RÉFLEXIONS
Nous voyons ici les lésions intellectuelles et morales arriver très-concurremment avec les lésions physiques au dernier néant.
A une période déjà avancée de la maladie, les jambes étaient un peu enflées ; à ce moment, l'état du cœur montrait qu'avec le défaut d'innervation l'activité circulatoire diminuait.
La teinte vergetée de la peau, les sillons bleuâtres qui la parcouraient ont dû donner la pensée que le manque d'action dans la circulation pouvait avoir pour cause des empêchements mécaniques dans le cœur ou les gros vaisseaux. — La chaleur animale était plus faible aux extrémités. Il y avait déjà une disposition gangréneuse évidente pour nous avant même que le malade fût complètement alité.
Chez un individu ordinaire où une gangrène paraîtrait imminente, elle se développerait scion les rigueurs d'^usagc et, très-souvent, la nature, dans sa lutte, remporterait l'avantage dans un temps qui ne devrait jamais être long. — Les choses ne se passent pas ainsi dans la Paralysie générale.
L'œdème des jambes, observé depuis longtemps
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chez le malade, tenait à plusieurs causes multiples. Nous avons vu, à l'autopsie, des caillots stratiGés au cœur et dans les gros vaisseaux, de l'hypertrophie. Il est probablement certain que quelques concrétions cruoriques ou fibrineuses, entraînées par le courant sanguin, sont venues gêner la circulation et, en ralentissant ractivitc du cours veineux, déterminer une exsudation exosmotique dans le tissu cellulaire. — L'état des parties centrales du système circulatoire diminuait nécessairement l'impulsion du mouvement syslolique et la tension des vaisseaux artériels et veineux. L'affaiblissement dans l'iiïipulsion du cœur et la tension des vaisseaux, deux phénomènes intimement liés ensemble, trouvaient encore leur cause dans l'inactivité que l'appareil sanguin puise dans le défaut de vitalité dû à la paralysie générale et dont le point de départ, quoi qu'on puisse objecter aujourd'hui, n'existe que dans une imperfection généralisée de la physiologie vaso-motrice.
Tout est suffisant pour expliquer l'œdème, son développement et une gangrène consécutive, et une gangrène de nature spéciale tenant aux sidérations diverses d'innervation.
Ici, en raison de la longueur du temps depuis le commencement de l'œdème jusqu'à l'apparition de la gangrène, on peut voir que, dans la paralysie générale, l'anéantissement de la force circulatoire arrive graduellement, comme il en est^ du reste, et c'est
une conséquence, de toutes les fonctions de l'organisme sans que les malades semblent s'en apercevoir, et sans l'accompagnement des graves symptômes qu'on remarque chez les individus non paralysés atteints des maladies ducœurou des gros vaisseaux. — Nousvoyons sans cesse chez les paralysés généraux diverses formes d'hypertrophie, des concrétions cruoriques, fibrineuses, osseuses, se développer dans le cœur et les gros troncs sans que les malades semblent ressentir de la gêne de la circulation.
Sans doute^ s'il y avait en même temps dilatation proportionnelle de toutes les cavités, le fait pourrait jusqu'à un certain point se comprendre. On ne peut l'attribuer qu'au calme imprimé au cœur par une influence de sidération spéciale vaso-motrice dont la paralysie générale donne un exemple des plus frappants et qui fait que les individus sont totalement étrangers aux troubles que déterminent chez eux les maladies intercurrentes. — L'oblitération par déplacement de concrétions a pu favoriser l'œdème dont le développement se fait de plus en plus sentir sur l'apparition de la gangrène ; mais, la grande cause principale énoncée plus haut resle toujours comme primum movens. C'est d'autant plus vrai que, les paralysés généraux conservant jusqu^à la fin un trés-grand embonpoint, on comprendra que, ce dernier exigeant nécessairement pour la vie plus de matériaux de nutrition et en recevant moins par suite du trouble des
110 RECHERCHES SUR l'aNATOMIE PATHOLOGIQUE
appareils vaso-moteurs, les formations de gangrène sont puissamment aidées.
Le nommé X..., 22 ans, entre à TAsile de — Lecer-
lifical du médecin qui a conclu k Tenlrée conclut que « X... est a atteint d'une maladie organique du ceii^eau, vraisemblablement un ramollissement ; d'où il résulte une altératimi a des facultés mentales, »
On peut de suite, sans aucune hésitation, constater que le malade est atteint de paralysie générale. La parole est tremblotante et embarrassée, la démarche incertaine et chancelante. L'abus des boissons serait la cause de Taffection. L'hérédité paraît étrangère; mais, par une coïncidence bizarre, la femme du sieur X... entrée à l'Asile peu de temps avant son mari est atteinte, comme lui, de paralysie générale.
La maladie progressive très-vite. — Six mois après l'admission, — X... présente un anéantissement de toutes les facultés. — La vie est entièrement végétative. — X... marche très-difficilement ; il porte avec peine les mains à la bouche. On lui sert son manger; il n'a même pas Tinstinct de , savoir qu'il faut le prendre. — On lui met la cuiller k la main ; ce n'est que lentement, et en tremblotant beaucoup qu'il la porte k la bouche; puis, il s'arrête, et l'on est enfin forcé de lui entonner les aliments. — La figure estslupide, l'œil terne et fixe avec les paupières tremblantes ; la peau a une légère teinte violacée et est vergetée par endroits. — Le malade ne gâte pas
encore el ne présente rien de spécialement anormal du côté de la miction ; toutefois on constate du sucre dans les urines (1;. — n y a des intermittences da pools. Le cœur présente un bruit de souffle râpeux à la ûn du second temps ; diminution de la chaleur animale ; les fonctions de la peau sont imparfaites et offrent une sécrétion huileuse ; avec cela, le larmoiement continu et le bavement montrent qu'il y a du trouble dans les phénomènes dynamiques des sécrétions. — Pas de contractures, pas de soubresauts tendineux ni de convubions épileptiformes, rien de tétanique ou de clonique.
Rapidement et, à peine un mois après les faits relatés, le malade ne peut plus du tout se soutenir, gâte in utraque facultaie. La peau est couverte de plaques vergetées et de sillons bleuâtres qui doivent faire penser que, dans un temps rapproché, une gangrène va survenir.
Définitivement, X.... ne peut plus quitter le lit. — La décadence de la paralysie générale est arrivée à son ultime degré. — On est forcé de faire manger le malade, ou plutôt de lui enfourner les aliments. — Les muscles du pharynx commencent à avoir perdu leur ressort. — La figure est hébétée; les yeux sont ternes, les pupilles dilatées ; tendance exophtalmique. — Ânalg^ie et perte presque absolue de la sensibilité tactile. — Difficulté très-grande de Texpansion pulmonaire avec affaiblissement du murmure vésiculaire ; crépitations en arrière, souffle en haut et à droite ; souffle râpeux du cœur à la fin du second temps.
Développement galopant d'une large gangrène à la région trochantérienne droite ; en peu de jours, dénudation du grand trochanter dans toute son étendue. — Une autre gangrène considérable apparaît bientôt à gauche et marche encore plus vite
4. Nous avons, les premiers, constaté le lait dans la Paralysie générale.
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que la première ; puis, la jambe gauche se gangrène dans son tiers supérieur et externe et laisse voir le tibia dénudé ; la région malléolaire gauche se prend également ainsi que les calcanéams dont le gauche est découvert dans presque toute la face interne ; des eschares assez larges se forment également à la faa* interne des genoux.
