XIV PRÉFACE
Non, sans doute. Une page de M. Doumic me rassure complètement. Il nous rappelle, dans une de ses études, que les premières années du xvn^ siècle présentèrent les mômes symptômes de malaise que ceux que nous relevons aujourd'hui parmi nous. Obscurité, ailectation, engouement pour la littérature espagnole et italienne, mauvais goût triomphant au théâtre avec Hardy, dans la poésie avec Scarron, mélange d'érotisme cynique et d'effusions pieuses chez les poètes, cabarets artistiques où accourait une bohème débraillée qui avait ses Verleine et ses Bruant, ce sont des traits d'anarchie semblables à ceux de notre époque qu'on pourrait retrouver à l'aurore du Grand Siècle, le plus raisonnable et le plus glorieux de tous. « C'est donc, faut-il ajouter avec M. Doumic, que dans les lettres comme ailleurs, une transformation ne va pas sans accident, que tout changement s'annonce par un bouleversement et qu'on ne bâtit que sur des ruines. Un courant littéraire se continue jusqu'au jour oii l'idéal qui l'avait déterminé se trouve épuisé ; à partir de ce jour-là et jusqu'à ce qu'un autre idéal se soit imposé, il y a forcément une période où la littérature, comme affolée, va en tous les sens et le plus souvent à rebours du bon sens. »
Il n'y a donc pas lieu de se désespérer. Où donc