REVERS
toxine diphtérique. Bien que par le procédé de purification (procédés de S. SCHMIpT, de G. RAMON), on ail réussi à débarrasser l’anatoxine diphtérique de 96 % des matières azotées, une telle « anatoxine purifiée » est encore capable d’engendrer des réactions de nature allergique chez l’homme. Et cela nous amène à répéter ici ce que G. RAMON a maintes fois affirmé : on ne doit pas sacrifier l'efficacité d’un vaccin à son innocuité absolue non plus qu’à des facilités d'emploi.
En réalité, quelle est donc la fréquence et la gravité des réactions ? On pourrait croire, en lisant les faits relatés en quelques essais, à une grande fréquence. En est-il bien ainsi ? Notre expérience déjà grande nous permet de répondre en connaissance de cause à cette question. Nous avons traité nous-même, à l'heure actuelle, plus de 800 malades qui ont reçu chacun plusieurs injections d’anatoxine staphylococcique.
Or, nous n’avons jamais eu à interrompre un seul traitement pour une intolérance absolue de la part des malades.
De plus, on peut estimer à beaucoup plus de 100.000 le nombre des injections faites à l’heure actuelle en France seulement. Il nous a suffi de prendre les précautions que nous avons déjà indiquées — et dans quelques cas d’adapter les doses d’anatoxine aux réactions des sujets.
Les accidents signalés représentent donc une infime proportion par rapport à la quantité considérable d'individus vaccinés et il ne faut pas priver du traitement anatoxique les malades harcelés durant des mois par leur maladie, sous prétexte de leur éviter des douleurs ou un autre inconvénient du même ordre, durant quelques heures (1).
Echecs et récidives précoces
Au cours de ces deux années de traitements des staphylococcies cutanées par l’anatoxine, nous nous sommes trouvé
(1) Des essais de traitement avec une anatoxine purifiée sont en cours à l'hôpital Pasteur. Ils nous permettent déjà &’affirmer que les résultats seront aussi brillants qu'avec l’anatoxine ordinaire. Les réactions provoquées par cette thérapeutique. sont, en général, complètement absentes.
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en présence de quelques malades rebelles à la thérapeutique. L'anatoxine n'’apportait aucune amélioration à l'affection en cause, et souvent le taux d’antitoxine de leur sérum ne s'’élevait pas. Nous avons pu trouver chez eux des tares organiques que nous examinerons plus loin, pour expliquer l'échec du traitement. Après avoir remédié à l’état du malade, nous avons vu l’anatoxine jouer son rôle essentiellement favorable.
Plus nombreux, certes, sont les malades qui ont fait des récidives précoces.
Sur nos 600 malades, 49 ont fait une rechute dans le trimestre qui suivait les injections. Peu à peu nous sommes arrivé à démêler les causes les plus fréquentes qui expliquent ces récidives.
Dès le début de nos essais thérapeutiques nous avons soupçonné et signalé d’ailleurs, parmi les causes de récidives au cours du traitement anatoxique, le rôle très important de l'appareil glyco-régulateur.
« Un examen complet, écrivions-nous en juillet 1935, en parlant des 8 sujets réfractaires à l’anatoxithérapie, nous a montré que 5 d’entre eux avaient une glycémie dépassant 1 gr. 40. »
Au cours des trailements ultérieurs, nous avons trouvé, parmi les 43 sujets rebelles au traitement anatoxique, 37 hyperglycémiques, en considérant comme normale une glycémie de 1 gr. à 1 gr. 30. Une observation d’un de nos malades est particulièrement suggestive.
M. Jacques Q..., âgé de 41 ans, fait une première atteinte de furonculose en 1931, en série de 7 à 8 éléments. Les poussées se succèdent sans accalmie supérieure à un mois. Il vient nous consulter pour la première fois en août 1934. Son état général est passable ; le malade se plaint d’une grande lassitude, sans troubles localisés. La glycémie est à 1 gr. 31. Vaccins microbiens, auto-vaccins, auto-hémothérapie, sulfate de cuivre échouent. Chaque fois, la poussée surgit. En décembre 1934, tout en lui faisant suivre un traitement antidiabétique, nous le traitons par l’anatoxine diluée. La furon-