Toutes ces plaies se forment dans Tespace de quatre à cinq jours et arrivent de suite au dernier degré.
Le malade s emacie ; Tatrophie musculaire est considérable. — Il mange encore ce qu on lui ingurgite ; mais, les aliments ne passent plus au pharynx que par une sorte de mouvement entièrement mécanique des muscles, et quand la bouche est pleine de nourriture; il y a vis a iergo. — Diarrhée incoercible ; poub petit, à 70. — L'état inflammatoire des poumons s*accrott; la chaleur animale diminue ; tous les téguments ont une teinte asphyxique.
Un travail éliminateur s^est établi rapidement autour des eschares; mais, il cesse brusquement. — La plaie gangréneuse de la région trochantériennc gauche gagne encore en profondeur ; bientôt, on ne peut plus la suivre. — L'odeur des plaies est trèsfade, mais n'a pas Todeur fétide de la gangrène ordinaire. — Le malade reste dans le triste état que nous relatons pendant trois mois, chose bien étrange ; Tépuisement est énorme, et en6n la vie cède avec le dernier degré du marasme.
Autopsie.
Épanchemcnt séreux abondant entre les deux feoillets de l'arachnoïde. — Ramollissement de la partie inférieure de
la substance grise. — Consistance de la substance blanche des hémisphères cérébraux plus grande que d'habitude. — Ramollissement général des centres ; la voûte à trois piliers s'en va en bouillie ; épanchenient séreux dans les ventricules; kyste gros comme un haricot du plexus choroïde dans le ventricule latéral gauche ; épaississcment de la membrane des ventricules ; état gélatiniforme du plexus choroïde cl de la toile choroïdienne ; un peu de ramollissement de la partie antérieure de la couche optique dans le ventricule latéral gauche.
Adhérences des plèvres.— Poumons fortementengoués.— Un peu d'hyperirophie concentrique du venlricule droit ; caillots cruoriques et stratifiés de Tartère pulmonaire. — Insuffisance aortique; concrétion à droite au niveau de la dernière valvule sigmoïde et remontant d'un centimètre dans laorte.
Dégénérescence graisseuse de tout le foie.
De même^ pour la rate, les capsules surrénales et les reins, surtout dans la substance tubuleuse.
Ulcérations noirâres et multiples de la muqueuse vésicale.
Atrophie avec dégénérescence graisseuse musculaire considérable.
Grands trochanters découverts dans toute leur étendue au fond d'une plaie gangréneuse occupant le tiers supérieur et externe de la cuisse, et infitrés de pus.
Arthrite suppurée de larticulation coxo-fémorale gauche; il n'y a presque plus de cartilage à la tète du fémur infiltré d'une sérosité noirâtre et où les cellules spongieuses sont considérablement ramollies et raréfiées.
Région sacrée n'offrant plus qu'une large surface gangrenée ; les tissus fibreux ligamentaires sont respectés.
114 RECHERCHES SUR l'aNATOMIE PATHOLOGIQUE
Le tibia gauche est dénudé dans son tiers supérieur et interne, trés-blanc et trés-poli parce que depuis longtemps, il est dépourvu de périoste.
La malléole externe droite est dénudée et gangrenée.
Réflexions.
H serait difficile de trouver une observation qui puisse plus complètement démontrer les troubles de nutrition. — Les perversions symptomatiques qui s'établissent pendant la vie sont corroborées par les résultats nécropsiques, et, de plus en plus, nous voyons qu^n ne peut attribuer la paralysie générale à la simple action inflammatoire désignée classiquement sous le nom de meningo-encephalite chronique ou diffuse. — Tous les auteurs sont bien en mal, du reste, puisque, faisant de la Paralysie générale une maladie d'inflammation, ils débutent dans leurs descriptions par établir Vêlement congestif.
Si tout se relie dans l'organisme, et si, à un moment donné, le cerveau malade donne des actions de physiologie anormale qu'on ne peut contester, il n est pas moins vrai que, pour la maladie qui nous occupe, toute l'économie est plus ou moins prise dans chacune de ses parties dès le début, que la dénutrition du corps entier s'opère passivement peu à peu et que le
centre vaso-moteur du sympathique, premier pour nous au cas présent, est seul capable d'expliquer toutes les déformations^ décompositions des plus petites parcelles de l'être prises à n'importe quel point.
Pour le malade de l'observation, nous disons, sans nous occuper de l'élat mental dont la dissolution ne peut souffrir d'clre discutée, que les phénomènes organiques présentent dans leur développement et leur marche morbide le même caractère anormal et bizarre que dans les cas précédemment cités. — Ici, même, les conditions spéciales sui generis sont encore plus accentuées et viennent davantage confirmer pour nous la réflexion que nous faisons plus haut en établissant avant tout que la paralysie générale est une maladie de nutrition et en la rapportant de prime-saut aux lésions du sympathique dont les retentissements s'exercent ensuite sur tout le système nerveux en constituant un cercle pathologique dont tous les effets finissent par se corroborer mutuellement^ mais avec des caractères symptomatiques essentiellement tranchés, tous propres à la maladie et aboutissant fatalement à la mort.
On a vu que, si le malade était avancé lors de son entrée à l'asile, l'affection marcha depuis avec une très-grande rapidité. — La teinte rouge violacée des téguments, le souffre râpeux du cœur nous attestaient des entraves dans la circulation, de la diminution
d'hématose aux capillaires, et une disposition gangréneuse.
En un temps très-court, de larges gangrènes se développent sur plusieurs points. — Comme toujours, un travail éliminateur cherche à s'établir, mais il n'avance ni ne recule. — Il semblerait qu'il devrait s'offrir de la résorption putride, et cependant rien n'a lieu. — L'eschare au sacrum ne reconnaît sa cause, comme les gangrènes des autres points du corps, que dans les effets de la dénutrition générale ; il est évident toutefois qu'elle reconnaît comme adjuvant le décubitus dorsal; mais, ce n'est que très-secondaire. — Large, profonde, elle pouvait, par sa longue durée, faire craindre une ouverture de la cavité de l'arachnoïde ; on sait, en effet, que l'échancrure qui termine le canal sacré est formée par le ligament sacro-coccygicn qui seul sépare l'arachnoïde des parties putréfiées; la nécrose ou un pertuis de ce hgament entraînerait un transport d'éléments putrides dans le canal vertébral. Les faits de ce genre sont rares, il est vrai, et, avec ceux de Blandin et Lisfranc, Velpeau en cite peu dans son anatomie chirurgicale.
Chez notre malade et, soit dit en passant, on ne saurait, de toutes façons, trop comprendre comment il se fait qu'une gangrène si énorme de la région sacrée n'ait pas fini par amener de graves désordres dans le canal sacré et une infection putride consécu*
tive. On ne peut l'expliquer, anatomiquementd'abord, que par la conservalion du ligament sacro-coccygien et, certainement par la nature spéciale de la gangrène qui, une fois bien formée, s'arrête dans sa marche.
De plus en plus on voit que la maladie de dénutrition s^étend jusqu'aux éléments morbides de décomposition qui ne trouvent plus les satisfactions nécessaires pour leur route infectante. — La sidération toute particulière vaso-motrice entrave les influences pathologiques classiques, du moins dans les cas que nous présentons.
