Lettre du 25 mai 1329 : Bérengieh, p
3. Le 5 juillet 1770, Grimaldi, évêque du Mans, administra la confirmation, dans la cour du château dePassay-Sillé-le-Phillippe, à4,550 personnes. Son successeur, de Gonssans, s'empressa de passer partout pour la confirmation. Cf. dom Piolin, t. VI, p. 555. — La Rochefoucauld, évêque de
diocèses. C'était la conséqnence de la non résidence. A en croire les Nouvelles ecclésiastiques, le cardinal de Gesvi'es, évêque de Beauvais, visita à peine deux ou trois fois son diocèse dans l'espace de quarante ans, de sorte que beaucouj) de ses fidèles pouvaient dire comme aux Actes des apôtres : « Nous n'avons pas seulement entendu dire s'il y a Tui Esprit-Saint. » Le cardinal donnait la confirmation dans sa ville épiscopale tous les dix ans. M. de Lévis- Léran, évêque de Pamiers, d'ailleurs atteint d'mie infirmité grave, n'aurait jamais fait de tournées pastorales ni de confirmations j)endantun demi-siècle. Le même journal dit de M. de Gicé d'Auxerre : « Ses visites ne causent aucim des désordres qui étaient le fruit de celles de son prédécesseur (Gondorcet), parce qu'il n'en fait point» ; de M. de Glugny, évêque de Riez : « Depuis son arrivée en 177Î2 (il y avait quatre ans), il n'a pas encore fait la visite de son diocèse qui ne comprend que cinquante paroisses. » Enfin, M. de Fleury, avant-dernier évêque du grand diocèse de Ghartres dans l'ancien régime, prélat d'ailleurs connu pour sa régularité et sa piété, n'aurait fait sa tournée pastorale que deux fois en trente-trois ans^ Il est difficile de contrôler les assertions du journal janséniste, qui poursuit la plujDart de ces prélats d'une haine vigoureuse ; mais l'abus est trop généralement dénoncé pour être imaginaire.
L'un des prélats les plus négligents pour son diocèse paraît avoir été, si nous en croyons d'Argenson, M. de Rastignac, archevêque de Tours au milieu du xviii^ siècle. Il a, dit-il, « fait son chemin par la cour ; il a éteint, à Tours, le Jansénisme xDar des moyens fort adroits, et, après y avoir été haï de tous, il s'est fait aimer de présent, par des grâces qu'il tirait de la cour par sa douceur, sa bonne table ; homme du monde, prévenant, accommodant les lorocès, faisant des mariages et grand ami de la no-
Saintes, donna^ en 1785, le i^"^ mai, la confirmation à 2,100 personnes, à Barbézieux. Cf. Briand. — L'évêque de Saint-Malo confirma, en 1642, 2000 personnes. Arch. Morb. E, prélace, p. 89.
I. ]\louçelles ecclésiastiques, l'j'jo,^. 197; 174, p. 117 ; 1776, p. 178 ; 1780, i38, iSg, 160.
RAPPORTS DES ÉVÊQUES AVEC LEUR PEUPLE Sjl
blesse. Alors il faisait des visites, puis ses grands vicaires en faisaient pour lui. Mais venu à son fait, ayant de bonnes abbayes, ayant fait doter le siège de Tours par la réunion de l'abbaye de Marmoutiers, obtenu l'ordre du Saint- Esprit, ayant manqué l'archevêché de Paris, loué un hôtel à Paris, se trouvant endetté par sa représentation à Tours, il est tombé dans un abandon total des soins de son troupeau, et, lors de mon dernier voyage dans mes terres, j'ai appris que depuis sept ans, les curés y vivent à leur fantaisie. Ils ne voient plus ni grands vicaires, ni archidiacres ; on envoie à ceux-ci la rétribution qu'ils recevraient à leurs visites ; il n'y a plus d'assemblée synodale, ni conférence ; on n'y entend parler de hiérarchie que par quelques mandements de Te Deum et pour la chambre syndicale qui demande les décimes. Ils boivent comme ils veulent, ils s'absentent *. »
Ce cas d'un évêque abandonnant presque complètement son diocèse et laissant tomber toute administration durant plusieurs années était peut-être unique au xvni^ siècle. Il suffit qu'il fût possible pour nous donner la preuve d'un mal réel. Encore si M. de Rastignac avait fait comme les Rohan et quelques autres grands seigneurs qui, ne voulant pas, ou croyant au-dessous de leur race de s'atteler à la besogne des tournées pastorales, se donnaient un éçêqne suffragant. D'après un écrivain du temps, qui les traite assez irrévérencieusement de « garçons évêques ^ », ces coadjuteurs n'étaient taxés qu'à deux ou trois mille francs. Cet abus des sufEragants, que le concile de Trente avait combattu, qui s'était propagé dans les grands sièges en Allemagne, tendait aussi à se répandre en France au xviii^ siècle.