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II. Formes principales des Pseudopodaires. — La forme exté

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rieure des Pseudopodaires est réglée par l'exclusive possession de pseudopodes, en tant qu'appendices locomoteurs.

MoNÉRiKNs. — Ces êtres se présentent comme des petites masses protoplasmiques, privées de noyaux, émettant des pseudopodes par leur périphérie entière, rarement par une portion limitée de leur surl'ace. Ils sont globuleux ou ovalaires ; mais cet aspect n'existe que dans le cas où l'individu est libre. Lorsque l'animal rampe sur un support, ou lorsqu'il s'insinue entre plusieurs corps étrangers, son organisme, étant constitué par un protoplasme à peine consistant, se moule sur ce qui l'entoure.

Les pseudopodes varient suivant les espèces. La plupart des Gymnomo-

Fig. 5. — Organisation et forme extérieure d'un Amoebien nu (silhouelle), du genre Amœba. — Les pclites taches blanches représentent les granules du protoplasme, et les grandes indiquent les enclaves liquides; l'élément central, pointillé de Ldanc, est le noyau.

nériens portent des lobopodes. Par contre, les Lépomonériens sont munis de rhizopodes, dont les branches s'entrelacent, et s'anastomosent les unes avec les autres, de manière à produire un réseau contractile, d'aspect variable, qui entoure le corps (fig. 1, p. 3).

Amibiens. — Les Gymnamœbiens, c'est-à-dire les Amœbiens dont l'organisme n'est point entouré par une carapace, rappellent les Monériens par leur forme générale. Ils sont ovalaires ou glo])uleux, s'ils se trouvent libres, en suspension dans l'eau ; et s'aplatissent, en se moulant sur leur support, s'ils viennent à se mettre en contact avec un corps étranger. Par opposition, les Thécamœbiens ont des contours précis, imposés par la carapace (coque, tunique) qui les enveloppe; cette dernière, assez épaisse, est constituée par une substance chitineuse. Souvent, cette matière existe

seule ; parfois, chez les Diffhigia nolamment, elle est assez molle pour agglutiner les objets du dehors, et se les adjoindre afin d'augmenter sa masse (fig. 5,0, p. 12, 13).

Les Thécamœbiens présentent une série assez complète, au sujet de Tamplitude croissante, prise parla carapace. La tunique des Pseuc/oc/i/amt/s, la plus petite de toutes, est une plaque légèrement incurvée, qui recouvre seulement une des faces du corps ; elle est asoez mince pour que le protoplasme sous-jacent soit capable de la plisser, lorsqu'il se contracte. La coque est plus épaisse, et plus résistante, chez les autres représentants du

Fig. 6. — Forme extérieure d'un Amoebien a carapace, du genre Arcella. — La carapace, semblable à un dôme surbaissé, est en blanc; elle entoure le protoplasma, dont une partie, teintée en noir, sort par une ouverture pratiquée dans le centre de la face inférieure du dôme.

groupe. Celle des Cochliopodiiim entoure presque les trois quarts de l'individu; l'espace non recouvert, nommé la bouche, porte seul des pseudopodes. Cette zone libre devient plus étroite encore dans d'autres genres, tels que les Diffliigia, les Arcella, les Hijalosphsenia, car la coque occupe une plus grande surface. Cette carapace, qui enserre l'organisme, et lui donne un aspect précis, possède une forme déterminée, variable suivant les genres, et servant à les caractériser ; celle des Difflugia ressemble à une bourse longuement ovalaire, celle des Ilyalospliœnia à une bourse élargie, celle des Arcella à une ombrelle, ou à un dôme. L'extension la plus considérable est acquise, à cet égard, par les Amphizonella, dont le corps, arrondi, est entièrement enveloppé par sa tunique transparente ; celle-ci

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porle, dans ce cas, un certain nombre d'étroits orifices, destinés à permettre aux pseudopodes de faire saillie au dehors.

Les pseudopodes des Amœbiens appartiennent aux deux types, des lobopodes et des rhizopodes; la répartition de ces deux formes est assez souvent exclusive, en ce sens que les représentants d'un genre déterminé possèdent l'une d'elles, et non les deux ensemble. D'habitude, leurs branches, tout en s'entrelaçant, ne s'anastomosent pas, ou ne se joignent que très peu, contrairement à ce qu'il en est chez divers Monériens et la plupart des Foraminifères. Les Gymnamœbiens les émettent par leur corps entier; les Thécamœbiens les envoient seulement par la bouche, ou par les pores de leur carapace, c'est-à-dire parles portions nues de leur organisme.

Foraminifères. — Tous les animaux, compris dans cette classe, sont entourés par une coque, dont l'aspect, variable suivant les groupes, mais constant dans l'étendue de chacun de ces derniers, sert de principale base à leur classification. Ces carapaces diffèrent entre elles par leur composition, par leur nature simple ou coloniale, et, dans ce dernier cas, par la forme et le groupement des zooïdes, enfin par leur structure compacte ou perforée. Ces diverses qualités de l'appareil de soutien se mélangent de plusieurs manières, et ces combinaisons aboutissent souvent à des organisations relativement complexes. Comme le corps est enveloppé par la carapace, qui lui donne un contour précis et fixe, la connaissance de ce dernier entre dans l'élude de la coque, faite en l'un des paragraphes suivants (§ 4).

Les appendices, très nombreux, sont des rhizopodes; leurs branches s'anastomosent en un réseau, souvent serré et dense. Les régions de soudure, larges et épaisses, ressemblent à des petites masses protoplasmiques, contractiles, capables de changer constamment de forme ; elles correspondent à autant de zones de préhension, et d'absorption, des aliments. Lorsqu'un corps étranger arrive à leur niveau, elles l'entourent, et puisent en lui, sur place, tout ce qui est assimilable ; les éléments nutritifs sont ensuite transmis, de proche en proche, aux pseudopodes, et de là à l'organisme contenu dans la carapace. Ces bandes d'union ne sont pas fixes dans l'espace, ni permanentes en des régions constantes ; elles varient, dans leur situation comme dans leur grosseur, suivant les rencontres des appendices, ceux-ci changeant sans cesse à cause de leur plasticité (fig. 7, S, p. 19).

Vésiculaires. — De même que les Foraminifères, ces êtres possèdent un appareil de soutien, qui détermine et règle la forme de l'économie entière. Seulement, si le système squelettique des uns est toujours une coque, parfois cloisonnée en dedans, et chitineuse ou calcaire, celui des Vésiculaires consiste, soit en spicules disposés d'une façon régulière, soit en une carapace siliceuse, soit en ces deux organes réunis. — Un très petit nombre de genres, parmi les représentants de cette classe, sont privés à la fois de bâtonnets et de tunique ; ils appartiennent aux sections des Héliozoaires

nus, des Monocyttariens alilhidés, et aux Collides parmi les Polycyttariens. Ils rappellent de fort près les Amœbiens, par leur aspect d'ensemble; ils ne diffèrent d'eux que par la présence de vésicules dans le protoplasme périphéricjue de leur corps, et par une plus grande régularité de disposition et de contours dans leurs pseudopodes.