Dans ces profondes cschares au sacrum, les nerfs fournis par les branches postérieures des paires sacrées sont nécessairement atteints, soit en totalité soit dans leur nevrilème ; nous y avons constate de Tépaississement conneclif et des granules graisseux se développant par traînées. — L'état de la paralysie générale permet de juger de suite, par actions sympathiques communiquant au reste du système nerveux, les actions morbides secondaires qui peuvent résulter.
L'odeur des plaies gangréneuses était très-fade ; mais, elle n'avait pas la fétidité des gangrènes ordinaires.
A lautopsie, on trouve de la gangrène des os, une arthrite suppurée. — Ces désordres, pas plus que les autres, n'ont empêché la paralysie générale de
118 RECHERCHES SUR l'aNATOMIE PATHOLOGIQUE
suivre sa marche jusqu'à ce que le dernier degré de marasme soit épuisé.
De pareilles lésions, chez un individu ordinaire, auraient infailliblement amené la mort avec une grande rapidité, et la gangrène, même intérieure, p2ut persister, relativement longtemps^ sans devenir une cause finale de mort.
L'état passif congeslionnaire général^ les caillots cruoriqucs et stratifiés dans les gros vaisseaux et le transport de concrétions aux capillaires, l'épaississement des orifices et l'hypertrophie du cœur ont pu accélérer la fin, mais n'ont pas empêché la paralysie générale d'arriver petit à petit à son ultime degré en attendant quelle ait ruiné presqu'en même temps tous les particules de l'être.
Les ulcérations noirâtres de la muqueuse vésicale montrent que la vie organique n^est pas plus exempte de la gangrène que la vie de relation. — On doit remarquer qu'elles n'ont offert aucun de ces graves symptômes qui devraient les accompagner.
Nous trouvons, comme dans les autres observations, une dégénérescence graisseuse dans des organes où, comme le foie et la rate, la circulation est plus active, et une tendance à se généraliser.
11 est élémentaire, pour nous, de dire qu'on la retrouve dans toute fibre musculaire, celles surtout de l'intérieur du corps.
Cette dégénérescence, pourvu qu'on ait légèrement
rbabitude, esf visible au premier examen nécropsique ; nous laissons évidemment de côté les finesses histologiques que nous reprendrons bientôt.
A proprement parler ce ne serait pas une dégénérescence ; on aurait plutôt affaire à une substitution d'éléments homœomorphcs (tissu adipeux) aux éléments normaux ; ce ne serait pas une production accidentelle ; ce serait un remplacement par la graisse des parties intégrantes d'un tissu qui se résorbe sans être suppléé par des molécules équivalentes.
Nous n'insisterons pas davantage sur cette production de physiologie anormale. — Nous pensons néanmoins qu'elle est favorisée par le défaut bygide qui donne de l'inactivité aux organes.
Une autre cause de production tiendrait à sa nature peu animalisée qui, comme l'a justement fait remarquer Meckel , favoriserait un envahissement substitutif dans des tissus atrophiés ou chez lesquels les mouvements de recomposition moléculaire ne sont plus en rapport avec ceux de décomposition.
Maintenant, nous entrons dans nos conclusions dernières que tout notre travail n'a que trop fait sentir; mais, pour les affirmer il est nécessaire d'avoir des obsemtions histologiques distinctes qui s'ajoutent à la clinique.
Nous avons essayé, dans les faits précédents, de faire un choix propre à éveiller l'attention sur une maladie spéciale mal rapportée jusqu'à présent selon nous, à sa véritable origine.
Nous avons cru prendre les éléments les plus tangibles pour faire entrevoir les effets de morbidité vasomotrice. — Il est facile d'appréciiT que, si nous nous sommes davantage a|)puyés sur des points trèsspéciaux, nous n'avons point négligé pour cela Tèlat général; nous avons, au contraire, par des indications formelles auxquelles un caractère saillant est donné, tenté d'unir toutes les relations pathologiques du corps dans une maladie très-nettement établie, pour nous, de dénutrition.
Si nous ne nous sommes arrêtés, jusqu'ici, qu'à la paralysie générale, c'est que cette affection nous avait
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tout particulièrement frappés et que les explications des auteurs ne pouvaient nous satisfaire.
Nos opinions sont maintenant très-arrêtées.
Qu'évidemment on nous permette de dire que jamais personne n'a songé à la pathologie du grand sympathique. — Son importance, cependant, ne saurait échapper aux esprits éclairés ; nous essayons de la commencer.
Nous n'ignorons point qu'une révolution médicale très-grande peut en ressortir.
Poumons, le premier jalon est posé ; la controverse existera certainement ; mais, de la discussion naît la vérité. Cette vérité, nous pensons 1 avoir trouvée, et nous sommes convaincus que des travaux très-supérieurs à celui que nous présentons aujourd'hui et englobant d'autres ordres d'idées viendront confirmer nos premières conceptions et les résultats de nos recherches.
Le nomme X.... entre k l'Âsile de.... altcint de lypémanie chronique avec idées de persécution. — Cet homme a fait des excès qui ont amené primitivement des accidents digestifs de diverse forme. En même temps, ses forces diminuaient ; son caractère se modifiait, et peu-à-peu le délire s'accusa. Les prédominances de persécution n'ont été constatées qu'un an après lentrée, et il a insensiblement montré de la torpeur alternant avec des excitations générales indéterminées. Cet état a duré pendant 10 ans, et Ton a pu remarquer chez X... , k intervalles variables et croissant d'une façon progressive des inappétences, disparition du goût, troubles diarrhéiques, adjuamie, difficulté de s'exprimer. — Tout d'un coup, sans phénomènes précessifs devant attirer l'attention, il est pris d'une violente congestion qui laisse apparaître k sa suite du délire ambitieux, exagération delà sensibilité affective, perversion de la sensibilité cutanée, tremblements fibrillaires, vultuosité de la face, tremblottement delà langue, incoordination de la parole, inégalité pupillaire, difliculté de station debout et troubles loct)moteurs généraux, tous les signes enfin d'une paralysie générale bien accentuée. — La maladie suit une marche galopante. — X... devient rapidement impotent, gâteux, et n'offre plus rien d'intellectuel et de normal. Il meurt subitement après congestions épileptiformes répétées.
Dans ce cas, on aperçoit dès le début une simultanéité symptomatiqae remarquable ensuite par la lenteur de sa marche et un caractère trompeur qui ne
ET LA NATl'RE DE LÀ PARALYSIE GÉNÉRALE. 123
permettait pas le diagnostic assuré de raiïeclioii. La maladie a été sourde^ insidieuse, ce qui existe, du reste, toujours dans les préliminaires de la paralysie générale, puisque ce ne fut qu'au bout de 10 ans, chose incroyable, que les grands pliénomcnes de l'affection s'établirent d'une façon des plus formelle, et en marchant avec une rapidité d'autant plus grande qu'ils s'étaient fait plus longtemps attendre.
Nous appuierons cette dernière considération en répétant ce que nous avons dit depuis longtemps.
€ La paralysie générale ne perd jamais ses droits.
