste à savoir si cette réforme a des avantages politiques qui en compensent les inconvénients économiques.V. E. de Lave-

byGoogk

plus particulièrerLenJ; les ouvriers , ont déjà produit de bons résultats. Les associations coopératives de consommation diminuent les frais de l'existence ; (1) les sociétés de secours

leye, Le socialisme contemporain, p. 77 une citation d'un discours de M. de Bismarck du 17 septembre 1878.

(1) En 1865, il y avait en Angleterre, 615 sociétés de consommation comprenant 148.586 membres et un capital action de 20.486.175. Elles achetaient pour 84.346.175 fr. et vendaient pour 76.577.200 fr. de denrées, avec un bénéfice de 6.980.650 fr. —En 1870, 969 sociétés comptant 246.113 membres et représentant un capital de 50.856.525 fr. : elles achetaient pour 205.061.650 fr. de denrées et revendaient pour 286.443.525 avec un bénéfice net de 13.885.875 fr. En 1879, 1.169 sociétés comptant 573.084 membres, et représentant un capital de 143.697.675 fr., ayant vendu pour 4.175.088.410 fr. et réalisé un bénéfice net de 48.737.825 fr. — Voici à titre d'exemple extraordinaire de succès le relevé de situation de la Société des Equitables pionniers de Rochdale en 1881 :

Nombre des associés. 10.697

Capitaux 7.553.795

Montant des ventes 6.803.550

Bénéfices, intérêts compris 1 . 156 . 050

La Société est propriétaire de l'immeuble où s'exerce son commerce ; elle coiûmandite la Wholesale society ; elle a créé par actions des Sociétés de secours mutuels et d'épargne, a établi des écoles, des cours; elle dépense par an 22.100 fr. en frais d'éducations. — En novembre 1882, la Société de consommation de la ville de Leeds, en Yorkshire, qui comprend 20.400 membres, a construit pour ses besoins un moulin à farine qui lui a coûté 1.400.000 fr. A cette occasion elle célébra une grande fête, et sur la façade de son local principal elle avait disposé l'inscription suivante : « Ce que peut la coopération : Elle fera de chacun le propriétaire de sa propre demeure ; elle enseigne à tous à penser ; elle améliore l'habitation de l'ouvrier ; éteint les dettes ; provoque une répartition plus équitable de la richesse ; réconcilie le travail et le capital, fait hausser le salaire des ouvriers

mutuels (1) et les assurances (2) adoucissent les difficultés temporaires.

sans avoir recours aux grèves ; crée des habitudes d'économie et d'épargne. »

En 1881, il y avait en Allemagne, 195 Sociétés de consommation. En Suisse on en rencontre presque dans chaque commune.

En France, c'est sous la forme d'Association de consommation que la coopération est la plus développée: je ne connais pas de statistique complète sur ce point. On compte une trentaine de Sociétés dans le département de la Seine, et dans presque toutes les villes, au moins de moyenne importance, on en rencontre ; en général elles sont assez florissantes.

(1) La première société qu'on puisse appeler société de secours mutuels date de la fin du siècle dernier ; c'était la confrérie des porte-faix <îe Marseille. Quelques-unes, notamment à Grenoble, se fondèrent sous l'Empire. Sous la Restauration, elles se développèrent très peu. Un élan marqué signala le gouvernement de Juillet. En 1852, date de la première statistique générale à cet égard, on compte 2.438 sociétés sur lesquelles 45 antérieures au xix® siècle ; U4 fondées de 1800 à 1814; 337, de 1814 à 1830 ; 1.088, de 1830 à 1848. Beaucoup d'autres avaient sombré de 1848 à 1851.

En 1854 il y avait en France 2.940 sociétés comptant 351.101

Les ressources financières de ces 6.293 sociétés s'élevaient

à 85.752.389 francs. — En Angleterre, on estime à 3.000.000

le nombre des membres des Sociétés de secours mutuels,

leurs souscriptions annuelles à 125 millions, et leurs fonds

de réserve à 3 à 400 millions.

(2) Les Compagnies d'assurances sur la vie, qui datent de . la Restauration, et qui, jusqu'à ces derniers temps, ne

212 IMPUISSANCE DES DOCTRINES ANARCttlSTES

Ces institutions remédient à des maux; il en est d'autres, dont Tinfluence est plus efficace, qui les préviennent, et sont des œuvres, dont

recrutaient leurs assurés que dans la bourgeoisie, commencent à s'acclimater dans le monde des travailleurs. Voici le tableau de la situation des Compagnies d'assurances françaises à primes fixes.

Page 1