Ces appendices sont des myxopodes, des rhizopodes, ou des axopodes. Les premiers sont de beaucoup les moins nombreux; on les a signalés seulement chez quelques-uns des Vésiculaires, et, de plus, leur durée est temporaire. Lorsqu'une proie quelconque passe à portée des axopodes, ceux-ci la saisissent, la maintiennent, et, se recourbant et se contractant, l'amènent vers la plus proche région de la surface du corps. Cette zone, lisse jusque-là, émet alors un myxopode court et large, qui se dirige vers l'aliment, l'entoure, et, soit le digère sur place en faisant parvenir par diffusion les matériaux nutritifs au reste de l'organisme, soit se rétracte, en entraînant avec lui, dans le corps, la proie saisie. Les myxopodes sont donc spécialement chargés des fonctions nutritives, et ne sont façonnés qu'à cet effet, au moment de remplir leur rôle. Les autres appendices, par opposition, demeurent en permanence, et servent à la locomotion seule. Une telle différenciation des pseudopodes, pourvus d'utilisations distinctes, au lieu d'assumer tous les emplois, contrairement à ce qu'il en est chez les autres Sarcodaires, est un indice de supériorité ; la division du travail physiologique s'est exercée sur ces organes. Le but poursuivi par ces annexes préhenseurs des aliments est d'une telle nature, qu'il est permis de considérer leur présence comme réelle chez tous les Vésiculaires, bien que les observations effectuées aient dénoté leur existence seulement sur un petit nombre de genres (fîg. 14, 15, IG, 18, p. 30, 31, 35).

Les rhizopodes et les axopodes ne peuvent être séparés. Ils passent des uns aux autres par des transitions graduelles, et sont disposés de la même manière; les seconds peuvent être considérés comme des rhizopodes, aux branches peu abondantes ou absentes. Tous s'irradient autour de l'animal, à la façon d'une auréole, en traversant, dans le cas oi^i le corps est enveloppé d'une carapace, les pores de cette dernière ; rarement ils se groupent en faisceaux localisés. Fort nombreux d'habitude, ils dilTèrent des myxopodes par leur plus grande longueur, leur aspect filiforme, et par leur constance, car ils demeurent pendant la vie entière de l'individu ; de plus, leur pouvoir contractile est plus faible. Ils sont chargés, surtout, d'assurer la locomotion, en battant l'eau environnante. Les rhizopodes portent, dans la moyenne, moins de branches que leurs correspondants des Foraminifères, et s'anastomosent plus rarement. — • Les axopodes sont de deux sortes. Les uns, bien étudiés chez les Acanthométrides, contiennent en leur axe une mince baguette résistante, constituée par une substance chitineuse dite acanthine, semblable à celle qui compose les spicules de ces mêmes animaux. Les autres, mous et plastiques, consistent seulement en du protoplasme ; ceux-ci rappellent de tous points les fouets des Flagellaires, et ce

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dernier nom pourrait leur être accordé ; ils se distinguent, pourtant, des fouets véritables par une contractilité plus grande, qui leur permet de se raccourcir, ou de s'allonger, ou de s'épaissir par places en devenant variqueux. Les premiers, munis de leur baguette centrale, sont les vrais axopodes. — Quelle que soit leur structure, ces appendices ne s'attachent pas seulement à la surface du protoplasme du corps ; ils pénètrent dans l'organisme, et vont se- perdre dans les zones profondes de ce dernier.

SpoROzoAmEs. — Ces animaux sont parasites ; ce mode de vie leur donne une certaine uniformité d'aspect extérieur. Leur corps est mou, privé de tout appareil de soutien, et semblable, de ce fait, à celui des Sarcodaires les plus simples ; il est, soit privé de pseudopodes, soit muni d'appendices courts et larges, appartenant au type des myxopodes. Les individus ne se déplacent point, ou se meuvent peu, lorsqu'ils sont parvenus à l'état adulte; ils puisent sur place, aux dépens des sucs de leur hôte, leurs matériaux alimentaires (fig. 22-27, p. 47).

Il est possible de ramener les Sporozoaires à deux formes principales : celle des Mo no g é niques, et celle des Amphigéniques. A en juger d'après les données acquises sur plusieurs d'entre eux, ces derniers portent des pseudopodes durant un laps de temps fort court, au moment oi^i ils sortent de leur spore génératrice; ces appareils se rétractent ensuite, se confondent avec le reste du corps, et l'organisme acquiert un aspect précis, variable suivant les groupes. Les Monogéniques paraissent offrir l'inverse ; ils possèdent, pendant leur vie entière, des pseudopodes, ou tout au moins des expansions lobées et contractiles, cela jusqu'à l'instant où ils s'enkystent pour se reproduire; encore ce phénomène n'exerce-t-il pas, à cet égard, une action bien appréciable. — Cette différence amène, entre les deux sousclasses, d'assez grandes dissemblances dans l'allure extérieure. Les Monogéniques n'ont pas de forme définie, et rappellent, sous ce rapport, les Amœbiens nus; ils s'insinuent dans les tissus de l'économie de leur hôte, pénètrent entre leurs éléments, et se moulent dans les espaces qu'ils occupent; leur corps garde toujours, même au moment de la sporulation, des contours variqueux, nullement précis. Il n'en est point de même pour les Amphigéniques ayant achevé leur croissance, et parvenus à l'état adulte; leur organisme, et surtout celui des Grégarines, conserve un aspect fixe et constant.

Parmi les représentants de cette dernière sous-classe, les Sarcosporidies se rapprocheraient encore des Monogéniques par leur corps irrégulièrement élargi, noduleux, bien qu'il soit toujours, dans l'ensemble, allongé et cylindrique, ou longuement ovalaire. Elles vivent dans les muscles de leur hôte, et les fibres musculaires, par leur pression, les dépriment quelque peu; mais la totalité de leur organisme garde sa forme générale. — Le même fait se reproduit pour les Coccidies. Ces dernières habitent l'intérieur des cellules de leur hôte, et sont globuleuses, ou ovalaires; elles n'émettent, en cet état, aucun pseudopode ; leurs contours sont donc précis. Leur

aspect résulte de celui de Félément habité par elles. Les parasites, enserrés par la membrane de ce dernier, et se nourrissant par imbibition, se ramassent le plus possible sur eux-mêmes, et tendent à devenir sphériques. Mais s'ils se trouvent libres par une cause quelconque, ils émettent des myxopodes, et se déplacent par leur moyen, jusqu'à ce qu'ils aient rencontré une cellule, dans le protoplasme de laquelle ils puissent pénétrer pour s'en nourrir; ils retournent alors à leur première nature. En somme, pour les Sarcosporidies, comme pour les Coccidies, bien que la forme de l'individu soit à peu près constante et fixe, elle est pourtant influencée, dans une grande mesure, par les circonstances environnantes.

