DISTRICT DE QUÉBEC
à l'Honorable Cour des Plaidoyers Communs.
Les avocats soussignés représentent humblement à la cour que depuis longtemps ils sont très gênés à la table du barreau par les particuliers qui viennent s’y asseoir et se mettent à leurs côtés, qu’outre la gêne du corps, il résulte encore celle de leurs papiers, que souvent la partie adverse se met à côté de l’avocat qui doit plaider contre elle, les lit et les étudie, que les avocats se sont fréquemment trouvés forcés, en plaidant, d’arrester les mains de ceux qui voulaient lire et détourner les billets et papiers dont ils sont porteurs, qu’il en résulte une crainte et une méfiance continuelle que l’avocat doit avoir pour les papiers de ses clients et le distrait de sa cause, peut même l’obliger de porter ses plaintes qui deviendraient fréquentes s’il le faisait chaque fois que le cas arrive, que l’étendue de la table ne peut qu’à peine suffire au nombre actuel des avocats et à la place nécessaire à leurs papiers, que les bancs en dedans du barreau où se trouvent ordinairement les jurés conviendraient très bien aux messieurs auxquels la cour voudrait faire politesse de s’asseoir, que les bancs hors du barreau sont très commodes pour le peuple, et que par ce moyen la table serait conservée à la sûreté des papiers.
Ce considéré il plaise à la Cour permettre aux avocats de faire faire à leur frais une barre à l’entrée des | sièges qui seulement entourent la table et qu’il soit | ordouné à l’huissier audiencier de n’y laisser entrer que les avocats, c’est ce qu’ils espèrent de l’ordre et
de la justice de la Cour.
Signé BERTHELOT D’ARTIGNY, | PINGUET, k OLRY,