GuBVAHD, Histoire de Chartres, II
2. Ch. Robert, op. cit., p. 55-59, et Mémoires d" Outre-Tombe. — A. Bardon, (Les Ecoles tVAlais sons l'ancien régime, 1889, m-8, p. 70), dit : « Si l'on doit considérer M. de Saulx comme le véritable fondateur de l'instruction primaire (dans le diocèse d'Alais), c'est à Charles de Bannes d'Avejan, son successeur, que revient l'honneur d'avoir organisé l'instruction secondaire. C'est de ses propres deniers qu'il meubla la maison de Larnac, acquise par le diocèse... La ville ne s'imposa aucun sacrifice, et elle posséda gratuitement l'enseignement secondaire. Dès qu'on savait lire et écrire, c'est-à-dire dès l'âge de huit ans, on entrait comme externe au collège, et l'on n'en sortait que pour aller aux Universités... Le dernier évêque d'Alais, de Bausset, pendant les quatre années de son épiscopat qui précédèrent la Révolution, essaya de rendre le collège encore plus prospère. » Parmi les ouvrages récents sur l'histoire de l'instruction publique et le rôle de l'épiscopat, on peut encore consulter, outre les publications indiquées dans ce chapitre : Fr. Xambeu, Histoire du collège de Saintes, 188'j ; Gonthier, Histoire de Vinstrnction publique avant 1^89, dans le département de la Haute-Savoie, i887 ; Pingaud, LHnstruction primaire d Besançon en 1789 ; Ch. Porée, Notice sur le collège de Mende ({S56-i82o), 1898; Aug. Laveille, Le collège d'Avranches, depuis ses origines jusqu'à la Réçolution, 1900; Narbonne, LHnstruction publique à Narbonne avant I789 ; J. Gardère, L'instruction publique à Condom., 1899 ; R. Gréju, Histoire du collège de Riom, 1903 ; A . Dervllle, LHnstruction publique d Compiègne en 1789, 1896 ; Deberre (abbé), La vie littéraire à Diion au xyiii" siècle igoS; L. Lacroix, Histoire du collège de Chdteaudun, 1888.
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sur la fin de l'ancien régime, nous en fournit la preuve à chaque page. C'est à lui que les provinces, au moment de l'expulsion des Jésuites, durent la conservation et les nouveaux maîtres d'établissements qui leur étaient chers. -
Ici les exemples abondent. Mgr de Juigné à Ghâlons, Mgr de Breteuil à Montauban, Mgr de Leyssinà Embrun, préservent de la ruine le collège de leur ville épiscopale. En 1789, le collège de Châlons a aS.ooo livres de revenus; celui d'Embrun 18.000 livres et aSo à 3oo élèves. Le roi, dans les lettres patentes qui confirment, en 1764, le collège de Carcassonne, parle des « instances qui nous ont été faites par l'évêque et par tous les corps de la ville de Carcassonne * ». L'évêque de Clermont, M. delà Garlaye, sauveles établissements de BiUom et de Mauriac, que lamunicipalité de Clermont voulait supprimer. Le prélatécritde Saint-Sulpice, à Paris, le 11 Juillet 1766 : «Le 9 de ce mois, les lettres patentes du roi, portant confirmation totale des collèges de Billom et de Mauriac, ont esté enregistrées au parlement, les Chambres assemblées. Je ne regrette pas mes peines et l'argent que j'ay dépensé pour y parvenir. Us étaient détruits sans mojy^ et si je n'étais pas venu à Paris cette année. Les principaux du parlement étant assemblés me l'assurèrent hier. » La statistique montre l'importance de ces deux collèges ainsi préservés par l'intervention de l'évêque. Celui de Mauriac avait 14.000 à 17,600 livres de revenu, et de 3oo à 400 élèves en 1789 ; celxii de Billom 3o.ooo livres de revenu et 400 élèves. Le coUège de Clermont était plus prospère encore avec ses 800 élèves ^ Tandis que M. de La Garlaye s'interpose auprès du parlement de Paris, M. de Barrai, évêque de Castres, plaide auprès du parlement de Toulouse la conservation de son collège et l'obtient. Au lieu de quatre professeurs qui s'y trouvaient au temps des Jésuites, il en établit six, sans compter le préfet des études et le principal. Il a la satisfaction de laisser à sa mort cet étabHssement en pleine prospérité. Le nombre des élèves était de 36o en 1789. Le
1. Cf. Sauret, Essai historique sur la ville d'Embrun, 1860, p. 406-407. -^ Mahdl, Cartulaire de Carcassonne, VI, p. 408.