Cette action du milieu extérieur est des plus réduites en ce qui concerne les Grégarines, dont les contours demeurent précis durant la vie entière, et servent à caractériser les genres et les espèces. La plupart de ces animaux habitent les cavités naturelles de leurs hôtes, et principalement le tube digestif avec ses dépendances. Ces espaces, remplis de sucs nutritifs, sont de beaucoup plus grands qu'eux ; aussi ne se produit-il aucune pression exercée par les tissus voisins.

Les plus simples des représentants de l'ordre des Grégarines rappellent les Coccidies par leur corps ovalaire ; cette ressemblance est encore rendue plus complète parle fait que certains d'entre eux se logent, soit pendant leur jeunesse, soit durant leur vie entière, dans les cellules de l'être qui les héberge, au lieu des cavités naturelles. Ces types inférieurs, à l'organisme peu complexe, constituent le sous-ordre des Monocystidées. Les autres Grégarines, avec lesquelles on compose le sous-ordre des Polyci/stidées, possèdent, dans leur intérieur, une cloison transversale, faite d'un protoplasme hyalin et transparent. Leur corps, allongé et cylindrique, est divisé en deux parts inégales : l'antérieure, plus petite que l'autre, est dite le protomérite ; le segment postérieur, qui correspond au tronc, est nommé le deiitomérite . Un tel dédoublement ne donne pas à l'économie une valeur bicellulaire, car le noyau, sauf quelques rares exceptions, demeure simple; et la cloison, formée de protoplasme, n'est pas une véritable membrane séparant deux cellules.

Le protomérite des Polycijstidées simples, telles que les Porospora et les Bolhriopsis, est terminé par une surface arrondie. Celui des Polycysiidées rhynchophorées prolonge son extrémité antérieure en un bec ou rostre, cylindri{{ue, parfois fort grand, mais dont les dimensions ne dépassent point, d'habitude, la moitié de celles du corps. Cette expansion, nullement rétractilC;, lie modifie point ses contours, et n'est donc pas comparable à un pseudopode. En certains cas, elle s'isole du protomérite par une cloison semblable à celle qui sépare ce dernier du dcutomérite; on la nomme alors un épimérite.

Chez les Polycystidées rhyiicophorées dites inermes, comme les Clepsidrina, le rostre, lisse, ne porte aucune armature. Chez celles dites armées, ou acanlhophorées, il est muni, sur son sommet, de crochets, souvent nom- Rori.t: — Anatomie. I. — 2

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breux, qui servent au parasite pour se cramponner aux tissus de son hôte. Ces appendices ne se trouvent point disposés de la même manière sur répiméritc de toutes les Grégarines qui en portent ; ils sont parfois groupés en une couronne {Aciinocephalas), ailleurs en un râteau {Hoplorhynchus), ou même ils garnissent complètement l'extrémité antérieure du rostre [Geneïorhytichus); ces assemblages sont divers, et servent à caractériser les genres. — L'épimérite ne persiste pas toujours durant la vie entière de l'individu; il se détache souvent du reste du corps, et le parasite, ainsi privé de son appareil fixateur, devient libre dans l'intérieur de son hôte, au lieu d'être attaché à ses tissus. On donne à ces êtres, dépourvus de leur rostre, le nom de sporadins; par opposition à celui de céphalins, qu'on leur accorde au moment où ils portent encore cet appendice.

Ainsi, non seulement les Grégarines possèdent une forme extérieure définie, malgré leur privation de tout système squelettique, mais encore leur corps revêt des aspects complexes, connexes sans doute à leur adaptation au parasitisme ; c'est là un indice de supériorité manifeste sur les autres Sarcodaires. Cette prédominance est encore accrue par la complication de leurs phénomènes reproducteurs, qui comportent, dans la règle, une alternance de générations. Le fait le plus remarquable consiste en la présence, sur l'organisme, de piquants et de crochets; ces êtres sont, de tous les Sarcodaires, les seuls à porter de tels appendices.

Bien qu'elles soient privées d'appareil locomoteur, les Grégarines sont très contractiles, s'allongent ou se raccourcissent, et se ploient dans tous les sens. Lorsqu'elles sont libres, elles se meuvent avec une certaine vitesse, sans changer de forme, et en progressant droit devant elles. Il est bien difficile de connaître, en cette occurence, la nature de cette locomotion. On attribue la cause de ces déplacements, soit à une dift'usion osmotique assez intense pour déterminer une projection en avant, soit à une série de contractions rapides exercées dans la couche périphérique du corps.

IIL Formes principales des Flag-ellaires. — Si l'aspect extérieur des Pseudopodaires est réglé, dans le cas de la présence d'appendices locomoteurs, par la possession exclusive de pseudopodes, celui des Flagellaires est, en revanche, caractérisé par l'existence constante d'un ou de plusieurs fouets. Seulement, plusieurs de ces derniers animaux portent, outre leurs annexes habituelles, des myxopodes semblables à ceux des Amœbiens, ou des rhizopodes comparables à ceux des Vésiculaires ; tels sont les Mastigamœba, les Cercomonas, les Ciliophrys, et, d'une manière générale, tous les êtres placés par Saville Kent dans les deux ordres des Bhizo-fïagellés ei des Badio-flagellés. Les représentants du premier groupe

Fig. 7 et 8. — Organisation générale des Foraminifères, avec leur carapace et leur protoplasme ; la première est en blanc, le second en noir. — En 7, est un Monothalame du genre Lieberkiihnia ; en 8, un Polythalame du genre Polystomella. Ce dernier est un Perforé, le premier un Imperforé. - D'après les recherches faites par Claparède et Lachmann, et par Schulze.

Fig. 7 et 8. — Organisation générale des Foraminifères.

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mollirent, en sus de leur fouet, des myxopodes insérés, soit sur le corps entier {Masligamœba), soit sur une zone seulement de sa surface {Cerco- ?nonas) ; ceux du second offrent, outre leurs fouets, des rhizopodes identiques à ceux des Vésiculaires, et rayonnant de même autour de l'individu [Ciliophrijs). Parmi ces appendices, ceux-là ont des contours immuables et fixes ; alors que ceux-ci sont capables de se rétracter, au gré de l'animal, pour se confondre avec le corps, ou se projeter de nouveau par la suite. — Le fait d'avoir ainsi des organes locomoteurs de deux sortes place ces animaux dans une situation intermédiaire aux deux sous-embranchements des Sarcodaires. Les Rhizo-flagellés, munis à la fois de fouets et de myxopodes, établissent un passage des Amœbiens vers les Flagellaires ; et, de même, les Radio-flagellés, pourvus de fouets et de rhizopodes rayonnants, effectuent une transition des Vésiculaires aux Flagellaires vrais.