• Lente à se développer, clic marche avec rapidité,
• présentant des intermittences simulant parfois une € guérison ; elle reprend ensuite son cours avec une
• violence d'autant plus grande qu'elle a été retardée c dans sa marche. »
A Tautopsie, on trouve les sinus de la dure-mère gorgés de sang ; plaques nombreuses d'exsudat ; sérosité citrine inlra et sous-arachnoïdiennc ; membranes fortement congestionnées. — Le cerveau est congestionné sous tous ses points.
A l'œil nu, on ne trouve rien dans la protubérance^ rien dans le cervelet, rien dans le bulbe
A la surface, pas de pseudo-membranes.
A la coupe du lobe cérébral droit, on trouve un caillot dans le troisième ventricule qui en a refoulé les parois et qui s'est creusé une cavité aux dépens de la partie supérieure; ce caillot a le volume d'un gros œuf de poule;
124 RECHERCHES SUR i/aNATOMIE PATHOLOGIQUE
il est Irès-coloré et paraît, à l'œil nu, de date récente; le tissu ambiant est un peu en détritus. — A la coupe du lobe gauche, on trouve dans la partie frontale une petite poche du volume d'une noix remplie d'une sérosité un peu roussâtre et tapissée d'une membrane tachée de brun; tout autour, dans une épaisseur de deux centimètres, le tissu présente un ramollissement jaune des plus accentué.
Examen microscopique.
Vaisseaux. — Ils n'offrent nulle part les véritables caractères de la sclérose. — Si, autour de quelques unes, on trouve un léger degré de prolifération du tissu cellulaire, il est incontestable que jamais cette production n'a pour résultat, non-senlemml d' effacer ^ mais de diminuer le calibre des capillaires. — En revanche, la plus grande partie des vaisseaux de l'encéphale ont leur parois parsemées de granulations graisseuses, pigmentaires ou hémaliques. Il en est ainsi de presque tous les vaisseaux de la substance corticale des lobes cérébraux. On n'en rencontre de sains que dans quelques points de la partie postérieure ; mais, c'est surtout dans les lobes frontaux que la dégénérescence vasculaire est plus générale; là, elle porte non-seulement sur les capillaires de la substance grise, mais encore sur ceux de la substance blanche ; de plus, il
en est qui sont entourés comme d'un véritable manchon de granulations graisseuses. Les vaisseaux sont parfaitement intacts sur tous les points de la protubérance et dans la plus grande partie du cervelet ; mais, dans quelques points de cet organe où elle existe, la dégénérescence se montre à un très-haut d^c. Dans la substance grise qui entre dans la composition du troisième ventricule, la dégénérescence des vaisseaux ne forme que des ilols éloignés les uns des autres.
Cellules. — Dans la substance corticale des lobes cérébraux, la plupart des cellules sont remplies de granulations graisseuses, ce qui fait qu'elles se dessinent parfaitement à l'œil sans le concours d'aucun réactif. — L'envahissement de la dégénérescence n'est pas générale ; il s'est fait par départements qui sont séparés par des parties saines ; mais on peut dire que la somme des cellules dégénérées l'emporte sur celles qui sont restées normales. — C^est dans le lobe frontal que cette altération est portée au plus haut degré, c'est-à-dire dans la partie où la dégénérescence des vaisseaux est aussi plus intense. — Toutefois, on ne peut pas dire que l'altération de ces deux ordres d'éléments analomiques marche forcément de front, car il est beaucoup de points où les cellules sont dégénérées et où cependant les vaisseaux sont parfaitement intacts.
Le tissa jaaae et ramolli qai eaviroime le kyste du lobe frontal gauche est constitué, avant tout, par un détritus informe dans lequel on remarque une énorme quantité de granulations graisseuses libres et une quantité prodigieuse de corpuscules de Glûge de toutes dimensions. — La plupart de ces corpuscules sont colorés par de Thématine couleur de Sienne; quelques-uns sont incolores et exclusÎTement formés par des granulations graisseuses ; ça et là on aperçoit encore des petites cellules nerrenses intactes.
Dans le voisinage du foyer apoplectique du lobe droit, le tissu nerveux oflre à FœU le même genre d'altération et, tout-à-&it au contact du caUlot, il est fluide.
Au microscope, ces points ramollis renferment encore^ avant tout, des corpuscules de Glûge ; mais les incolores y sont beaucoup plus fréquents.
Plus loin, là où la subslance cérébrale paraît saine, on trouve encore des corpuscules de Glûge, et ils paraissent reproduire, à peu près, la disposition topographique des cellules nerveuses. — On doit en penser que ces corpuscules pourraient bien venir des cellules elles-mêmes.
Dans la protubérance, et dans tout Tisthme, les cellules sont très-riches en pigment couleur de minerai de fer.
Nulle part on ne trouve de granulations dans les tubes nerveux.
Le nommé X..., entre à l'Asile de — Il est alleinl de
manie et, d'après le peu de renseignements qu on a, Taffection mentale n'a éclaté qu'il y a quelques mois au point de fixer l'attention. — Il offre, k l'observation directe, lors de l'entrée, tous les symptômes du délire général aigu ; les idées sont complètement dissociées, le verbiage continuel, l'attention tout-à-fait pervertie. L'agitation est multiforme et tellement intense que, pour préserver l'individu contre lui-même et empêcher les écarts d'actes vis-à-vis d'autres, on est forcé de le camisoler. — La suracuité du délire a amené une grande émaciation de tout l'organisme et divers troubles fonctionnels : inappétence ou perversion de Tinstinct de la faim, diminution de la chaleur animale, précipitation des battements du cœur, ruine du sommeil... etc. — La physionomie offre un cachet vultucux, couperosé avec teinte huilo-terreuse de la peau ; pas d'inégalité dans les pupilles; articulation du langage ordinaire; forces musculaires très-faibles ; motilité n'offrant rien de particulier.
L'acuité mentale,- avec corollaire d'acuité des actes, dure sans interruption pendant trois mois. — Les fonctions digeslives reprennent un peu de leur activité, mais par intervalles seulement ; la maigreur n'a pas diminué. — Insensiblement, du calme sun ient; mais l'incohérence n'a pas subi de modification avantageuse. — Le sommeil est rétabli. — On remarque alors d'une façon très-accusée l'incoordination des mouvements avec gêne de la parole qui, peu-à-peu, devient plus tremblotante et inarticulée ; les pupilles deviennent iné-
128 RSCHSRCHBS SUR l'aNATOMIS PATHOLOGIQUE
gales ; on note une incurvation latérale du tronc du côte de la pupille qui est la plus petite ; la physionomie devient plus vergetée et plus terreuse ; lelat gâteux se prononce. — La démence prend le caractère slupide. — Le malade se dégrade de plus en plus ; un jour, il tombe dans un profond coma ; une convulsion épileptique intense le prend, et il meurt subitement.
Celle observation démontre que les symplôines de la paralysie générale sont souvent insidieux et n'offrent pas toujours, pendant un certain temps, le pathognomonisme ordinaire. — Nonobstant, la teinte en même temps couperosée et terreuse de la face nous avait indiqué des réserves à faire, et bientôt tout le cortège symptomatique s'est présenté. — A mesure que la démence s'accuse, la paralysie générale suit une marche galopante. — Somme toute, le cachet congestif a d'abord couvert loute la scène ; c'est encore lui qui a été la cause finale.
