Baluze, Dissertations critiques, VII
tout court, M. de Montausier, affirme Saint-Simon, aurait demandé un jour plaisamment « si ce prince était devenu évêqrie ». Cette observation prouve que les prélats étaient bien en possession de ce titre.
Nous voyons cependant par les documents contemporains qu'il portait ombrage à quelques hauts personnages. M"*" de Maintenon disait, dans une lettre à M. de Noailles, archevêque de Paris : « Je dînais, il y a quelques jours, chez M. de Pontchartrain : il fit beaucoup de railleries assez aigres sur le Monseigneur que les évoques se donnent. » A en croire Saint-Simon*, « dans une assemblée du clergé, les évêques, i)our tâcher à se faire dire et écrire Monseigneur, prirent délibération de se le dire et se l'écrire réciproquement les uns aux autres. Ils ne réussirent à cela qu'avec le clergé et le séculier subalterne. Tout le monde se moqua d'eux, et on riait de ce qu'ils s'étaient monseigneurisés. Malgré cela ils ont tenu bon, et il n'y a point eu de délibération parmi eux sur aucune matière, sans exception, qui ait été plus invariablement suivie ».
L'illustre écrivain avait contre \& Monseigneur des évoques les préventions et les dédains d'un duc et pair. Mais comment les prélats n'auraient-ils pas recherché pour eux-mêmes un titre qui tendait à se généraliser. Nous savons ]Dar Saint-Simon même " comment Louvois revendiqua cette qualification. Les secrétaires d'Etat, les maréchaux, les ambassadeurs, les gouverneurs des provinces, les présidents de parlement, les intendants, jusqu'aux chanoines % voulaient tâter du Monseigneur.