‹ L'ancien clergé de France (volume 3)Chapitre 19 sur 130 · I. Laugiek, op. cit., pp. 1445 i · texte numérisé non relu

I. Laugiek, op. cit., pp. 1445 i

Cette simplicité de mise causa un jour un dcsagrément à M. d'Aviau. Il traversait avec un autre préti'C exilé un charmant village sur les bords du Tessin, au moment où la procession sortait de l'Eglise poiu* se rendre dans ime chapelle voisine. Nos deux pèlerins s'empressent de se mêler aux lidèles; mais le bedeau, voyant leurs pauvres habits couverts de poussière, les prend pour des mendiants et les repousse vivement en criant : AUontanateiù, allontanatevi, di qui ; non è vestro loco. L'archevêque de Vienne sort des rangs en disant avec douceur : « Ce pauvre homme, qui nous congédie de la sorte, ne nous connaît pas; assurément, s'il savait que je suis le légitime successeur du grand évèque qui a établi cette procession, il nous la laisserait suivre. Que saint Mamert lui pardonne! » Quelques jours plus tard. M. d'Aviau était dédommage de cette mésaventure. A une lieue de Ferrare, il vit le somptueux équipage du cardinal Matteï, archevêque du diocèse, arriver à sa rencontre. Il eut beau protester ((ue ses habits poudreux, ses l)as déchirés, ses chaussures en désarroi ne permettaient pas à un exilé d'accepter une entrée triomphale. Il dut subir tous les honneurs que le prince de l'Eglise voulait rendre à sa dignité et à sa personne ^.

Il ne paraît pas qiu' l'évêque de Garcassonne, M. de \'\ntimille, ait jamais eu la mise chétive de M. d'Aviau. Sa bourse semblait, il est vrai, mieux garnie que celle de la plupart de ses collègues; mais il la voyait, non sans quelque appréhension, se vider rapidement. « Tout finit sous le ciel, écrit-il de Turin, le 4 janvier 1792, à l'abbé de Monerie, et même les ia,ooo francs que j'emportai finiront un jour. Opendant je puis calculer que j'ai encore de quoi aller bien près d'un an. Pourtant, comme je n'ai pas de révélation certaine de l'époque où le clulj de Coblentz

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