A l'autopsie, on trouve les poumons fortement congestionnés. — Sérosité citrine dans le péricarde. — Cœur un peu volumineux offrant quelques caillots caséeux; parois adipeuses. — Foie hypertrophié et graisseux. — Reins un peu atrophiés; sérosité huileuse sortant des bassinets.
Parois du crâne ordinaires; sinus de la dure-mère pleins de sérosité séro-sanguinolente ; quelques adhérences avec l'arachnoïde infiltrée et épaissie.
ET LA NATnnE DE LA PARALYSIE GÉNÉRALE. 129
EXAMEN MICROSCOPIQUE
On peut dire d'une manière générale que les vaisseaux sont normaux. A peine quelques-uns, qui forment une exception, offrent-ils du pigment. — Il n'y a pas de rapprochement à établir avec l'observation précédente. — Il est à remarquer que c'est dans le cervelet que ces vaisseaux ainsi maculés se sont montrés le moins rares.
Un grand nombre de cellules sont remplies de granulations graisseuses dans divers points des lobes cérébraux, notamment du côté de la convexité. Quelques-unes de ces cellules n^nt de granulations graisseuses qu'à leur circonférence qui se trouve ainsi parfaitement dessinée.
Dans les couches optiques, les corps striés, le bulbe, la protubérance, les cellules sont intactes. — La substance blanche est partout normale. Rien du côté des tubes.
Des cristaux lamelleux se sont offerts nombreux dans une préparation ; mais, il est probable qu'ils ont pris naissance sous l'influence de l'addition successive diacide acétique et d'acide chromique.
RECHERCHES SUR i/aNATOMIE PATHOLOGIQUE
Le nommé X... entre à Tasilc de.... — Pas d'hérédité. — Il a fait de nombreux excès. — Il se présente dans un état de délire général chronique suraigu ; tout enchaînement d'idées a disparu ; l'attention est impossible, la verbosité extrême, l'agitation d'actes multiforme. — La physionomie est très-vultueuse et offre des vergétures violacées ; l'œil est fortement injecté ; il y a inégalité pupillaire. — La chaleur animale est diminuée. Il y a adynamie, empâtement de la marche sans incoordination évidente. — Les fonctions digestives s'exécutent mal ; mauvais appétit; alternances de constipation et de diarrhée; sécrétion urinaire abondante.
Pendant plusieurs mois, l'état est stationnaire. — Puis, le délire et l'agitation des actes commencent à tomber; la démence s'affirme. — En même temps, on observe de la pesanteur dans l'attitude générale et de la lourdeur dans l'expression des divers modes de mouvement. — La face devient plus couperosée et offre une teinte huileuse générale; les cheveux ont blanchi rapidement (1). — Des fibrillations partielles s'accusent; toutefois, le défaut de netteté de l'articulation du langage est très-vague.
La chaleur animale est normale ; le cœur n'offre encore rien de spécial. — Un jour, une attaque franche d'épilepsie apparaît après deux ou trois vestiges pris d'abord pour des signes précurseurs de congestion ou d'apoplexie. ~ Peu après, la déca-
1. Cest un signe dont Timportance s^acrose nettement dans la progression de la Paralysie générale et qui affirme une fois de plus la dénutrition.
dcnce se prononce davantage, et la démence stupide est formelle. — Les symptômes somatiques s'indiquent par une inartîculation des sons avec empâtement dont la course a été galopante, une titubation intense des extrémités inférieures, voussure du tronc avec incun^ation latérale droite, tremblements Gbrillairesdu visage, injection oculaire avec voussure du globe et inégalité papillaire. — Les conditions de la vie organique se sont aussi altérées peu à peu et ont suivi rapidement la dégradation de la vie de relation ; plus d appétence ; boulimie ; diarrhée rémittente ; était gâteux complet.
Le malade reste un an dans ces conditions; il a engraissé de façon à le rendre méconnaissable, relativement à ce qu'il était avant. — Les crises épileptiques ont toujours marché avec variations d'intensité.
Un moment, il semble aller mieux. Il marche plus facilement, bredouille moins ; l'état gâteux cesse ; l'attention se réveille, et on peut même l'occuper à quelques ouvrages élémentaires.
Cette rémiltence dure six mois et, pendant ce temps, l'épilepsie quiy depuis son apparition, avait été continue, vient à se suspendre. — Subitement, le malade est pris d'une forte congestion cérébrale qui le laisse pendant deux jours dans un profond coma avec diminution considérable de la chaleur animâle et contractures du côté droit. — Il sort encore de cette grave atteinte et peut même marcher pendant quelques jours ; mais l'impotence et la végétation reprennent leurs droits ; les accès d'épilepsie réapparaissent et se renouvellent fréquemment.
L'individu s éteint insensiblement.
Contrairement à ce qui arrive dans la paralysie générale, où l'épilepsie ne se montre guère qu'à la fin.
132 RECHBBCHES SUR L ÂNATOMIE PATHOLOGIQrE
la névrose a été ici une complication pendant le cours de la maladie.
A l'autopsie: poumons très-congestionnés ; cœur volumineux, à parois graisseuses; foie hypertrophié et graisseux; reins anémiés; intestins grêles, amincis; épaississement de la muqueuse du gros intestin.
Parois du crâne normales — Adhérences de la duremére à la boite crânienne ; écoulement de sang gélatineux et de sérosité noirâtre lors de la section de la durc-mére ; infiltration des méninges et larges plaques d'exsudat.
Examen microscopique .
Les vaisseaux sont presque partout normaux. — Ils le sont tous dans le cervelet. — Dans les lobes cérébraux, après un grand nombre de préparations portant sur des points variés, nous n'en avons rencontré que deux ayant réellement dans leurs parob quelques granulations graisseuses mêlées à un plus grand nombre de cristaux d'hématine. — Dans les diiïérentes parties de Tencéphale un grand nombre de vaisseaux se montrent décrivant des spires dans un large manchon renfermant beaucoup de cristaux d'hématine.
Les cellules offrent une d^énèrescence graisseuse
des plus accentuée sur un grand nombre de points des lobes cérébraux. — Beaucoup en sont venues à se rapprocher de la forme ovoïde et renferment des granulations graisseuses plus volumineuses. On assiste à la démonstration du passage des cellules nerveuses aux corpuscules de Glûge incolores. — Cette disposition se rencontre encore, et plus marquée peut-être dans la couche optique. — Les cellules sont intactes dans le bulbe, la protubérance et le cervelet. — Dans les lobes cérébraux et les couches optiques on rencontre fréquemment des amas de globules graisseux sans enveloppe commune et quelques amas informes de granulations jaunes qui font tache, beaucoup de plaques irréguhéres de substance pigmentaire. — Enfin, dans la couche optique en particulier, il y a de nombreux amas de cristaux d'hématine en dehors de Tatmosphère des vaisseaux.
Rien du côté des tubes (1).
Le nommé X... entre à l*Âsile de... — Il était atteint de délire général avec hallucinations de Touîe. La diffusion des
1. Dirons ici que si quelques obsenalions ne l onlienncnl pas rcxamen histologiqufî du sympathique c'est que noire attention ne s'était pas encore suffisamment arri^tée sur ce côté de l'organisme. Mais, Tcxamen cérébral est toujours connexe de celui qui sera fait quand le sympathique sera concurremment obsen é.
pensées est totale ; les sentiments affectifs sont pervertis avec exagération. — Il reste des prédominances d*idées megalomaniaques. — Les actes sont des plus extravagants.
