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Ldnet, Histoire du collège de Rodez

2. Cf. Muteau, Les écoles et les collèges de province, 1882, p. 586-58j.

3. Cf.Jtiles Clerc, Histoire de Vécole de la Flèche, in-12 p. 174-221. — Cauly, Histoire du colley des Bons-Mhfants de Vuniversité de Reims, in-S», p. 480, 544-546, 6i4-6i5. — Droz, Recherches historiques sur la oille de Besançon, t. II, p. 10-12.

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toir contient environ cent lits. La distribution de cette immense salle, exécutée d'après le plan de Mgr l'évêque satisfait la ciunosité de tous les étrangers. » L'abbé Proyart confirme ces renseignements et ces éloges. « Secondé par MM. les administrateurs, dit-il, Mgr l'évêque du Puy créa dans noti'e collège le nouvel ordre de choses qui y règne. Il y établit un pensionnat qui, dès sa naissance, obtint une confiance marquée du public, confiance qui alla toujours en croissant, lorsque les j>ères de famiUe eurent appris qu'un prélataussi distingué sefaisaitune affaire personnelle de l'éducation de leurs enfants ; que, voulant tout voir et suivant tout par lui-même et dans le physique et dans le moral, il entrait, sous ce double rapport, dans les détails qui échappent souvent aux pères mêmes, et dont la tendresse maternelle seule sait tout le prix*.» A Rouen, le cardinal La Rochefoucauld propose au roi un plan de réorganisation, qui est presque complètement accepté, et nomme de brillants professeurs qui donnent à l' études des belles lettres une impulsion nouvelle jusqu'à la Révolution.

Voilà les résultats que la sollicitude des évêques avaitpu obtenir avec des professeurs séculiers. Il est vrai que beaucoup de prélats préférèrent s'adressera des congrégations pour remplacer les Jésuites. En confiant leurs établissements à des corps se recrutant eux-mêmes, où les vœux assuraient la bonne entente parmi les maîtres, où la science de chacun pouvait s'éclairer encore à la lumière de traditions quelquefois séculaires, ils étaient par là-même débarrassés du souci de trouver et de former des professeurs, de veiller aux études, de pourvoir au gouvernement spirituel et temporel des institutions scolaires.

En 1765, M. de Ghabannes, évêque d'Agen, qui voulait

1. Cf. Almanach historique du Puy, 1787, p. 106. — Denais, Recherches historiques sur le collège an Puy en Velay, 1876, p. 188. — Abbé Proyart, Z>e Péducation publique, 1784, in-12, préface, p. i3-i4.

2. Cf. RoBiLLARD DE Beaurepaire, Rcchcrches sur l'instruction publique dans le diocèse de Rouen, 1872, 3. vol. in-8». Le troisième volume coatient une série de lettres du cardinal qui montrent son zèle pour rinstruction publique. On cite parmi les pi'ofesseurs les plus distingués: Gottondes Houssayes, Baston, Tuvache, pour la théologie ; Auger, Formage, Hamel, pour les lettres; Dulague et Ligot pour les sciences.

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des Dominicains, écrit au cardinal La Roche-Aymonpour se plaindre des difficultés qu'on oppose à l'entrée des religieux dans les collèges. «Le clergé séculier, dit-il, n'est point tourné aux belles-lettres, il ne les a jamais apprises ; et ce n'est point en faisant le catéchisme à des paysans, à des artisans et même à des bourgeois, que l'on apprend Cicéron et Virgile *. » A la suite des réclamations de l'assemblée de 1772, il s'opéra un changement dans l'attitude du gouvernement', jusqu'alors hostile à l'admission des congrégations en remplacement des Jésuites. Désormais, les prélats et les villes purent donner suite à leurs préférences. En 1781, le successeur à Agen de M. de Chabannes, M. de Bonnac, fît voter par les trois ordres de la viUe le recours aux Oratoriens. Les lettres patentes données par le roi sont expressément délivrées « en faveur de Jean d'Usson de Bonnac, évêque d'Agen, des officiers municipaux, » et appellent les Oratoriens à « enseigner gratuitement la jeunesse au collège d'Agen ».

A Laon, le collège était à charge à la ville. M. de Sabran persuada aux Bénédictins qu'il était de leur honneur de le prendre, en un temps où on accusait les moines d'inutifité. Ils le logèrent, à partir de 1780, dans leur abbaye de Saint-Jean ^ A Nîmes, M. de Beedelièvre représenta au chapitre que les besoins du collège, depuis l'expulsion des Jésuites, exigeaient de sa part un sacrifice. Les chanoines aflectèrent à cet établissement la prébende préceptoriale. Le prélat, après avoir engagé avec les Bénédictins des pourparlers qui n'aboutirent pas, conclut un traité avec les Doctrinaires. Sous cette direction, la maison retrouva jusqu'à la Révolution une nouvelle splendeur ^. M. de Conzié prit l'initiative d'appeler à Arras les Oratoriens qui entrèrent au collège en 1777.