Les fouets sont des appendices minces et allongés, fixes dans leur forme, et peu ou point rétracliles. De même que les pseudopodes, ils répondent à des expansions périphériques du protoplasme de l'individu; seulement, ils possèdent des contours précis, à peu près immuables, et demeurent toujours simples. Leur partie axiale paraît être différenciée d'une manière analogue à celle des fibres musculaires sti'iées, c'est-à-dire divisée en zones transversales, les unes claires et transparentes, les autres obscures, disposées en alternance ; une telle modification, qui semble être en rapport avec la grande mobilité de l'organe, s'étend parfois à la zone sur laquelle le fouet s'insère. Ces appendices sont capables de se plier dans toutes les directions, en oscillant autour de leur base fixe ; ils déterminent ainsi, soit le déplacement de l'individu qui les porte, soit la formation de tourbillons dans l'eau qui l'environne. Leur jeu ordinaire s'effectue par une série d'ondulations dans un plan hélicoïdal ; cette motilité spiralaire répond, du reste, à la forme fondamentale du mouvement des objets matériels.

D'ordinaire, les fouets sont nus, c'est-à-dire ne possèdent, depuis leur extrémité adhérente jusqu'à leur sommet, aucune membrane recouvrante. Les Choano-flag elles font exception à cet égard ; la base de leurs annexes est entourée par une mince collerette, transparente et rétractile, expansion du protoplasme avoisinant. — Le nombre de ces appendices est sujet à variations nombreuses dans la série entière, comme leur situation sur le corps ; mais ces diverses qualités, se trouvant constantes pour tous les représentants d'un groupe déterminé, servent dans la classification. En général, ils se trouvent moins abondants que ne le sont les pseudopodes chez les autres Sarcodaires ; les chiffres les plus fréquents sont un ou deux.

NuDO-FLAGELLÉs. — Lcs principales particularités de l'aspect extérieur sont déterminées chez ces êtres, soit par le nombre et la nature des appen- (Hces locomoteurs, soit par l'état libre ou fixé des individus, soit par la constance de la forme du corps ou son contraire, soit enfin par l'absence ou la présence d'une luni({ue (fig. "28-34, p. AS)].

ORGAMSATION GÉNÉRALE. 21

Les appendices locomoteurs sont toujours des fouets nus, dont la quantité et la position varient suivant les groupes. En surplus, se trouvent parfois des pseudopodes, ou une membranelle. Cette dernière, parallèle ou légèrement oblique à l'axe longitudinal de l'organisme, existe chez les Trypanosoma, les Trichomonas, les Undiilina ; sa longueur est à peu près égale à celle du corps lui-même. Les Rhizo-flagellésetles Radio-flagellés possèdent, d'une façon courante, en sus de leurs fouets, des myxopodes en ce qui concerne les premiers, et des rhizopodcs pour les seconds. De plus, certains Nudo-flagcllés qui, dans des conditions normales, portent seulement des fouets, les perdent plus ou moins, et se munissent de pseudopodes, à de certains moments de leur vie. Tels sont les Cercomonas, les Bodo, et sans doute les genres voisins, comme les Ilexamita^ les Colponema^ etc. — Ces êtres, après un certain temps de vie libre, s'attachent les uns aux autres lorsqu'ils viennent à se rencontrer, ou adhèrent à un support ; leurs fouets se conservent dans leurs dimensions habituelles durant une période variable, puis, parfois, se rétractent plus ou moins, et finissent même par rentrer entièrement dans le corps. Les individus émettent alors des expansions contractiles, semblables à des myxopodes d'Amœbiens. Souvent, en cet état, ils s'unissent en petit nombre, par deux ou par trois, au moyen de ces appendices, et se confondent en totalité ; il s'elïectue ainsi une véritable conjugaison, parfois suivie d'un enkyslement. D'après quelques observateurs, ce phénomène se continue, soit par une fissiparité simple de l'organisme enkysté, soit par une division multiple, assimilable à une sporulation. Dans le premier cas, il y aurait seulement retour à la nature première; dans le second, le fait se complique d'une fissiparité rapide.

L'ensemble de telles notions autorise à admettre que ces Nudo-flagellés gardent leurs fouets durant leur vie libre, et les rétractent plus ou moins lorsqu'ils s'attachent à un corps étranger; si, dans ce dernier cas, l'adhérence s'établit entre individus d'une même espèce, elle se complète de phénomènes reproducteurs, les êtres mis en présence s'unissant au préalable par des expansions pseudopodiques. Ces particularités permettent de comprendre la sporulation, telle que les Eiiglena la présentent avec ses caractères entiers; la sporulation des Euglènes répond, en eflet, à une exagération et à une régularisation des données précédentes. — Lorsqu'une conjugaison s'établit entre deux ou plusieurs individus, le phénomène ne s'arrête pas à cette union ; le corps ainsi façonné jouit d'une capacité reproductrice plus grande, comme exaltée par cette coalescence d'éléments ditïérents. Il est rajeuni, il se trouve capable de se prêter à un grand nombre de subdivisions, au lieu d'une fissiparité simple, et de fournir à une sporulation. Cette dernière est alors employée par certains de ces êtres, d'une façon courante, comme procédé générateur, et prend, à cet égard, la prédominance sur la scission ordinaire. — Ces appréciations s'appliquent, non seulement aux Flagellaires, mais encore à tous les êtres unicellulaires ; elles autorisent à concevoir de quelle manière une rencontre

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fortuite, suivie d'une soudure, soit temporaire, soit permanente, est devenue la base du mode reproducteur le plus complexe que ces animaux soient capables de présenter : une sporulation, consécutive à une conjugaison.

La disposition des fouets sur l'organisme n'est point la même chez tous les Nudo-flagellés ; elle varie suivant les groupes, mais le nombre des combinaisons les plus fréquentes est relativement restreint. L'individu possède, le plus souvent, une forme ovalaire ; lorsqu'il porte seulement un ou deux fouets, ces derniers sont insérés, d'habitude, sur l'un des sommets de l'ovale, le reste du corps étant nu ; tels sont les Monas, Trepomonas, Chilomonas, etc. Si le nombre des appendices est compris entre trois et cinq, deux modes se présentent : ou bien tous sont placés côte à côte sur l'une des extrémités du corps [Trichomonas^ Monocercomonas, etc.); ou bien, ils se répartissent en deux groupes diamétralement opposés, l'un composé d'un seul fouet d'ordinaire, le second comprenant tous les autres [Bodo, Colponema^ etc.). Enfin, dans le cas où ces annexes parviennent à un chiffre supérieur à cinq, ils se groupent souvent par paires, situées à peu de distance les unes des autres sur une même région de l'animal ; tels sont les Megastoîna, les Ilexamitiis, etc. — Ces divers types de répartition souffrent plusieurs exceptions; mais ils sont constants dans leur ensemble.

La plupart des Nudo-flagellés sont des êtres capables de se déplacer librement; certains cependant vivent à l'état fixé, soit d'une manière temporaire, soit d'une façon permanente. Deux faits sont à considérer au sujet de ces derniers : le moyen par lequel ils s'attachent; et la forme de leur groupement colonial, lorsqu'ils en produisent un.