Dès rentrée, les spiptômes somatiqaes étaient nettement dessinés :
Physionomie rouge, vultueuse ; œil très-brillant avecvoossure très-prononcée, très-injecté. Inégalité des pupilles dont les phénomènes de contraction sont diminués ; tremblement fibrillaire de la face ; inarticulation du langage ; marche empâtée ; inclinaison latérale du tronc (1) ; sensibilité générale et locale émoussée ; embarras gastriques fréquents ; exagération de la sécrétion urinaire.
Cet état persiste pendant deux ans. Puis, on voit, et en même temps que la démence arrive à la stupidité, que les fonctions organiques offrent une plus grande perversion, et que la vie dynamique s'affaiblit de plus en plus.
Bientôt, l'individu devient gâteux cl presque impotent. — Puis, il ne peut plus se tenir debout, et on est obligé de lui faire garder le lit ; il n'y a rien que de végétatif chez le malade.
Un an plus tard, des symptômes épileptiques s'accusent et laissent à leur suite une diarrhée incoercible.
L'alimentation demande des soins tout particuliers par suite de la difficulté de déglutition.
La sensibilité tactile est détruite. La chaleur animale est considérablement obscure et, sans que rien l'ait fait pressentir, de larges plaques gangréneuses apparaissent sur plusieurs points du corps et, bientôt, forment plaies,
L'émaciation se caractérise avec une grande vitesse, et la mort arrive par marasme.
1. Ce symptôme que nous ne nous seutons pas la force d'expliquer est toujours, dans la paralysie générale, d*une règle plus ou moins intensive ; mais fl existe iavariablement.
A Tautopsie, on trouve les poumons congestionnés ; le cœur est un peu plus volumineux que de coutume sans être hypertrophié; caillots stratifiés entre les colonnes ; de même dans Tartëre pulmonaire. — Les parois ont subi la dégénérescence graisseuse. — Le foie est volumineux et graisseux. — La rate est hypérémiée. — Les reins sont pâles et graisseux, principalement dans la substance corticale.
Les parois du crâne sont ordinaires. — Les sinus de la duremère sont gorgés de sang. — Plaques d'exsudat nombreuses à la face antérieure de larachnoïde ; sérosité roussâtre entre les feuillets ; injection très-forte de la pie-mère sans adhérence au cerveau.
EXAMEN MICROSCOPIQUE
Les vaisseaux de la substance blanche que nous avons trouvés presque toujours normaux chez d'autres sujets sont, pour la plupart, très-variqueux. — Par places, ils sont englobés dans des masses très-considérables de granulations graisseuses. — Ceux de la substance grise sont parsemés de plaques de pigment.
Dans la matière granuleuse de toutes les circonvolutions des lobes cérébraux on aperçoit des agglomérations de granules graisseux libres. Les cellules renferment^ pour la plupart, des granulations graisseuses. Mais, la dégénérescence des ci^llules est moins considérable que dans les observations précédentes. Il faut toutefois, excepter les couches optiques dont les cel-
136 RECHERCHES SUR l'aNATOMIE PATHOLOGiQlîE
Iules sont complètement déformées et remplies de granulations graisseuses auxquelles se trouve mêlée une certaine quantité de pigment.
Le cervelet, la protubérance, le bulbe sont intacts. Les tubes sont^partout normaux.
Le Dommé X... entre à TAsile de... — II est atteint de délire général aigu très-voisin de la chronicité. — La diffusion des pensées est des plus extrême : les sentiments sont annihilés; le désordre d*actes est excessif.
La maladie remonte à deux ans. ~ X... étant militaire, a beaucoup abusé des liqueurs fortes et, quand il est revenu du service, on a pu remarquer que les facultés décroissaient. — En même temps, on observait de Tinsomnie, des bizarreries de goût et d'appétit, des embarras gastriques ayant plusieurs fois nécessité Tintcrvention médicale. — On voyait des exagérations de sensibilité ne reposant sur rien, quelques troubles passagers de la vue, des tremblements erratiques qui, d*abord périodiques, prirent le caractère continu. Il se fatiguait facilement; les forces diminuaient, et bientôt tous les mouvements accusaient un défaut d'équilibre qui ne fit qu'augmenter. — Les facultés sombraient graduellement et, peu de temps avant Tentrée, un délire des plus aigu qu'avaient précédé des éblouissements fréquents s'empara du malade.
L'état mental n'a jamais donné aucun doute ; il n'y a jamais
ET L\ NXTl'BE DE LA PARALYSIE (ÎÉNEKALE. 137
eu de prédominances de délire. — L'état physique atteste une paralysie très-avancée ; le langage est trémulant et inarticulé ; la face est vultueuse et vergetée ; les pupilles sont inégales et troublées dans leur contractilitc : la marche est lourde et irrégulière ; tous les mouvements sont dénués d'équilibre, et Ton cons* tate des fibrillations générales ; les fonctions de la peau sont perverties ; la chaleur animale est amoindrie. — Le malade mange tout ce qu'on lui donnne, sans goût et avec boulimie ; il est gâteux et diarrhéique.
L'agitation n'a jamais, jusqu'à la fin, cessé d'être aiguë. — X... est mort quinze jours après son admission ; la veille il avait en une attaque épileptiforme assez violente.
Celle observation — nous croyons devoir rexprimcr incidemment — montre que les prédominances de délire ne sont pas des conditions prodromiques el symplomatiques formelles de la paralysie générale. — Les renseignements qu'ont pu fournir les élémenis de vie qui ont précédé l'entrée ont pu indiquer que les troubles de la vie animale cl de la vie organique ont marché concurremment entre eux et d'une façon graduée avec les troubles de la vie mentale; — Le fait congestif manifesté par la crise épileptiforme n'a pu que corroborer Tépuisemenl nerveux.
L'examen direct de l'encéphale ne montre que de la congestion.
138 RECHERCHES SUR l'aNATOMIE PATHOL061QI7E
EXAMEN MICROSCOPIQUE
Les ganglions cervicaux sont considérablement hypertrophiés et offrent à la coupe les caractères du tissa squirrheux. — On y aperçoit une richesse anormale m tissu connectif ; les cellules sont toutes excessivement teintes en brun jaunâtre par des granulations pigmentaires ; quelques-unes renferment, en ouUre, des granulations graisseuses. Nous ne trouvons, à travers un grand nombre de coupes des diverses régions de Tencéphale, qu'un seul vaisseau présentant un léger degré de prolifération connective. En revanche, on trouve autour de presque tous beaucoup de globules de graisse ; les mêmes globules apparaissent çà et là dans leur intérieur au milieu des hématies. — Les cellules de tout le lobe frontal droil sont remplies de granulations graisseuses qui les déforment. — Des amas do granulations graisseuses libres se rencontrent çà et là. Il en est de môme, mais à unmoindredegré, sur toute la base du cerveau. — Partout ailleurs les cellules se montrent normales. — Dans le bulbe, la matière granuleuse est tachetée de nombreuses plaques de matière colorante roussâtre. Les tubes sont intacts comme toujours.