1. Lauzun, Notice sar le collège d'Agen, 1888, in-8°. — Un mémoire adressé aux Etats d'Artois faisait valoir les raisons de confier les collèges aux congrégations plutôt qu'aux prêtres séculiers. Ceux-ci sont présentés comme ayant moins de subordination et aussi moins de préparation et moins de goût pour l'enseignement. Oeramecocrt, op. cit.

2. Latjzun, p. 63-54. L- Devismb, op. cit., t. II, p- i5a-i54- A Chalon-sur- Saône, l'évêque d'accord avec. la municipalité confia, en 1384, Je collège à

-la congrégation de Saint-Joseph. Bauzon, op. cit., p. 2.

3. Abbé GoiFFON, L'instruction publique à iVïmes, i8j6, in-8% p. 111-114.

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L'évêque de Grenoble confia, en 1786, son établissement à la congrégation de Saint- Joseph 1, L'illustre évêque de Langres, M. de La Luzerne, installa des séculiers à Langres, des Doctrinaires à Ghaumont, dans les deux institutions qu'avaient dû abandonner les Jésuites. Ge farent aussi des Doctrinaires qui les remplacèrent à Saint-Omer.

il n'était pas possible que de tels bienfaits n'excitassent point la gratitude des populations. Sur ce point, les municipalités se firent souvent les organes de la reconnaissance publique- En 1768, la communauté de Lectoure remercie de ce qu'il a déjà fait son évêque, M. de Jumilhac, et « le prie de continuer ses bontés à une ville qui mérite toute sa protection par le sentiment de vénération, de confiance et d'attachement donteUe sera toujours pénétrée pour sa personne ». A Digne, la municipahté avait eu l'occasion d'exprimer à M. de Jarente combien elle était touchée de « l'intérêt qu'il voulait bien prendre à l'éducation de la jeunesse de la ville, et des règlements pleins de sagesse » qu'il avait donnés au collège. En 1786, des remerciements réitérés sont adressés au nouvel évêque, M. de Mouchet de ViUedieu, pour avoir « fait élever un second étage à ses dépens propres et personnels, afin de rendre l'édifice plus agréable et plus utile ^ ».

L'histoire d'Albi nous offre un des plus curieux exemples et du rôle que jouèrent les évêques dans cette grande crise de l'enseignement secondaire, et de la gratitude que suscitait dans le cœur des peuples leur tout-puissant patronage. La communauté souffrait de l'arrêt des classes, conséquence du départ des Jésuites. Dans la séance du 6 novembre 1764, le consul VitaHs fait observer « que c'est avec le plus grand empréssenient que, depuis longtemps, on soUicite le rétabhsseîaent du collège ; que la protection singuhère que Son Eminence le cardinal de Bernis veut bien accorder à cette ville et les soins qu 'il daigne porter à un objet aussi intéressant, nous font

1. Cf. iMCEsmE, Histoire d'Arras, a vol. in-S", t. II. p,663.— Deramecourt, op. cit., t. l, p. 3o2. — Prud'homme, op. cit., p. 436.

2. Cf. Plieux, Etude sur Vinstruction publique à Lectoure, 1890, in-S", p. irô-109. — Jules Arnocx, Collège et lycée de Digne, 1889, in-S», p. 4i-49-

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espérer avec la plus grande confiance l'achemiiieineiit de ce grand ouvrage ; qu'à la vérité le public souffre beaucoup du retard que la nécessité des circonstances a occasionné, que c'est aussi pour remédier à cet inconvénient dans le moment présent, que Son Eminence s'est proposé d'approuver un certain nombre de maîtres d'école pour enseigner jusqu'au rétablissement du collège». L'année suivante la communauté constate que toutes les difficultés sont loin d'être aplanies ; elle met de nouveau sa confiance dans l'intervention toute-puissante de l'archevêque. «Connaissant combienSonEminence s'est occupée du bien de cette ville, et principalement du rétablissement du collège, l'assemblée a plutôt dans cette occasion à lui faire connaître les sentiments de reconnaissance dont elle est vivement pénétrée qu'à solliciter de nouveau sa protection. » En 1766, la question a fait un pas de plus. Le Conseil politique décide qu'à l'avenir les écoles gratuites, qui se trouvent dispersées dans la ville et peu à la portée des habitants, se réuniront désormais dans la première cour du collège, en attendant les lettres patentes confirmant définitivement cette institution. Ces lettres patentes si vivement désirées arrivèrent enfin le 21 mai 1768. Elles confirmaient les unions de bénéfices qui avaient été faites au collège par les évêcjues depuis sa fondation en lôaS, maintenaient la distinction du collège et du grand séminaire et développaient un nouveau plan d'organisation*. Sans faire oublier l'enseignement des Jésuites, le nouvel établissement réussit au delà de toute espérance. Grâce à un corps professoral des plus distingués, il se maintint jusqu'à la Révolution dans un état de prospérité incontestable, puisque ses revenus étaient supérieurs à ses dépenses. L'honneur de l'avoir créé revient tout entier au cardinal de Bérnis,

