‹ L'anarchie littéraireChapitre 20 sur 40 · Toute licence sauf contre l'amour : page · texte numérisé non relu

Toute licence sauf contre l'amour : page

l'état actuel, un pauvre Moi sans domicile. Les vieilles demeures, la religion, la morale, les lors, la patrie sont « choses écroulées, auxquelles nous ne pouvons emprunter des règles de vie ». En attendant qu'on lui ait refait de nouvelles certitudes, le Moi doit se suffire. Qu'il rentre en luimême et se cultive *.

Mais comment se cultiver? C'est bien simple. Il faut être clairvoyant et fiévreux, « mettre du feu sous sa sensibilité » et le regarder brûler. Vous n'êtes pas sans savoir qu'on n'est jamais si heureux que dans l'exaltation, et vous n'ignorez pas davantage qu'on n'est jamais si exalté que lorsqu'on observe ses emballements. Eh bien, alors, exaltez-vous et analysez-vous. — Le feu va s'éteindre ! Quel aliment lui donner? — Voici : Il y a d'abord la méthode d'Ignace, qui fut un maître dans l'art de « mécaniser les sensations » et de parvenir « délibérément » à l'enthousiasme. Et puis, il y a l'étude, la curiosité, surtout les voyages. Seulement, il ne faut jamais partir seul. Il est nécessaire d'être accompagné d'une jeune femme bien vibrante, telle que la Marina d'André Maltère ou la Bérénice de Philippe. Prises pour réflecteurs, ces douces créatures éclairent merveilleusement par les dessous la psychologie d'un pays. Avec elles, on comprend tout de suite l'Italie, l'Espagne, et soi-même.

Un autre expédient préconisé pour se maintenir

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