AVERTISSEMENTS AU PUBLIC
Comme par une certaine action, formée à la cour des plaidoyers communs du district de Québec, au mois de janvier dernier, par J.-B. Leclerc et consorts, contre
* Le 21 mai 1760, M. de Beaujeu, capitaine, chevalier de Saint Louis, commandant de Michillimakinac, certifie que Lebrun a rempli les fonctions de notaire dans ce poste. Catalogue Gagnon, no 3775.
Joseph Durand et Jean Adam dit Lafontaine, il a été mentionné dans la requête de demande signée Panet que l’on avait pris une exécution au préjudice d’un reçu, en ajoutant que M. Lebrun, avocat, qui avait cidevant poursuivi une affaire pour le dit Durand ne l’avait connu en rien, et que Durand, ne savait pas même que le dit M; Lebrun avait cette action pour lui; comme cet avancé, ainsi que celui de de l’exécution susmentionnée, et quelques autres discours Sur ce même sujet, tenus dans une maison bourgeoise à la basse-ville, le 2 du courant après midi, où il y avait quelques personnes notables de cette ville, ne tendent à rien moins qu’à décrier le dit M. Lebrun dans ses emplois ; c’est pourquoi il a jugé nécessaire de faire connaître que tous ces avancés sont faux et malicieux, inventés à plaisir, ayant justifié le contraire à la Cour Suprême le quatre du présent mois, où l’affaire fut plaidée, et qui avait été porté à la dite cour par le dit M. Lebrun, à laquelle cour les demandeurs se désistèrent de leurs avancés, se voyant dans l'impossibilité de les soutenir, et les preuves ont été l’exécution du 15 décembre 1766, et le prétendu reçu n’était que du 31 du même mois, en outre la déclaration par serment du dit Joseph Durand, qui affirme le contraire de ce qui est porté dans la dite requête.
Le dit M. Lebrun a lieu d’espérer que les personnes qui avaient ajouté foi à ces calomnies lui rendront la confiance dont le public l’a honoré depuis qu’il à l’honneur d’exercer la charge d’avocat à Québec.
J.-BTE LEBRUN, Notaire et avocat.
Québec, le 10 novembre 1767.
Le .auvre Lebrun n’était pas au bout de ses tourments. Le 2 février 1769, la Gazette de Québec publie de lui un nouvel avertissement :
‘6 Comme j'ai appris depuis quelques jours qu’un misérable flatteur, perturbateur du repos publie, homme sans honneur et sans foi, qui devrait être banni de toutes sociétés civiles, ne cesse de s’entretenir de moi continuellement, au sujet du vol qui m’a été fait au mois de décembre dernier, et de l’arrangement que j’ai fait à ce sujet, et ce sous des couleurs si noires et si odieuses que l'animosité, la calomnie et son caractère seul peuvent suggérer, je me crois obligé de prévenir le public de ne point s’arrêter aux discours fl :‘eurs de cette langue d’aspic, qui est assez connue &. : .» province par les torts considérables qu’elle y ai: tant par les flatteries, calomnies, que les faits, etc., jusqu’à ce que l’enquête publique que j'ai supplié Son Excellence par une requête de faire faire, soit faite, où je prouverai par des témoignages dignes de foi tout le contraire de ce que publie ce misérable imposteur, et là je le convaincrai de ses calomnies, et je le ferai connaître publiquement pour ce qu’il est (quoiqu’il le soit déjà assez). Je l’avertis en particulier de rester tranquille, et de ne point se représenter sur un théâtre qui lui a été si funeste l’année dernière, s’il ne veut pas essuyer les mêmes affronts qu’il a reçus en ce temps, et que je ne mette au jour bien des affaires qu’il a toujours soigneusement cachées en vrai hypocrite, et que l’on ignore, particulièrement celle de Mde Lacroix, de MM. Henri Mounier, Voyer et Hivon. Et qu’il se souvienne seulement qu’un honnête homme, tel qu’il voudrait paraître n’aurait point laissé étouffer ainsi qu’il l’a fait l’automne de 1767, une certaine affaire, si elle n’eut point été odieuse pour lui, et qui l’aurait bien abaissé si elle eut été éclaircie.
‘ Après de telles aventures il est surprenant qu’un homme ose encore se représenter dans le monde et surtout éplucher la conduite des autres. J'espère que
L'ANCIEN BARREAU AU CANADA al
cet avertissement lui Sera aussi salutaire que les soufflets et coups de pied qu’il a anciennement reçus en chien courtaud d’une puissance, et qu’il se tiendra à l’avenir plus circonspect dans ses conversations, de crainte de ne réveiller le chat qui dort.