T.. Le roi y disait : « Les mémoires qui nous ont été adressés par notre a cousin le cardinal de Bernis, archevêque d'Albi, au sujet du collège de tt cette ville, en nous faisant connaître l'utilité et même la nécessité de cet « établis.sement pour l'éducation de la jeunesse de la dite ville, nous ont « déterminé d'autant plus aisément à le conserver que nous avons reconnu « par les titres mêmes qui ont été mis sous nos yeux que le roi Louis XIV, « notre très honoré seimeur et bisaïeul, l'avait jugé digne de sa protec- « tion: et l'ay^t honoré de sçs bienfaits: nous suivrons avec plaisir ses « exemples... »

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qui, dans cette circonstance, se montra digne de ses prédécesseurs, et les surpassa dans le zèle qu'il mit à surmonter les graves difficultés s'opposant à une confirmation du collège avec tous les bénéfices qui en dépendaient. La ville reconnut cet important service et le consul fiit chargé d'être l'interprète de la reconnaissance publique, lorsque, selon l'ancien usage, la communauté alla en corps complimenter le cardinal aux fêtes de la Noël 1768. « C'est à Votre Eminence, disait l'orateur, que cette ville, cette contrée doivent l'instruction publique que l'autorité du plus chéri des rois vient d'y fixer. Heureuse cette ville, dans l'impuissance de peindre à Votre Eminence la vive reconnaissance qu'un bienfait si distingué lui inspire ; heureuse cette ville de pouvoir lui présenter la reconnaissance des générations futures, qui béniront d'âge en âge le nom illustre, le nom cher à tous les cœurs albigeois, qui perpétuera dans son sein la lumière, le goût des sciences et des mœurs*. »

Nous avons donné assez d'exemples, trop peut-être au gré du lecteur, pour le convaincre que le rôle des évêques dépassa de beaucoup celui de simples présidents de bu- Teaux de collège. En fait, après comme avant l'édit de 1763, l'Eglise garda la direction et continua à porter en grande partie le poids de l'enseignement à tous les degrés. Les assemblées du clergé qui, en 1762, 1765, I772f 1775 % avaient discuté avec le roi les intérêts de l'éducation, prirent le parti, en 1780, d'adresser à tous les évêques de France, par l'intermédiaire de l'abbé de Périgord, le fatïïr Talleyrand, alors agent général, diverses questions sur les moyens d'opérer « la réformation des études na-

1. Cf. Histoire littéraire cPAlbi, par M. Jules Rolland, p. 36o-363. En 1590, ce collège était en grande prospérité, puisque ses recettes s'élevaient à s8.232 livres sur 12.4& livres de dépenses, soit un excédent de recettes de 14-799 livres.

2. Cf. Collection des procès-verbaux des assemblées du clergé, in-tol., t. VIII, et pièces justificatives, p. a33, 855, 459> 687, 771, 792,

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tionales ». Si l'Eglise de France ordonnait une telle enquête, c'est qu'elle croyait avoir qualité pour le faire, c'est qu'elle avait conscience de son rôle et de sa force. Le parlement se montra effrayé de cette démarche. Le président RoUand poussa un cri d'alarme. « Le clergé, dit-il, s'occupe de consommer ou du moins de préparer une révolution dans l'éducation. Cette révolution est bien avancée et on pourrait dire consommée, si le gouvernement continue à adopter le système du clergé sur les réguliers*. » Les évêques, dans les réponses qui nous ont •été conservées, signalent les obstacles à la prospérité des collèges. Ils montrent, en particulier, que le système des bureaux créés par l'édit de 1763 est fatal à la discipline et à l'unité de direction, parce qu'il substitue à l'autorité du principal, qui devrait commander seul aux professeurs et aux élèves, la prépondérance de plusieurs administrateurs souvent incompétents et divisés ^ C'est à cette cause et à d'autres indiquées pas ces documents, qu'il faut attribuer la décadence relative dont se plaignent plusieurs cahiers de 1789.