Pour plusieurs d'entre eux, comme les Cercomonas déjà signalés (page 21), la fixation est passagère; ils effectuent une transition de la vie libre vers l'état d'adhérence. — Le plus souvent, la fixation est constante. Lorsque les individus s'unissent en une colonie faite par agrégation, il n'existe d'ordinaire aucun pédoncule : ou Ijien les zooïdes s'accolent les uns aux autres en un assemblage d'aspect défini, ainsi que le font les Volvocinées; ou bien ils s'attachent à leur support par leur extrémité privée de fouets [Cercomonas); ou ]:)ien ils exsudent une substance gélatineuse, dont ils s'enveloppent, et à laquelle ils donnent souvent une forme constante pour chaque espèce [Spongomonas et Cladomonas). Les autres Nudo-flagellés fixés, qu'ils soient isolés, ou qu'ils s'unissent en une colonie faite au moyen d'une fissiparité incomplète, adhèrent par un pédoncule, généralement opposé à la zone pourvue de fouets. Ce pied, long et grêle d'habitude, n'est point toujours une expansion protoplasraique; il est souvent constitué par une substance chitineuse.

Les groupements coloniaux sont, pour une même espèce, très divers suivant leur âge, c'est-à-dire suivant la quantité des zooïdes qui les constituent; ceux-ci dérivent en effet les uns des autres, au moyen d'une série de générations successives, et leur nombre augmente avec le temps, jusqu'à une limite ultime, où tout accroissement est empêché par les conditions

mécaniques et biologiques. Pourtant, dans leur totalité, ces assemblages olï'rent, quel que soit le chilïre do leurs composantes, un aspect assez bien déterminé, et caractéristique pour chaque genre. — Dans le cas où les individus possèdent des pédoncules longs et minces, la colonie est arborescente; tantôt, chaque zooïde termine un rameau (Dendromonas) ; tantôt chaque branche porte un groupe d'êtres réunis en éventail {Anthophysa). Si ces animaux sont privés de pédicules fixateurs, ou en ont de fort courts, leurs colonies n'ont point d'aspect précis, ou bien composent des masses cohérentes, peu ou pas ramifiées. Certaines sont sphériques [Uroglena), ou en éventail [Rhipidodendron) ; d'autres, assez polymorphes, rappellent plus ou moins un bouquet fixé par son pied {Spongomonas); d'autres, enfin, sont tubulcuseset ramifiées (Cladomonas). Les colonies des Volvocinées sont comparables à des vésicules sphériques ; leurs zooïdes sont juxtaposés en une rangée globuleuse, qui entoure la cavité centrale de chacune d'elles.

Parmi les Nudo-flagellés, les uns sont nus, et les autres entourés par une tunique ; ceux-ci composent, dans les classifications données par plusieurs auteurs, la section dite des Théco-fîagellés. — Les jDremiers, les plus nombreux, malgré leur privation de tout appareil de soutien, ont pourtant une forme constante et précise, qu'ils ne modifient pas. Font seuls exception ceux pourvus de pseudopodes, c'est-à-dire les Rhizo-flagellés, les Radio-flagellés, et certains autres genres dont les représentants sont capables de se déplacer en rampant sur un support {Pseudospora). — Les êtres munis d'une tunique appartiennent à deux types principaux. Dans le premier, la coque, mince et chitineuse, constitue une sorte d'urne, dont l'ample cavité renferme l'individu ; tels sont les Dinobryon, les Bicosseca. Dans le second, l'enveloppe, épaisse et gélatineuse, compose une gangue, parfois capable d'agglutiner des corpuscules étrangers, au sein de laquelle les êtres sont situés : les Spongomonas, les Cladomonas, etc., appartiennent à cette série.

Choano-flagellés. — Tous ces animaux possèdent un caractère commun, qui les rend aisément reconnaissables : chacun deux est muni d'un seul fouet, dont la base est entourée par une fine collerette. Cette structure les fait ressemijler, d'une manière frappante, aux cellules qui garnissent les chambres vibratiles des Éponges ; aussi, plusieurs auteurs se sont-ils servis d'une telle similitude, pour considérer les Spongiaires comme équivalant à des colonies de Choano-flagellés iTig. 35-36, p. 51).

Cette uniformité mise à part, les représentants de la classe diffèrent les uns des autres par les mêmes particularités que les Nudo-flagellés ; sauf en ce qui concerne les pseudopodes, toujours absents chez eux. Rarement ils sont solitaires, comme les Salpingeca, les Monosiga; le plus souvent, ils se trouvent associés en colonies. Celles-ci affectent des formes variables, tantôt nullement précises [Protospongia], tantôt déterminées et constantes.

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Leur aspect diffère, dans ce dernier cas, suivant que leurs zooïdes sont pédoncules [Codosiga)^ et insérés les uns sur les autres; ou bien juxtaposés et placés côte à côte, comme le sont, par exemple, les Phalansteriam, discoïdaux ou tubuleux. — Le corps est parfois nu ; il en est ainsi chez les Codosiga, les Monosiga, et les genres voisins. Ailleurs, il s'entoure d'une tunique, dont la composition, de même que celle des Nudo-flagellés, appartient à deux types. Tantôt, celte coque est mince, de nature chiti-

Fig. 9. — Structure générale d'un Foraminifère, d'après une coupe médiane. — L'exemplaire représenté est une Alueolina, Foraminifèrc polyllialaine et imperforé ; la carapace, avec ses loges successives et ses canalicules, est eu blanc; le (protoplasme est en noir.

neuse, comme celle des Salpingeca. Tantôt, elle est épaisse et gélatineuse; les Phalanslevium et les Prolospongia rentrent dans celte dernière série.

Le trait saillant de l'organisme des Choano-flagellés tient à la présence constante de leur collerette. Cette mince expansion protoplasmique n'offre pas le même aspect chez tous. Elle est, d'ordinaire, large, et cylindrique.

OU évasée ; celle des Phalansterium, plus longue que sa correspondante des autres genres, est aussi plus étroile, et en forme de tronc de cône.

Fig'. 10 à i3. — Formes de quelques types des carapaces de Foramimfères. — En lo, deux Lagena ; en n, une Trochammina coronala, d'après Brady ; en 12, une Hijperammina ramosa, d'après Brady; en i3, une TrilocuUna Irigonula, d' avives Biitschli.

DiNO-FLAGELLÉs. — Ccs aulmaux ont des contours précis et immuables ; leur corps estentouré, d'une manière complète, sauf en une zone restreinte servant à l'ingestion des aliments, par une mince coque, constituée par de

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la cellulose souvent encroûtée de silice. La principale, et la plus fréquente, des particularités de cette carapace, en tant que forme extérieure, consiste en la présence sur elle d'un sillon annulaire, transversal, dans lequel se meut l'un des deux fouets possédés par l'animal. Cette gouttière circulaire ne ferait défaut que dans un petit nombre de cas, soit d'une manière constante chez les Prorocentrum et les Postprorocentriim, soit d'une façon temporaire chez les autres genres, lorsque l'individu abandonne sa tunique pour s'enkyster en se revêtant d'une nouvelle enveloppe.

