DURÉE DES ÉPISCOPATS
chevèque de Vienne, ne sont point passés par un autre siège. Angélique de Talleÿrand à été nommé coadjuteur de Reims. La Rochefoucauld, archevèque de Rouen; Rohan, archevèque i,avaient été appelés directement, l'un à l'archevè- ; l'autre à celui de Bordeaux. Mais,en général, on n'était promu aux archevèchés importants que par une série detranslations, tantôt lentes, tantôt rapides. M. de Fontanges, évèque de Naney en 1783, archevèque de Bourges en 1787, est déjà archevèque de Toulouse en 1788. L’un des prélats du XVII siècle le plus remarquable par ses pérégrinations, fut M. de la Roche-Aÿmon, sacré évêque de Sarept en 1725, évèque de Tarbes en 1739, archevêque de Toulouse en 1740, de Narbonne en 1752, enfin de Reims en 1763 !.
On le. voit, l'antique discipline qui attachait pour toujours un évêque à son siège, comme un époux à son épouse, avait éprouvé de fortes brèches. Nous voyons encore à Laon, au XV° siècle, l'abbé de Saint-Vincent, chez lequel le nouvel évèque avait coutume de loger avant de prendre possession de son siège, présenter le pontife aux chanoines en ces termes : « Je vous le donne vivant, vous me le rendrez mort. » Mais ce n’était déjà plus qu'une formule trop souvent démentie par l'évènement. Jean-Juvénal des Ursins, ainsi annoncé aux vénérables chanoines de Laon, ne devait pas rester à Laon ni être enseveli à Saint-Vincent; il mourut archevèque de Reims.
Au XVIF siècle, l’austère évèque de Grenoble, M. Le Camus se plaint de ces changements répétés. « Je ne m'étonne pas, écrivait-il en 1673, que M. le cardinal de Bonzi ait pris l’archevèché de Narbonne : cardinalis habet os apertum ad omnia ; mais je suis épouvanté comment les évêques, qui ont
dessein de se sauver, peuvent être seulement tentés de ces translations... Ceux que l'on propose pour Toulonse sont tous trois très grands prélats et en grande estime, mais ils