2. Jaloustre, Les anciennes écoles d'Auvergne, 1881, p. Sgi-Sga.
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même prélat servit puissamment les intérêts de l'enseignementprimaire et populaire, enappelant à Castres des Frères de la doctrine chrétienne, et des Sœurs pour les filles* On a calculé qu'au moment de la Révolution, Castres devait aux fondations de Barrai l'éducation de plus de deux miUe de ses habitants *.
On le voit, les évêques ne se contentent pas de détendre leurs coUèges contre un arrêt du parlement qui aurait pu en ordonner la suppression après rexpulsion des Jésuites, ils s'attachent à les faire prospérer . Le dernier archevêque d'Arles, M. du Lau, est à peine nommé qu'il s'occupe de ranimer celui de sa ville épiscopale désorganisé depuis le départ des maîtres. Il rétablit les classes, fonde un pensionnat où la majorité des étudiants est entretenue à ses frais, etfaitrestituerà cet étabhssement plusieurs bénéfices qui lui avaient été enlevés ^ Il mène de front le soin des petites écoles et desgrandes.ASens, le départ des Jésuites a également mis en péril le collège. Heureusement que le cardinal de Luynes est là pour protéger et doter cette institution. A sa mort, en 1788, le chapitre de la cathédrale pourra rendre hommage à la munificence et au zèle du prélat, qui a ainsi préparé dans le « centre de son diocèse, aux générations à venir et à tous les ordres de la société, des hommes éclairés et des citoyens vertueux ^ ». A Auch, Mgr de Montillet se devait à lui-même de défendre le collège fondé et doté par ses prédécesseurs. Auxvi^ siècle,, le cardinal de Clermont-Lodève avait laissé Soo.ooo livres aux pauvres de cette ville. Son successeur, le cardinal de Tournon, jugeant que l'ignorance de la jeunesse est une pauvreté qui n'a point de pareille, enïploja.la.]^la.s grande partie de la somme à créer im collège. Cet étabhssement,, occupé brillamment par les Jésuites, de 1689 à 1762, fut
1. Cf. An. Combes, op. cit., p. iii-iSj. — Abbé Sa.la.bert, Notice sur les frères de la doctrine chrétienne établis. à Castres par Mffr de Barrai.
2. BÉRENGiER, Notice sur Mgr du Lau, p. i5-i8. Dès sa nomination, Mgr du Lau écrivait, le 28 avril 1975, aux administrateurs du collège : a Le succès de l'œuvre confiée à votre vigilance intéresse également l'Eglise et l'Etat. Je- dois donc, comme pasteur et comme citoyen, ne perdre jamais de vue un si précieux établissement. » Arcliives d'Arles.
3. Max-Quantin, Annuaire du département de V Yonne, 1877, p . 212-214. DucouDRAY., Le Collège de Sens en 1788 (1888, in-8'.).
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soutenu après leur départ par les maîtres distingués que sut recruter M. de Montillet. Le collège d'Auch, « doté et sanctionné par les archevêques de cette ville, jouissait de 33.000 livres de revenu » en 1789 *.