Le nommé X... entre à V Asile de... — dans un état absolu d*împotcnce et dans le plus profond coma. — Il est extrêmement émacic. — La face offre une teinte vergclcc et huilo- terreuse. Les pupilles sont inégales et dépourvues de contractilité ; la chaleur animale est presque éteinte. — Le malade offre plusieurs points gangrenés aux extrémités inférieures. — Deux jours après son entrée, il sort du coma et manifeste du délire. — L'articulation du langage ne laisse plus aucun doute sur la paralysie générale qu'on avait diagnostiquée. — 11 retombe rapidement dans Tétat comateux, offre des fibrillations générales et permanentes, est gâteux et avec diarrhée. — Il meurt dans le dernier dégré du marasme dix jours après l'admission.
EXAMEN MICnOSCOPIQUE.
Hypertrophie des ganglions cervicaux du grand sympathique qui sont, toutefois, moins consistants que chez le sujet précédent: on en trouve rcxplication dans le stroma qui est criblé de cellules adipeuses. — Le ganglion cervical inférieur droit est presqu'entièrement transformé en tissu adipeux. — Beaucoup de cellules adipeuses sont colorées, soit en jaune foncé, soit en
bran, soit en noir. — Dans les ganglions thoraciqnes le tissa connectif est manifestement développé et se montre riche en fibres élastiques. — Dans loos les gang^oDS les cellaies sont remplies de grannlatîoQS pfgmentaires ; mais, celles-ci sont moins foncées qae chez le sajet précédent. — D'une manière gàoérale les eellnles du grand s]naipathique sont peu nouibreoses.
Presque toutes les cellules des lobes cérébraux sont rempfies de granulations graisseuses. — Les vaisseaux et les tubes sont toujours intacts.
Plusieurs fibres musculaires du cœur ont éprouvé la dégénérescence graisseuse.
OBSERVATION VH.
Le nomme X... entre à l'asile de.... — 11 n a pas d'antécédents héréditaires et a toujours joui d'une bonne constitution jusqu'à l'âge de 45 ans.
A ce moment, il a éprouvé de vives contrariétés et s est mis à boire d'une façon démesurée.
Peu-à-peu, le goût et Tappétit ont disparu. — Des dérangements d'estomac fréquents avec symptômes diarrhéiques se présentèrent. — Divers tremblements du corps apparurent accompagnés de défaillances intellectuelles qui prenaient périodiquement le caractère de délire aigu avec agitation sans prédominana*s psychiques.
Il entre à TAsile avec tous les symptômes d'une paralysie gé*
nérale avancée. — Il se tient difficilement debout, marche à petits pas et les pieds collés à terre. Tout le corps accuse des tremblements fibrillaires généraux. — La face est vergétée et d'une teinte huilo-terreuse ; les pupilles sont inégales avec voussure du globe de rœil ; la langue est embarrassée et Tarticulation des sons hachée et trémulante. — Incurvation latérale du tronc.
Les fonctions organiques son^ fort troublées. — Le malade avale difficilement, et il faut lui donner des aliments demi-liquides. — Il est gâteux et a la diarrhée. — La chaleur animale est très-diminuée.
Cet état reste un mois stalionnaire.
Alors, Imdividu ne peut plus se soutenir du tout. — On le met au lit, et le marasme progresse rapidement. — Peu de jours après, il tombe dans un profond coma, et la mort arrive.
Les boissons, en altérant les phénomènes de nutrition, ont causé la paralysie générale. — Les symptômes organiques et psychiques ont marché concurremment. — Il n*y a pas eu de délire spécial.
KXAMEN MICROSCOPIQUE.
Le stroma domine dans tous les ganglions cervicaux du grand sympathique, particulièrement dans le ganglion cervical droit supérieur où les cellules sont excessivement rares. — Le tissu cellulaire présente aussi une abondance anormale dans les ganglions thoraci- (jues et abdominaux. — Il n'y a que dans les ganglions sacrés où les cellules sont nombreuses.
142 RICHIBCHES SUR l'aXaTOVIE PITIOLOGIQCE
Partout, elles renferment beaacoap de pigment bran.
Les filets qui émergent sont presque tous englobés dans des colonnes de cellules adipeuses.
Dans \és lobes cérébraux un seul vaisseau oBre des points encroûtés de tissu cellulaire. — La plupart est encroûtée de pigment et de graisse. — Les cellules sont en parties dégénérées ; le summum de la dégénérescence existe dans les corps striés.
Les tubes sont intacts partout.
La nommée X... entre à TAsile de... — C'est une femme de 40 ans. d'un lempéramenl nenoso-sanguin, jadis forte, aujourd'hui extrêmement débilitée. — On n'a pas de détails commémoratifs sur l'affection. — Tout ce qu'on sait, c'est que la malade est, avant son entrée, restée longtemps dans un hospice.
La parole est difficultueu.se, traînante, trémulante.
Les qualités intellectuelles et morales sont anéanties, et cependant il y a encore des prédominances de délire tenant au cercle cxagératif. — La face est rouge, parsemée de sillons bleuâtres ; Toeil est proéminent : le corps est voûté ; la démarche est des plus épaisse.
Des troubles organiques que corroborre surtout Tétat gâteux viennent se joindre aux troubles divers de la vie de relation.
La malade, comme on le voit, est dans l'état de marasme paralytique général ] elle ne vit plus quevégétativement.
Six mois après Tadmission, elle eut une congestion qui la laissa plusieurs heures dans un état comateux.
A partir de ce moment, la décadence de toutes fonctions, organiques et mentales, fut de plus en plus marquée.
Gnq mois après, nouvelle attaque. — Ici, déviation de la face à droite ; hémiplégie droite ; perte absolue de connaissance pendant deux jours. — Puis, un certain réveil s opère ; mais, la parole ne se manifeste que par des sons inarticulés. — La malade reste un mois alitée et s éteint graduellement.
Il est à remarquer que, si les paralysés généraux sont éminemment sujets aux congestions cérébrales, ces congestions ne les enlèvent pas toujours aussi rapidement qu'on pourrait le croire. — Elles tendent à débiter encore les malades, à donner le coup de fouet à l'usure progressive de toutes les fonctions de Torganisme.
EXAMEN MICROSCOPIQUE
Tous les ganglions du grand sympathique ont leurs cellules colorées en brun. — Le tissu cellulaire forme la masse principide des ganglions cervicaux et thoraciques où les cellules se montrent toujours asssz rares. — Un corps amyloïde volumineux existe dans le ganglion droit supérieur. — Le ganglion cervical
144 RICHBRCHBS SUR l'aNATOMIB PATHOLOGIQnB
inférieur da même côté présente an Taissean pigmenté. — C'est là une exception.
Dans la moelle, on troaye, à toutes les régions, un grand nombre de cellules à teinte ferruginée.
Quelques yaisseaux, de la pie-mère crânienne sont encroûtés et déformés par du tissu cellulaire. — Dans 1^ mailles du réseau vasculaire sont disséminées des cellules plasmatiques remplies de pigment noir.
Une bonne partie des cellules des lobes cérébraux est remplie de granulations graisseuses.
Mds,— chose exceptionnelle. — c*est dans le plancher du quatrième ventricule qu'on trouve la dégénérescence graisseuse la plus intense.
