‹ L'anatomie comparée des animaux basée sur l'embryologie (volume 2)Chapitre 4 sur 67 · JJ · texte numérisé non relu

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Fiff. 632 à 638.

Principales phases du développement embuvonnaire des Autiiropodes {aspects exlérieiirs).

chez rembryon 1res jeune et dénote ainsi rhomodynamie de ces éléments, ils dilïerent entre eux, et s'unissent en régions de forme et de situation dissemblables. Leurs appendices, quoique conservant leur nature articulée, se modifient également suivant leur position dans l'économie.

Les téguments se recouvrent d'une épaisse cuticule, parfois encroûtée de calcaire, dont la substance principaleest delà chitine ; cette assise de revêtement, qui constitue souvent une carapace véritable servant à protéger les tissus mous, est exsudée par l'ectoderme, et rejetée en dehors de lui. Dans les étranglements annulaires qui séparent les uns des autres les segments du corps, ou les articles des membres, cette couche cuticulaire, plus mince qu'ailleurs, est, en même temps, plus souple et plus flexible, afin de permettre les déplacements et les ploiements. — Chez un certain nombre d'Arthropodes inférieurs, la respiration s'effectue parles téguments euxmêmes, et il n'existe aucun appareil spécial, destiné à cet usage. Plus fréquemment, des organes destinés à la respiration se développent pour se prêter à celte fonction ; tantôt ils consistent en membres, ou en parties de membres, à peu près privés de revêtement cuticulaire, amincis et lamelleux, afin de mieux faciliter les diffusions gazeuses; tantôt ils répondent à des dépressions tégumentaires, qui s'ouvrent au dehors d'une part, s'enfoncent dans le corps d'autre part, et permettent aux milieux extérieurs de pénétrer dans leur cavité. Le premier type se trouve surtout chez les Arthropodes aquatiques ; le second chez la majorité des Arthropodes terrestres.

Les centres nerveux se composent de deux portions principales : un cerveau, et une moelle ganglionnaire ventrale. Le cerveau, volumineux, est placé dans la tête ; il repose sur l'œsophage, et occupe, en conséquence, une situation dorsale par rapport au tube digestif. La moelle, par contre, est inférieure à ce dernier ; elle s'étend, sur la ligne médiane et ventrale, depuis l'œsophage jusqu'à un niveau variable, suivant les types, de la zone moyenne ou de la zone postérieure de l'organisme. Elle s'épaissit par places; les régions, ainsi élargies, contiennent des cellules nerveuses, et constituent des ganglions, d'où parlent la majorité des nerfs émis par elle; dans la règle, chaque anneau possède un ganglion nerveux. Les deux centres nerveux, cerveau et moelle ventrale, s'unissent l'un à l'autre par le moyen d'un collier œsophagien, qui embrasse la partie initiale du tube digestif. Très souvent, à la suite de l'influence exercée sur eux par la symétrie bilatérale du corps entier, leurs côtés prennent de beaucoup la prépondérance sur leurs milieux, ettous deuxparaissentcomposésde moitiés égales, symétriques, juxtaposées sur la ligne médiane, et de même structure : le cerveau comprend deux ganglions cérébraux, la moelle deux cordons voisins et soudés d'espace en espace. — Les appareils sensoriels ne font presque jamais défaut : ils appartiennent au tact, à l'audition, à l'olfaction, à la gustation, et à la vision ; les plus fréquents sont les premiers et les derniers. Leur place sur le corps est sujette à des variations nombreuses ; pourtant, la majorité se

localisent sur la tête, ou sur ses appendices. Les systèmes visuels sont les plus compliqués ; ils sont composés clans la plupart des cas, c'est-à-dire constitués par la coalescencc d'un certain nombre de petites unités semblables.

Le tube digestif est, par sa nature, l'un des plus caractérisli([ues organes des Arthropodes. Il est formé par l'union de trois parties, d'abord indépendantes et séparées, qui s'abouchent ensemble pour former un seul appareil continu : l'intestin antérieur, l'intestin moyen, et l'intestin postérieur. Parmi ceux-ci, le second se délimite sur place, dans l'intérieur de l'économie; il est la persistance directe de l'entéron, et son épithélium limitant n'est autre que l'endoderme. Le premier et le troisième dérivent des téguments; ils consistent en dépressions ectodermiques, ouvertes au dehors, qui vont se joindre à l'intestin moyen ; aussi, à cause de leur provenance, possèdent-ils parfois un revêtement cuticulaire, surtout développé dans certaines régions de l'intestin antérieur. Celui-ci porte la bouche, percée sur la face ventrale de la tête; elle donne accès dans un œsophage, ([uelquefois renflé, dans sa zone profonde, en une poche stomacale. L'intestin moyen vient ensuite, plus ou moins volumineux suivant les types. Enfin, l'intestin postérieur part de ce dernier, et, semblable à un tube allongé, parcourt en son axe la majeure portion de l'économie, pour déboucher au dehors par un anus terminal et postérieur. — Souvent, ces trois zones digestives possèdent des annexes glandulaires. Parmi ces derniers, les plus constants, comme les plus gros, dépendent de l'intestin moyen, et jouent un rôle actif dans les phénomènes de la digestion ; ils composent l'appareil nommé le foie, qu'il vaudrait mieux désigner par le terme de glande entérique. Les appendices des autres régions digestives sont plus spécialement utilisés dans la préhension ou la trituration des aliments, ou dans la sécrétion des substances nécessaires à plusieurs des manifestations vitales de l'individu, ou dans l'excrétion ffig. 626 à 628, p. 811).