La position du sillon varie suivant les types, et sert à les distinguer les uns des autres. Tantôt cet appareil, à peu près équatorial, divise le corps en deux moitiés égales ou peu inégales {Ceratium) ; tantôt, tout en étant encore transversal ou à peine oblique, il est relégué sur Tune des extrémités de l'organisme. Sous ce dernier aspect, offert par les Dinophysis, l'individu paraît scindé en deux parts fort dissemblables, dont l'une, beaucoup plus petite que l'autre, recouvre celle-ci à la façon d'un couvercle.

Les Dino-flagellés sont munis de deux fouets ; cechilTre paraît constant. L'un de ces appendices est extérieur, le second placé dans le sillon. — Celui-ci, logé dans la gouttière, entoure, comme elle, le corps entier. Il se meut en décrivant une série d'ondulations rapides et pressées, produisant l'effet d'un battement de cils vibratiles. Aussi, la plupart des auteurs se sont-ils trompés à son égard, en le prenant pour une rangée de cils. Cette erreur, qui remonte à Ehrenberg, a, pendant longtemps, fait désigner le groupe par l'expression de Cilio-flagellés. — Le fouet extérieur s'attache, à l'individu qui le porte, dans le sillon circulaire ; souvent cette zone d'insertion, un peu plus large que les autres parties de la gouttière, se présente comme une échancrure, utilisée parfois pour la pénétration de menus débris venant du dehors. Cet appendice, long et mince, est très rétractile. A l'état normal, il ondule avec rapidité, en déterminant des tourbillons dans l'eau environnante. A l'état de repos, il diminue de longueur, et disparaît même entièrement, en rentrant dans le corps (fig. 37-39, p. 51).

Les dissemblances d'aspect extérieur, entre les divers représentants de la classe, ne sont pas seulement causées par le sillon flagellifère, dont la situation est sujette à varier ; elles proviennent aussi de la disposition et de l'arrangement des expansions portées par le corps. Ces dernières, lorsqu'elles existent, ressemblent à des cornes possédées par l'animal ; d'où leur nom. Elles consistent en prolongements du protoplasme de l'économie, recouverts par la coque ; cette dernière leur donne une forme constante et précise. Absentes chez quelques-uns, comme les Dinophrjsis, ou à peine représentées par une mince lame saillante, elles commencent à se montrer, comparables à de petits aiguillons, chez les Peridinium. Leur plus grande extension estoiTerle par les Ceratium; ces êtres en ont trois fort longues, à peu près égales, s'irradiant autour du corps, et droites, ou arquées. L'aspect particulier, qui découle de cette structure, a fait remarquer ces êtres depuis longtemps; les premiers Ceratium ont été décrits par 0. F. Mûller en 1786,

Cysto-flagellés. — Cette classe n'est représentée, dans la nature actuelle, que par deux genres, Noclihica et Leptodisciis ; le premier d'entre eux est le mieux connu. Quoique différant l'un de l'autre par leur allure générale, ils otîrent un caractère commun : celui d'avoir des contours définis et fixes, tout en étant privés d'appareil de soutien. L'organisme est limité par une mince membrane consistante, entièrement lisse, qui paraît répondre à une condensation du protoplasme périphérique. — Les Leptodisciis ont la forme d'une ombrelle, d'une petite méduse ; leur corps, assez mince et contractile, peut s'incurver davantage, en cloche, et se déplacer par des alternances de resserrement et de dilatation. En deux régions assez distantes, la surface de la partie convexe se déprime, et façonne deux dépressions tubuleuses, qui s'enfoncent dans l'organisme pour se rapprocher du côté concave ; l'une d'elles porte sur ses bords un mince fouet, seul appendice possédé par l'économie. — Les Nocliliica sont plus renflées, et presque globuleuses; elles offrent pourtant une dépression allongée, assez profonde, le sillon dorsal, qui leur donne une certaine ressemblance d'aspect avec un abricot, ou une pêche. Cet enfoncement, dans sa partie la plus nette, est creusé d'un orifice en forme de fente, nommé la bouche. L'un des côtés de cette dernière, plus épais et saillant que l'autre, est dit la lèvre ; il se termine, sur l'une des extrémités de la fente, par un petit mamelon conique, denticule parfois mobile, la dent tricuspide. En avant de celle-ci, se trouve un gros fouet, désigné par le terme de tentacule ; en outre, la lèvre porte un second fouet, plus mince que le précédent, et semblable à son correspondant des autres Flagellaires. La présence du sillon dorsal est la conséquence de celle de la bouche, munie de ses annexes. Cette dernière se prolonge sur l'organisme jusqu'à une certaine distance d'elle. Le sillon est limité par deux bourrelets, qui se confondent peu à peu avec la surface du reste du corps, et que l'animal est capable, à son gré, de rapprocher ou d'écarter (fig. 40, p. 53).

Alors que les Leptodisciis sont munis d'un seul fouet, les Noctiluca se trouvent pourvues de deux appendices, insérés non loin l'un de l'autre. L'un d'eux est un fouet normal, dont les ondulations déterminent des tourbillons dans l'eau environnante, sans faire déplacer l'animal. L'autre, le tentacule, long et cylindrique, est beaucoup plus épais que les fouets ordinaires ; ses mouvements sont lents. Sa structure est semblable à celle du corps; il est constitué par du protoplasme, vésiculeux dans sa région axiale, plus dense dans ses zones périphériques. Plusieurs de ces dernières subissent une ditïérenciation comparable à celle des fibres musculaires striées, et se présentent comme formées de disques superposés, alternativement sombres et clairs. — La locomotion des Noctiluques n'est pas mieux assurée par le fouet que par le tentacule ; ces animaux, qui vivent en troupes, se laissent entraîner par les courants pélagiques. Tout au plus le tentacule, par ses déplacements en battant de cloche, est-il capable de faire osciller l'animal sur lui-même.

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§ 3 STRUCTURE DE L'ORGANISME

I. Considérations g-éncrales. — Les Sarcodaires, en leur qualité d'animaux unicellulaires. ont une structure des plus simples; chacun d'eux se réduit à une masse de protoplasme, contenant un noyau. Cette simplicité de l'organisme achevé entraîne, comme conséquence, une absence à peu près complète de phénomènes organogéniques : la division du générateur ayant pour résultat la production de descendants, pourvus d'emblée de leur économie complète, puisqu'ils consistent seulement en cellules distinctes. L'unique phase évolutive tient à l'accroissement de l'individu, accompagné de la genèse des appendices et de l'appareil de soutien, lorsqu'il en existe. — Malgré ce défaut de toute complication, les Sarcodaires, ou du moins la plupart d'entre eux, présentent un certain nombre de différenciations particulières, dont les plus fréquentes portent sur le protoplasme, et les autres sur le noyau.