Malgré cette erreur, malgré le dépérissement de quelques établissements à la suite du départ des Jésuites, on peut dire que les évêques avaient sauvé la situation, et conjuré la catastrophe dont la suspension subite de plus de cent collèges avait menacé l'enseignement. Là où, comme à Angoulême, l'évêque ne fut pas libre d'agir, ou ne put pas s'entendre avec les autres autorités, l'établissement tomba dans une décadence irrémédiable. Le cas fat très rare. Grâce à l'intervention et au puissantpatronage de l'épiscopat, la France comptait, en 1789, jusqu'à 56î2 collèges fréquentés par 72 747 élèves', dont quarante mille

I. Cf. Recueil de plusieurs ancrages du président Rolland, 1782, in-4*.

a. Cf. Réponse de l'évêque de Langres aux agents généraux du clergé. (Cabnandbt. Le trésor des pièces rares et curieuses de la Champagne, 1. 1, p. 17-34). — Servieres, .op. cit., signale la réponse de Sèignelay-Colbert, évêque de Rodez.

■ 3. Nous avons déjà trouvé 800 élèves à Rouen, Avranches, Clermont. Citons' encore, outre les établissements dont nous avons parlé, les chiffres suivants donnés par les histoires locales ou par les enquêtes de 1791- 1792 et de l'an IX. Nous trouvons 740 élèves aux deux collèges dé Poitiers (collège Sainte-Marthe et collège des Dominicains); 600 élèves à Valogne, Cahors ; 5oo à 600 à Auch;5oo à Limoges: 4oo à. 5oo à Quimper: 45o à Mayenne; 400 à Nantes, Château-Gontier,Periçeux, Aurillac, Valencxenhes, La Flèche, Sorèze; 3oo à 40a à Avignon et Chalon-sur-Saône; 3oo à 35o à

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recevaient l'instruction soit entièrement, soit partiellement gratuite. Cent soixante-dix-huit de ces établissements étaient dirigés par différentes congrégations, les trois cent quatre-vingt-quatre autres, par lé clergé séculier. D'après de nouvelles et patientes recherches, ces chiffres donnés par M. ViUemain dans son rapport, seraient inférieurs à la réalité, et il faudrait porter à neuf cents le chiffre des écoles secondaires sous l'ancien régime * .

Le personnel enseignant fut pris presque tout entier dans les rangs du clergé jusqu'à la Révolution. « Il n'y avait pas, disait le président Rolland, dans tous les maîtres qui ont remplacé les Jésuites, un dixième qui ne fût ecclésiastique. » L'Eglise, pour faire fonctionner les diverses maisons d'instruction primaire et secondaire, ne demandait rien au pouvoir. Non contente de ne point grever le présent, elle avait .assuré l'avenir en créant des ressources permanentes à ces écoles, à ces collèges qui, dans l'ancien régime, n'étaient point censés fondés s'ils n'étaient point dotés. En 1792, Romme, dans un rapport fait au nom du comité d'instruction pubhque, n'estimait pas à moins de douze miUions de revenus : « 1° ce que la plupart des fabriques donnaient pour les maîtres des petites écoles; 2° ce que, dans plusieurs villes et villages, les municipaUtés y ajoutaient; 3° les fondations très nombreuses faites pour ces écoles; 4° les mois des enfants: 5^ le salaire de maîtres particuliers dans les villes et bourgs, chez lesquels un grand nombre d'enfants apprenaient l'arithmétique, l'arpentage, un j)eu de grammaire.,

Ancenis, Nancy ; 3o6 à Troyes, Saint-Gaudens, Magnac, Pont-à-Mousson, Le Gâteau, Refiais, Jtiilly ; 200 à3oo àRiom, Alais, Béthune: aSo à Nevers; plus de 200 à Epinal, Toulon, etc. Cette statistique signale joo élèves