Le corps contient toujours une musculature puissante. Chez les types inférieurs, et chez les embryons des autres Arthropodes, ses faisceaux sont épars dans tous les sens, afin de se prêter aux exigences d'une contractilité générale; seuls, ceux qui meuvent les appendices possèdent une disposition plus régulière, et un volume plus grand. Cette dernière structure acquiert une haute importance, en ce qui concerne la majorité des Arthropodes adultes; la division du corps en anneaux mobiles les uns sur les autres, et la distribution des appendices par paires, donnent aux muscles de l'économie une allure métamérique des plus nettes. Pourtant, les anastomoses mutuelles de faisceaux divergents, et la subdivision fréquente de plusieurs d'entre eux, dénotent que cette organisation découle d'une structure mésenchymateuse primordiale, qui s'est régularisée. — Par un phénomène remarquable, cette musculature est, d'habitude, composée de fibres striées; les Arthropodes s'écartent ainsi de tous les autres Invertébrés où la striation musculaire, non seulement est des plus rares,

mais encore ne se trouve, lorsqu'elle existe, que dans un petit nombre de muscles spéciaux, aux contractions rapides et souvent renouvelées.

L'appareil circulatoire est lacunaire. Il consiste en un réseau de cavités, creusées dans la trame conjonctivo-musculaire du mésoderme, et anastomosées entre elles dans tous les sens. Ces espaces, souvent privés de parois propres, contiennent un plasma liquide, qui charrie des globules munis d'expansions pseudopodiques. Ce liquide circulant est chargé de toutes les fonctions relatives aux échanges vitaux ; il sert, tout autant, au transport des matériaux alimentaires qu'à celui des gaz de la respiration. Cet appareil possède un cœur, allongé d'habitude, et placé dans la région dorsale du corps, au-dessus du tube digestif. En outre, dans le cas où l'organisme atteint une assez grande complexité, et surtout chez les Crustacés supérieurs, les principaux viscères s'entourent d'une lacune fort ample, parfois séparée quelque peu du réseau d'irrigation, et comparable à une cavité générale secondaire.

Les glandes sexuelles, malgré des variations assez étendues sous le rapport de la forme et des connexions, offrant pourtant des particularités constantes ; situées d'un côté et d'autre du tube digestif, elles sont paires le plus souvent, et chacune de leurs moitiés porte un conduit vecteur qui lui est propre. Leurs deux canaux, munis de glandes annexes, parfois nombreuses et complexes, s'unissent ensuite, et débouchent au dehors par un orifice commun. D'habitude, les sexes sont séparés. L'unisexualité peut être prise comme répondant à la règle, chez ces animaux ; elle s'accompagne, dans certains cas, principalement chez plusieurs Crustacés et Insectes, de différences dans la forme et la taille, entre les mâles et les femelles, surtout au sujet de plusieurs appendices. De son côté, la parthénogenèse est relativement plus commune chez les Arthropodes que partout ailleurs.

Cette structure fondamentale de l'économie subit des variations nombreuses suivant.les types; ses données essentielles ne laissent pas cependant d'être conservées, sauf dans des cas fort rares ; d'où résulte, pour ces êtres, un aspect caractéristique, aisément reconnaissable. Trois séries du simple au complexe sont offertes par eux : celle des Acères, qui comprend les classes des Trilobites, des Méroslomatés, des Pijcnogonides, et des Arachnides ; celle des Dicères, (|ui renferme les Myriapodes et les Insectes; enfin, celle des Tétracères^ qui se borne aux seuls Crustacés, répartis dans les deux classes des Entomostracés et des Malacostracés. Cette dernière série, contenant des types qu'il est permis de classer, à la fois, parmi les plus simples et parmi les plus élevés de l'embranchement, offre mieux que les deux premières la succession et la liaison des dispositions organiques ; aussi est-il ulile de la choisir comme base, dans une étude d'anatomie comparée, afin d'étendre aux autres ce qu'elle montre ellemême, et de le mieux concevoir. — Ces trois séries divergent mutuellement, à dater de leurs débuts ; mais, contrairement à ce qu'il en est pour

les Trochozaires, elles suivent une direction presque parallèle, et présentent des différenciations comparables, au lieu de s'écarter toujours les unes des autres à mesure que l'économie devient plus compliquée.

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