La difficulté était de trouver des professeurs capables de remplacer les anciens. Le parlement et l'Université de Paris voulaient empêcher à tout prix les congrégations de prendre la succession des Jésuites . Quelques prélats , comme Seignelay-Colbert, évêque de Rodez, n'étaient pas favorables aux communautés religieuses et préféraient pour les collèges des professeurs séculiers. On en trouva. On est frappé, en compulsant l'histoire de nos provinces avant la Révolution, du nombre de prêtres instruits, écrivains, littérateurs, curieux des choses de l'esprit, qu'on rencontre sur toute la surface du territoire. Les droits attachés aux grades académiques, les loisirs assurés aux titulaires des bénéfices simples, stimulaient et entretenaient l'activité intellectuelle. Quand l'exxDulsion des Jésuites vint surprendre par sa soudaineté le clergé de France, il y eut un temps de confusion, de découragement, en face de la nécessité où on se trouva tout d'un coup de pourvoir à plus de cent établissements. Çà et là quelques maisons furent momentanément fermées , mais on ne tarda j)as à se raviser : les maîtres semblèrent sortir de terre et accoururent de toute part ^.
Dans le diocèse ie Cambrai, les aspirants étaient si nombreux qu' on crutpouvoirmettrelesplacesau concours. Dans la liste des maîtres et directeurs du collège, on compte des hommes de grand mérite, tels que les abbés Noyer et Auvray. Rouen vit passer dans ses étabhssements des hommes éminents. Le collège de cette ville et celui d'Avranches n'avaient pas moins de huit cents élèves en 1789, celui de Coutances, sept cents. Bordeaux, Amiens, Arras, Auxerre, Sens ^ etc., trouvèrent aussi des maîtres
1. Cf. Notice historique sur le collège et le lycée tVAnch par H. Masson.
2. Cf. nos Eludes classiques avant la Bévolution, p. 400-401.
3. Cf. DURIEUX, op. Crt.92,97,98. — ROBILLABDDEBEAUREPAIRE,iîecfeercAeS
sur l'instruction publique dans le diocèse de Rouen, 3 vol. in-8<>, 1872, t. III, p. 73. — Gaulieur, Histoire du collège de Guyenne, 1874- — D'Arsy, Les écoles et les collèges du diocèse d^ Amiens, 1881^ p. 98,99. — Max-Quàktin, Histoire de renseignement secondaire dans le département de V Yonne.
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habiles dans le clergé sécuHer. Celui-ci mena également d'une façon très brillante le coUège de Rodez après l'expulsion des Jésuites. Cet établissement eut Chaptal et Frayssinous pour élèves. L'abbé Carnus se distingua particulièrement comme professeur de physique. Il se resndit célèbre en s'élevant à 8.5oo mètres dans une ascension en ballon ^. A Dijon, lé collège garda sa réputation après le départ de la célèbre compagnie *. L'abbé Gourtepée, connu par son Histoire du duché de Bourgogne ; J.-B. Mailly, par son Histoire sur la Fronde ; M.-B. Clémentpar quinze volmnes de polémique contre Voltaire, le soutinrent avec éclat. L'intérim de quatorze ans entre le départ des Jésuites et l'arrivée des Doctrinaires fat rempli à la Flèche avec un tel succès par des prêtres séculiers, qu'un contemporain a pu appeler cette période de l'école militaire « l'époque la plus mémorable » de cette illustre maison. Le collège de l'université de Reims, appelé collège des Bons-Enfants, compta, au xviii® siècle, des maîtres distingués. Eni^Sg, il n'avait pas moins de six cents élèves et disposait de 38.000 livres de revenu. La statistique attribue également six cents élèves et 28.447 livres de rente au collège de Besançon. Cet établissement avait eu l'illustre Bergier pour principal ^. L'abbé Proyart, connu par ses écrits, dirigea admirablement le collège du Puy-en-Velay, qui jouissait de 40.000 livres de rente en 1789.
Ces choix, cette prospérité, étaient dus le plus souvent à l'intervention et à la sollicitude de l'épiscopat. Nous lisons dans VAlmanach historique de la cille et du diocèse du Pwyi pour l'année 1787 : « Un des premiers soins dé Mgr l'évêque (Galard de Terraube) à son avènement à l'épiscopat, fat d'améliorer l'éducation publique. Les vastes bâtiments du coUège sont distribués de la manière la plus convenable. Les pensionnaires couchent dans des alcôves fermées pendant la nuit et cependant bien aérées. Le dor-