I. Œuvres de Bossuet, édit. Lâchât, t. XII, p
466 LEÉ ÉVÊQUES ET LE JANSÉNISÎME
dans son diocèse par les missions qu'il a confiées aux Jésuites. « Ils admettent indistinctement, dit le journal, à la première communion et à la communion pascale, les mauvais chrétiens, les ivrognes, les impudiqnes, les scélérats, et portent l'impiété jusqn'à un excès dont l'histoire ne fournit point d'exemple dans le christianisme *. » Inutile de faire remarquer que c'est un Janséniste qui parle. ;
C'est ici une question de mesure. Si trop d'indulgence j)ousse au relâchement et offre le danger de ne plus tenir le chrétien en haleine, en retour quel mal a pu faire dans plusieurs diocèses de France la quasi suspension des sacrements, sous prétexte que ceux qui en avaient le plus de besoin n'étaient pas assez purs pour les recevoir ! Combien l'Eglise est mieux inspirée, et plus sagement pratique, en traçant sa route entre les partis extrêmes ! Bossuet, que les Nouvelles ecclésiastiques essaient en vain de ranger dans le camp janséniste, pxiisqu'il afiirmait que les cinq propositions «sont l'âme du hvre » de Jansénius, eut occasion, nous l'avons vu, de combattre les rigoristes de son temps, de répudier « ceux qui détruisent la piété, qui trouvent partout des crimes nouveaux, et accablent la faiblesse humaine en ajoutant au joug que Dieu nous impose. Qui ne voit, ajoute-t-il, que cette rigueur enfle la présomption, entretient un chagrin superbe et un esprit de fastueuse singularité, fait paraître la vertu trop pesante, l'Evangile excessif, le christianisme impossible ' ». La rehgion elle-mêniè~ ne peut exiger, obtenir du commim des hommes, qu'un certain degré de sacrifice. On fatigue, on désespère le chrétien, à force de ne lui montrer, selon la forte exjDression de Bossuet, que « la face hideuse de son Evangile ». Aussi se plaint-on dès le xvii^ siècle que l'influence des