‹ L'ancien clergé de France (volume 3)Chapitre 32 sur 130 · I.)4 LES SOUFFUANCES ET LES VERTUS DK L KXIL · texte numérisé non relu

I.)4 LES SOUFFUANCES ET LES VERTUS DK L KXIL

prôiios, l'oeueillii* notre dîme : nous sommes en 1798, et nous habitons encore la chaumière diin serf dcAVestphalie, trop heureux s'il daigne nous continuer le secours de son lard et de son pain noir '. » .

Plusieurs prêtres, l'atij^ués d'entendre prophétiser sans résultat, de se lamenter sur les tristesses de l'exil ou de deviser sur les chances de retour en France, prennent le ])arti de se diriger vers la frontière. N'y tenant plus, pressés |)ar la triple faim du pays, du troiipeau, de leurs ])roches, ils essayent, à la première éclaircie, de forcer les barrières. Au coiunu^ncement de T7<)3, la déclaration de guerre de l'Kurope et les succès des Vendéens; en i7<)4' la chute de Rol)espierre ; en 1797, la réaction religieuse et monarchique, les élections de Germinal an A', et le décret »lu 7 fructidor en laveur des prêtres déportés, font espérer une prochaine délivrance et tressaillir les proscrits dans leurs lointains refuges. Les évéques publient des mandements sur la conduite à tenir quand on sera en France. Quelques pi'élats essayent dy rentrer. Fu fait, une foule de prêti*es reparaissent, ne pouvant plus résister à rim]>atience d<' reprendre lem* poste, et se mettent immédiatement à Toîuvre jusqu'à ce que Fructidor en oblige un grand nond)re à repasser la frontière. Pour la masse, l'exil dure jusqu'au Consulat, exil triste et accablant par sa longueur même.

(Certaines natures offrent plus de résistance à tant d'infortune. L'évèque de Garcassonne, M. de Vintimille, parle de ses mésaventures avec une certaine désinvolture. Il écrit de Tui'in le i*""^ janvier 1791 : « Après le procureur général syndic (de C^arcassonne) et Messieurs ses collègues, je ne connais pas de morceau de plus dure digestion que le passage du mont Cenis. Je l'ai pourtant traversé sans aucun accident, et ce n'est pas une médiocre consolation

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