Le noyau manque aux Monériens. Il ne faudrait pourtant pas considérer cette absence comme complète ; ce groupe de Protozoaires fut créé, par E. Hfeckel, à une époque où l'on n'employait pas encore les réactifs précis, dont dispose la technique actuelle pour déceler l'existence de cet élément. Plusieurs auteurs récents ont montré que certains des Monériens d'Heeckel possèdent vraiment un noyau. Peut-être en est-il de même pour les autres, et, dans ce cas, cette classe devrait disparaître en tant que groupe distinct. — Sauf cette exception, tous les Sarcodaires sont pourvus, au moins, d'un noyau dans leur corps.

Le protoplasme est finement réticulé ; il consiste en un réseau, ou un feutrage, de lamelles plasmiques s'enchevetrant dans tous les sens, et délimitant des mailles fort étroites, discernables seulement avec les plus élevés des grossissements microscopiques. Cette texture vacuolaire est, du reste, fondamentale pour le protoplasma de tous les êtres, autant qu'il est permis d'en juger d'après les résultats acquis; elle n'est point, en conséquence, spéciale aux Sarcodaires, mais il est intéressant de constater sa présence chez les plus inférieurs des animaux. — La substance protoplasmique est rarement homogène dans l'économie des Sarcodaires. Elle se scinde en plusieurs régions, soit au moyen de ditïérenciations qui s'effectuent en elle, soit à l'aide de la présence de corps étrangers.

D'ordinaire, le protoplasme contient, dans sa masse, des petites granulations accumulées en grand nombre. Ces dernières ne sont pas distribuées dune manière uniforme; elles s'assemblent en quantité plus considérable dans la zone centrale du corps, et lui donnent, par leur apport, une teinte foncée. L'organisme paraît être divisé en deux parties : une couche péri-

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phérique, assez mince, claire et transparente ; une région centrale, épaisse et compacte, beaucoup plus sombre. La première est dite ïectosarque, et la seconde Vendosarque; elles ne diffèrent l'une de l'autre que par la dissemblance de leur richesse en granules, et se lient intimement sur leur zone de contact. — Parfois, la substance de l'ectosarque est convertie en fines fd^rilles placées côte à côte. Dans d'autres cas, elle porte, en un point de son étendue, une dépression aux limites plus ou moins précises, qui sert à l'ingestion des aliments; cet enfoncement, plus fréquent chez les Flagellaires que chez les Pseudopodaires, et assez rare, est nommé la bouche, ou encore le cytostome. Les quelques Sarcodaires munis d'une bouche, et pourvus en surplus d'une coque, ont souvent, dans cette dernière, une interruption au niveau de leur orifice digestif ffig. 2, p. 7).

Sous le rapport fonctionnel, bien que la division du travail physiologique soit à peine accusée chez les Protozoaires, l'endosarque joue plus particulièrement un rôle nutritif, et l'ectosarque se charge des relations avec les milieux extérieurs. En comparant un ètreunicellulaire à un Métazoaire, l'e.idosarque du premier correspond à l'endoderme du second, et l'ectosarque à l'ensemble de l'ecLoderme et du mésoderme; cette assimilation, purement fonctionnelle, doit être prise ici dans son sens le plus général. — C'est à l'endosarque que sont transmises les particules saisies par les appendices ; elles y parviennent de proche en proche, grâce aux mouvements intimes de translation effectués dans la substance protoplasmique par ses propres forces, et y arrivent, soit dans leur intégrité, soit après avoir subi, au cours de leur déplacement, un commencement de digestion. L'ectosarque, par contre, à peu près privé de granulations, se contracte facilement, et constitue la majeure part des appendices locomoteurs.

Les corps étrangers, les enclaves, situés dans le protoplasme, et qui modifient sa nature par leur appoint, sont de trois sortes, suivant leur consistance : gazeux, liquides, ou solides. — Les premiers sont les plus rares; ils n'existent ({ue chez un certain nombre d'Amœbiens [Arcella), et consistent en bulles d'acide carbonique. — Les seconds appartiennent à deux types : celui des vésicules, et celui des vacuoles contractiles. Celles-ci sont des gouttelettes liquides, dont la forme se modifie lentement par les contractions du protoplasme environnant ; cette poussée a comme résultat de les faire fuser à travers le corps, et même de les refouler vers l'extérieur jusqu'à complète disparition. On les a considérées comme des organes de circulation, ou d'excrétion; de tels rôles sont sûrement trop complexes pour des êtres aussi simples. Pourtant, il convient de reconnaître que le rejet du liquide a pour effet d'entraîner hors du corps, à l'état de dissolution, un certain nombre d'éléments qui entraient dans sa constitution ; la fonction excrétrice, bien que peu précise et accidentelle, tous les échanges vitaux s'accomplissantpardiffusion d'habitude, existerait vraiment dans ce cas. — Les vésicules sont des cavités remplies de liquide, tout comme les vacuoles précédentes, mais permanentes et fixes, ou peu

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Fig. i4 et i5. — Organisation générale ues Vésiculaires.

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contractiles. Assez rares chez la plupart des Sarcodaires, elles atteignent une ampleur considérable, quoique dans des sens différents et avec une répartition dissemblable, dans le corps des Vésiculaires et celui des Cystoilagellés. Parfois, mais non chez ces deux dernières classes, le liquide des vésicules est coloré. — Enfin, les enclaves solides sont, à leur tour, de plusieurs sortes. Les unes ne manquent jamais ; elles consistent, soit en

Fig. 16. — Organisation d'un Radiolaire polycyttarien. — Colonie entière d'un CoUide, le Thalassolampe maxima ; avec ses nombreuses masses endosarcales groupées en cercles concentriques, et ses pseudopodes rayonnants ; d'après E. Hœckel.

fines granulations, surtout abondantes dans l'endosarque, soit en particules d'origine comme de nature diverses, ingérées et non absorbées. Les autres sont plus rares ; elles correspondent à des inclusions, solides et colorées, ou à des grains de chlorophylle, ou à des grains d'amidon. Leur existence

Fig. 14 et i5. — Organisation générale des Vésiculaires. — En i^, un Aclinophnjs sol, montrant ses rares vésicules et sa capsule; d'après les recherches faites par Penard. — En i5, un Helerophrys marina, montrant les formes de ses pseudopodes, les uns courts, nombreux, rigides, comme chitineux, et s'irradiant à la manière d'une auréole, les autres plus longs et plus rares ; d'après les recherches faites par Hertwig et Lesser.

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dénote les relations étroites qui unissent les Sarcodaircs aux Végétaux inférieurs.