S Dur les deux collèges réunis de la Trinité et de Notre-Dame de Lyon. ONNEL (loc. cit.) compte de 800 à 900 élèves dans ces deux collèges. Il estime que le chiffre des élèves des deux sexes recevant l'instruction pri- ,maire et secondaire était à Lyon, en 1789, « de huit à neuf mille pour une .population de cent miUe âmes, un peu moins que la proportion actuelle. » IMM.BoissoNNADE et Bernard, (Histoire du collège et du lycée d'Angoulême, 1895, in-S»), racontent, noii sans quelque passion, la ruine du collège d'An- .goulême après l'expulsion des Jésuites. A la mort de M. de Broglie, qiii, s'était montré hostile- aux professeurs laïcs et ne s'était pas entendu avec -le parlement, son successeur, M. d'Albiçnacdè Castelnau, imploré par la municipalité, appela les Théatins à diriger le collège qui était presque .désert en ;i389. AI. Droz (Histoire du collège de Besançon, t. II, p. 5 et suiv.)dit que le collège de Besançon avait beaucoup perdu pour la disci- ,pline et pour les études- depuis le départ des Jésuites. I. Cf. SiLVYjZoc. cit., p. 5.

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de géographie et d'histoire *. » L'abbé de Montesquiou, ancien député à la Constituante, ancien agent général du clergé, et qui avait eu en main, comme Romme, tous les éléments d'information, écrivait à Laine, en 1820 : « La Révolution a pris aux collèges près de trente millions de revenus". » Voilà donc un budget d'instruction publique assuré créé sans le concours de l'Etat, et fournissant le moyen de donner dans les écoles et les collèges un enseignement souvent gratuit et toujours peu coûteux. Nos pères en profitaient et poussaient leurs enfants vers les études, avec un élan qui donnait l'alarme aux philosophes et aux politiques sur le trop grand développement de l'éducation classique. On connaît, sur ce point, les plaintes de la Ghalotais, de Voltaire, des parlementaires Rolland et Guyton de Morveau, et même des intendants. Daunou ^ se demande si on n'a pas fait fausse route en établissant la quasi gratuité de l'enseignement secondaire. Les évêques laissaient dire et continuaient à soutenir, à faire prospérer, à multiplier au besoin les collèges, dévouement d'autant plus remarquable qu'ils avaient en même temps à entretenir leurs petits et grands séminaires. Un écrivain de 1789 * porte à i65 le nombre des séminaires répandus dans 99 diocèses. Les évêques, par

1. Procès-verbaux du, comité dHnstructton publique de l'assemblée législative, p. 3o8.

2. Lettre datée de Plaisance, 18 décembre 1820. Elle nous a été comnxuniquée par la famille. — Donnons encore quelques chiffres, outre ceux que nous avons déjà eu occasion de citer. Nous trouvons, en 1789, comme revenus des collèges : i3,ooo livres à Perpignan ; 14,000 a Effiat ; i5,ooo à Aurillac; 16,000 à Riom; 18,000 à Verdun; 18,000 à 20,000 à Alais, à Chalon-sur-Saône, à Sorèze; 20^000 à Périgueux; ^,000 à la Rochelle et à Cahors ; 3o,ooo à Auch, Lille, Rennes ; 3j,032 à Limoges ; 40,000 à Orléans çt à Poitiers ; 55,332 à Dijon. Le coDège de Bordeaux est noté comme très richement doté. A Lyon, les deux collèges de la Trinité et de Notre-Dame réunis ont 80,000 livres de revenus. ; — La même enquête de 1791-1792 porte à i5o,ooo livres les revenus du collège de la Flèche.

3 . « On a décerné, dit Daunou, de magnificpies éloges à ceux qui ont contribué à rendre gratuite l'éducation des collèges- Cette gratuité n'est assurément pas sans danger et je n'en aperçois pas moins dans le nombre si multiplié des collèges qui existent en France. «Daunod, Journal encyclopédique, 1789, t. VII, p. 281. Cf. sur toute la question de l'enseignement secondaire nos Etudes classiques avant la Révolution, iSSjjWa. y oLin-ia, ouvrage couronné par l'Académie française.

4. «Pour ce qui concerne les séminaires, je remarque qu'U en existe ifô répandus dans 99 diocèses.» Ce relevé est pris de la France ecclésiastique de 1789. Cf. Question très importante : la suppression de la dîme et du casael sera-t-elle avantageuse à la nation? 1789, p. 3. — A Castres, M. de la Royère dépensa 72,000 livres pour achever le séminaire commencé par M. de Barrai.

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ces établissements de tout genre, mettaient à la portée de toutes les classes la culture intellectuelle qui alluma par-^ fois la flamme du génie parmi les enfants du peuple. L'élite de la nation passa d'âge en âge dans ces maisons, dont les programmes, tout en maintenant à la base l'éducation classique, s'élargissaient avec les besoins des temps. Il faut bien convenir .que, durant de longs siècles avant la Révolution, la France, formée par de tels maîtres, a fait quelque figure dans le monde.

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