Le nommé X... entre à TAsile de... — Il est en démence stupide et paralysé général avancé. — Il peut à peine se tenir debout, s'affaisse en avant et offre, en même temps, une incurvation droite exagérée du tronc. — La face est vergetée et offre une teinte terreuse. — L'œil est en voussure et présente une diminution droite pupiilaire. — La chaleur animale, sauf à la tête, est diminuée. — Des tremblements fibrillaires de tout le corps se manifestent. — Les sensibilités générales et spéciales sont profondément affaissées. — Le malade mange avec boulimie; il est gâteux.
ET L\ NATCRE DR L.V PVUALYSIE GÉNÉRALE. 14S
Lors de Tentrée, on manque de renseignements; — depuis, on a su que le mal a débuté il y a deux ans. Des abus de boisson ont eu lieu.
D*abord, on n^avait fait que peu d'attention à des dérangements passagers d*estomac, aux bizarreries d^appétit, à des faiblesses musculaires, à des diarrhées légères et intermittentes, à des rougeurs fugaces de la face, au changement d'humeur.... etc. — Hais, peu-à-pen, ces symptômes étant devenus plus intenses, en se compliquant d'embarras de la parole, de titubations, depervertion du goût.... et d'erreurs intellectuelles formelles, on se rappela les signes précurseurs qu'on n'avait considérés jusque-là que comme un malaise de peu d'importance.
La maladie n'a pas offert d'intercessions, et les symptômes de la vie de relation et de la vie organique ont marché concurrement. — L'état mental a été du délire général sans prédominances. — La période maniaque a passé très-rapidement à la démence.
L'individu est très-vite tombé dans l'impotence absolue. — Le marasme Je toutes les fonctions, relatives et végétatives, s'était produit lorsque la mort est venue, six mois après l'entrée, après deux congestions rapidement consécutives.
KXAMEN MICROSCOPIQUE.
Les cellules sont excessiveraenl rares dans le ganglion cervical supérieur droit; il n'est presque constitué que par du tissu cellulaire ; il n'y a qu'une quantité modérée de pigment dans les cellules.
146 RBGHERCHBS SUR i/aNATOMIE PATHOLOGIQUE
Le tissu cellulaire domine aussi dans le ganglioD cervical supérieur gauche.
Sclérose incontestable, et même rareté des cellules dans les ganglions thoraciques. Le tisssu connectif s'y montre. — Il est très-chargé de cellules adipeuses dont le contenu est coloré en jaune brun.
Dans les régions sacrée et lombaire, les cellules sont nombreuses et pigmentaires.
L'atmosphère celluleuse du grand splanchnique est comblée de cellules adipeuses fortement colorées et de larges plaques de pigment.
Les cellules du ganglion pleiiforme du pneumogastrique renferment du pigment brun comme celles du grand sympathique ; mais, il n^y a pas substitution, ni de tissu cellulaire ni de graisse.
Une pigmentation analogue se montre dans les ganglions spinaux des racines postérieures, mais, elle est moins prononcée, et surtout moins générale. — n y a même beaucoup de cellules qui sont parfaitement incolores. — La trame celluleuse de plusieurs ganglions est criblée de grains d'un noir foncé agglomérés d'une manière irrégulière.
Deux corps amyloïdes se dessinent parfaitement à l'extrémité de l'un d'eux et sur le point de convergence d'une des racines.
Dans toutes les régions de la moelle épinière, et dans toutes les préparation!^, on aperçoit beaucoup de cellules à pigment roux.
Dans une des cellules de la portion cervicale, on aperçoit deux grosses gouttes de graisse.
La matière granuleuse de la même coupe est parsemée des mêmes gouttes. — De plus, un raptus hémorrhagique se traduit par amas de globules sanguins plus ou moins déformés.
Comme toujours, les vaisseaux de l'encéphale ne se signalent que par des taches de pigment et de graisse. — La plupart des celuUes ont éprouvé la d^énérescence.
Le uommé X... enlrc à l*Asile de ... . Les renseignements commémoratifs indiquent que, depuis longues années, il était adonné aux boissons alcooliques. — Les facultés intellectuelles et morales sont considérablement affaiblies ; la mémoire est nulle. — Il n'offre aucune trace de délire, est d'une apathie qui tend à Tautomatisme. — La parole de cet homme est lente, difficile, empâtée ; il offre des tremblements fibrillaires du visage avec vulluosilés et vergetures. — La circulation est faible et irrégulière. — L'inégalité des pupilles se fait remarquer avec voussure et grande vascularisation du glol)e de l'œil. — Le malade est très-voùté, incurve du côté droit (c'est de ce côté qu'existe la pltis petite pupille) et marche les pieds écartés. — Il y a désharmonie des mouvements et adynamie générale. — Le sommeil est assez régulier. — Les fonctions digestives s'effectuent ; mais, la sensation du goût est
148 RBCIIERCBES SI R l'aX.VTOMIE PATHOLUiili^UE
annihilée ; les aliments sont pris végétativement et avec boulimie. — L'état gâteux, avec phénomènes diarrhciques rémittentSy est prononcé.
Très-rapidement X. . . tombe dans une démence stupide absolue; concurremment, les fonctions de relation et organique s affaisent de plus en plus.
Chose bizarre, six ans se passent dans cet état de cachexie extrême. — Mais aussi, le marasme prend une forme galopante, et le malade s*alite entièrement. — On constate alors one pneumonie double, généralisée et très-avançée qui était restée à 1 état latent et qu'aucun symptôme général n'avait annoncée.
A Taulopsie, épanchement sero-sanguinolent dans les plèvres très-adhérentes. — HépatLsation rouge du lobe supérieur du poumon droit ; hépatisation grise intense du lobe inférieur ; poumon gauche fortement congestionné. — Cœur hypertrophié et graisseux; caillots stratifiés dans l'artère pulmonaire. — Gyrrhose du foie. — Reins graisseux. — Amincissement de l'intestin. — Muqueuse de la vessie épaissie.
La dure-mère est adhérente en plusieurs endroits, aux parois du crâne ; sérosité sanguinolente plein les sinus ; arachnoïde épaissie, infiltrée et pénétrée de plaques d'exsudat ; piemère fortement congestionnée.
EXAMEN MiSCROSCOPIQUE.
Comme dans robservation précédente, les cellules des divers ganglions des régions cervicale et thoracique du grand sympathique sont pigmentées et peu nombreuses. — Le tissu cellulaire y domine. —
La pigmentation est plus accentuée dans les autres portions ; mais, la sclérose fait défaut.
Le pigment à teinte ferrugineuse plus ou moins intense se retrouve encore dans les cellules des ganglions spinauux et dans un grand nombre des cellules de la moelle.
Dans Tencéphale, les vaisseaux sont toujours parsemés de pigment noir et de granulations graisseuses.
Il est un fait qui s'est répété aussi pour toutes les observations qui précèdent, quoique nous ne rayons pas signalé dans chaque description spéciale, c'est la présence de gros lobes de graisse dans l'intérieur des vaisseaux.
La dégénérescence graisseuse est des plus intense dans presque toutes les cellules des lobes cérébraux. — La graisse s'y traduit même par une coloration jaunâtre. — Dans le corps strié existe un point qui, à l'œil nu, est jaune et ramolli.
Les cellules ont disparu dans ce point, du moins sous le rapport de leurs formes habituelles ; elles y sont remplacées par des vésicules plus ou moins sphériques, remplies de graisse, souvent teintées en brun.