Une telle infériorité d'organisation détermine, comme conséquence, une égale simplicité dans les fonctions vitales. Celles-ci, à cause du défaut d'appareils spécialisés, s'exercent par diffusion aux dépens de l'économie entière. Les Sarcodaires absorbent des corps étrangers, parfois des petites proies vivantes, pour s'en servir comme d'aliments ; mais, sans doute, ils se laissent pénétrer, au moyen d'une diffusion que règlent les forces de leur protoplasme, par l'eau environnante, et se nourrissent des matériaux assimilables dissous dans celle-ci. De même, ces échanges osmotiques leur permettent de puiser, dans les milieux extérieurs, l'oxygène nécessaire à leur respiration, et d'y rejeter leur acide carbonique. De même encore, les produits nutritifs se répandent par diffusion dans la totalité deleur corps, et les composés de désassimilation sont expulsés à l'état dissous. — En somme, les fonctions de la vie végétative ne sont point séparées les unes des autres, ne s'exercent point par lejeu d'organes distincts, et se manifestent surtout par osmose. Seules, les fonctions de la vie animale s'accomplissent, dans certains cas, au moyen d'appareils spéciaux. La plupart des Sarcodaires possèdent des appendices locomoteurs. Certains d'entre eux sont pourvus d'une coque ou d'un feutrage de bâtonnets, qui les enveloppent et les soutiennent. Plusieurs enfin portent, dans leur protoplasme, un ou plusieurs granules colorés, qui absorbent les radiations lumineuses, et paraissent donner aux individus une certaine irritabilité en ce sens.

IL Structure des Pseudopodaires. — Moxériens. — Ces êtres sont les moins élevés de tous les Sarcodaires. Leur protoplasme est divisé en un mince ectosarque périphérique, et un épais endosarque central; à ce fait se bornentles principales des particularitésde leur structure. Leur originalité consiste en l'absence de noyau dans leur corps. Cette privation ne signifie pas que le plasma nucléaire manque à leur organisme; il existe peut-être, mais se trouve répandu, et disséminé à l'état diffus, dans la masse de l'individu, au lieu d'être ramassé en un élément aux contours définis. Ce défaut serait apparent, s'il en était ainsi; les Monériens posséderaient vraiment une nucléine, chargée de diriger la vitalité de leur économie, mais éparse, et non condensée. Il est permis d'accepter, d'une façon provisoire, une telle supposition, au moins pour certains IMonériens relativement élevés, tels que les Protamœba, les Myxodyctiiim, à cause des étroites relations qui les unissent aux Amœbiens nus; ceux-ci ne dil'fèrent de ceux-là, en effet, que par leur possession d'un noyau aux limites précises. Comme il est assez difficile d'admettre que ce dernier se façonne spontanément, et de toutes pièces, dans la cellule ; comme le plasma nucléaire n'est point inerte, mais se trouve capable de déplacements et de scissions dans l'intérieur même du protoplasme qui l'entoure: il est pos-

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sible cradmettre, en demeurant dans les limites de la méthode naturelle, Texistence d'une nucléine diffuse, chez certains êtres unicellulaires, inférieurs à ceux pourvus d'uTi noyau vrai. Et cette supposition mérite d'autant plus de créance, que l'on a démontré récemment la présence d'un noyau dans le corps de Protozoaires qui en paraissent privés.

Amœbiens. — Leur protoplasme est divisé, comme celui des Monériens, en un ectosarque périphérique et un endosarque central, placés de la même manière, et jouissant des mêmes caractères ; seulement, l'endosarque contient, en surplus, au moins un noyau, aux contours définis.

Les enclaves sont nombreuses chez les Amœbiens ; les principales sont liquides, et appartiennent, soit au type des vacuoles contractiles, soit à celui des vésicules permanentes. — Les premières existent presque toujours, surtout chez les Gymnamœbiens ; elles atteignent parfois une taille considérable, avant de disparaître en fusant vers le dehors. Leur nombre varie ; d'ordinaire, il n'en existe qu'une ou deux ; mais parfois, chez les Arcella, plusieurs Amœba, leur ([uantité devient plus grande, et arrive au chiffre dix, ou davantage. — Les vésicules sont plus rares. On les a remarquées surtout dans l'endosarque des Pelomyxa, où elles sont abondantes et minimes. Divers Thécamœbiens, les Pseiidochlamys par exemple, les Hyalosphœnia, dont la coque est plus petite que le corps, relient celui-ci à celle-là par des expansions courtes et étroites. Ces bandes, qui attachent la coque à l'organisme, et la maintiennent en place, laissent entre elles des aréoles remplies de liquide. Ces espaces ne changent pas leur forme, ou la modifient lentement; ils peuvent être considérés comme des vésicules permanentes.

La structure du noyau, et les changements subis par elle dans le cours de l'existence de l'individu, sont encore peu connus. Cet élément, limité par une paroi nette, qui l'isole du protoplasme, offre des aspects variables, suivant les êtres, et suivant les moments de la vie de l'être. Tantôt, il consiste en un amas de fines et nombreuses granulations ; tantôt, il est fotmé de grains rares et volumineux, comparables à des nucléoles ; tantôt, il se compose d'un filament, enroulé sur lui-même en un peloton. Le trait saillant porte sur sa présence constante, et sur la précision de ses contours. — Dans la règle, il est unique, et placé dans l'endosarque. Pourtant, certains individus en contiennent deux, ou trois, ou cinq et six, comme plusieurs Amœha, Diffïugia, Arcella; mais on ignore si cette pluralité est habituelle, ou si elle concorde avec la venue prochaine de phénomènes reproducteurs (fig. 5, p. 12).

Dans certains cas, notamment chez les Pelomyxa paliislris et les Amœba princeps, le noyau subit des modifications remarquables. Sa substance se résout en nombreux granules, qui se dissocient par la suite, el se répandent au traversdu protoplasme de l'organisme ; laplupart, même, finissentparêtre expulsés, comme des éléments devenus étrangers ; à cause de leur grande réfringence, plusieurs auteurs les ont nommés des corps brillants. La desti-

RouLE. — Anaiomie. I. -J

PROTOZOAIRES SARCODAIRES.

née et le rôle tic ces grains sont inconnus. Plusieurs auteurs supposent qu'ils se convertissent, après leur rejet, en nouveaux individus ; le fait est peu probable, car il est difficile d'admettre qu'une parcelle de substance nucléaire soit capable de façonner à la fois du protoplasme et un noyau . — A eu juger par analogie, et par comparaison avec des changements similaires accomplis dans certaines cellules des ^Métazoaires, ces phénomènes

Fig. 17. — Carapace des Radiolaires. — Carapace (discoïde) d'un Radiolaire de la lamille dos Discoïdes, le Staurodictya elegans ; d'après E. Hseckel.

paraissent correspondre à une clasmatose, précédée par des phases de dégénérescence. Le noyau commence par s'hypertrophier ; puis il se divise en parcelles, qui se résolvent en granules à leur tour; après quoi, ces derniers se dissocient, cheminent dans le protoplasma, et sont finalement rejetés comme devenus inutiles.

Cette série de modifications aboutirait donc à la destruction d'un noyau, parvenu au terme de sa vitalité, et, sans doute, à son remplacement par un plasma nucléaire plus jeune ; elle servirait, selon toutes probabilités, de prélude à la reproduction.

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